Correspondances retrouvées: depuis le Maroc, autour de « Nomades et nomadisme au Sahara »

Nomades et nomadisme au Sahara,

livre collectif publié par l’UNESCO

[Ce recueil de correspondances fait partie d’une trilogie: les deux autres textes sont: http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2054 et http://alger-mexico-tunis.fr/?p=1985]

Au début des années 1960, dans les sciences humaines françaises, publier un livre collectif était exceptionnel. Les livres d’hommages n’avaient de commun que l’œuvre, voire seulement le nom de la personne célébrée. Les numéros de revue « à thème » étaient l’exception. Les publications de colloques étaient rares, freinés par le coût de l’impression et la lenteur de circulation des textes manuscrits (même pas toujours dactylographiés), puis des épreuves d’imprimerie. L’obtention de contrats de recherche commençait, mais les universitaires français découvraient seulement ce trésor nouveau. L’UNESCO avait sûrement plus d’interlocuteurs dans le monde anglophone et dans le monde des sciences exactes. Aussi bien mes collègues géographes débutants raisonnaient en terme de thèse de doctorat à mettre en œuvre : souvent dix ans pour une œuvre volumineuse. Nos maîtres confirmés, en petit nombre, continuaient une œuvre scientifique après leur thèse de doctorat en produisant individuellement des sommes et des synthèses, leur vision d’un travail collectif consistant à orienter leurs poulains vers des thèmes parfois voisins que chacun travaillait individuellement. L’Institut de recherches sahariennes de l’Université d’Alger était atypique dans ce panorama : il s’intéressait autant aux sciences de la nature qu’aux sciences humaines et il recherchait autant la production des praticiens (médecins, militaires, religieux) que celle des universitaires. Il était de ce fait un bon partenaire pour l’UNESCO, et son directeur Robert Capot-Rey avait de quoi convaincre les « entrepreneurs » qui géraient ces fonds internationaux. Il a signé un contrat pour produire au départ en deux ans un ouvrage collectif sur un monde immense et profondément disparate.

Je ne sais à quelle date ni comment (sans doute une lettre de l’été 1959), j’ai reçu de Robert Capot Rey la proposition de participer à ce contrat qu’il négociait avec l’UNESCO au nom de son Institut de recherches sahariennes : une mise au point collective sur le nomadisme au Sahara et au Sahel, dans le cadre du programme « Zones arides » qui comportait surtout des sciences naturelles : une occasion de faire collaborer géographes et sociologues ou anthropologues. Ce travail fort passionnant, ajouté à mon métier d’enseignant en lycée à Casablanca pour un public marocain, m’a donné, pendant deux années scolaires, jusqu’en juillet 1961, un bonheur exceptionnel. Un travail de recherche motivant, à court terme : je vais au printemps 1960 reprendre contact avec le Souf et découvrir, très superficiellement, El Golea. Je vais négocier avec des collègues les monographies qu’ils envoient peu à peu jusqu’au printemps 1961 et pour la même échéance rédiger l’essentiel des chapitres « généraux » de notre ouvrage collectif programmé à l’automne 1959.

couverture du livre de l’UNESCO

 Le livre produit est le volume XIX de la série Recherches sur les zones arides de l’UNESCO, dont les 16 premiers sont de la science naturelle (le n° 17= Histoire de l’utilisation des terres, le 18= actes du colloque de Paristenu en 1960 recensé p. 274 par de Planhol dans la Revue géographique de l’Est. Les  volumes  XX et XXI de la collection sont à nouveau de la science naturelle…) Notre volume XIX s’appelle Nomades et nomadisme au Saharaet ce livre de sciences humaines est presque caché au milieu des sciences naturelles.

Je retrouve dans mon exemplaire de ce livre de l’UNESCO la chronique écrite dans la Revue géographique de l’est, 1963-3 sur « Nomades et pasteurs III » par X. de Planhol et Michel Cabouret, p.269- 298. Le seul autre compte rendu de ce livre UNESCO que j’ai est celui de L. Cabot Briggs dans Science, september 27, 1963, vol 141 n° 3587, p. 1266-67. Capot-Rey, né en 1897, était en 1959 un homme surchargé d’obligations, mais aussi je crois conscient que la place de l’IRS au sein de l’Algérie française voyait ses jours menacés… à très court terme. Ce livre me tient à cœur, parce que j’ai été le secrétaire général de ce travail collectif, dont Capot Rey ne voulait pas se charger lui-même. Alors à qui pouvait-il confier le « secrétariat général » du projet? J’ai eu sans doute priorité pour deux raisons non contradictoires:

-je sortais du sérail des universitaires géographes : mon père Marcel avait été le collègue de Capot-Rey à la faculté des lettres d’Alger jusqu’en 1937, mon oncle Lionel, agrégé d’histoire et géo comme Capot Rey, avait été son homologue à la Fondation Thiers dans les années 1920.

-par rapport à d’autres collègues, plus provinciaux et pieds noirs, j’étais un tout petit peu frotté de sciences sociales « modernes » (j’avais lu du Jacques Berque et quelques autres), donc plus à même de m’entendre avec le milieu UNESCO (j’y ai eu à faire avec Eric de Dampierre, africaniste, et Alfred Métraux, américaniste, deux grands personnages de la socio-anthropologie qui m’ont beaucoup impressionné et pas mal appris).

Le choix des collaborateurs de ce livre collectif a été fait grâce au réseau de relations de Capot-Rey: sauf erreur le seul coopté par moi a été Benno Sarel Sternberg (« semi-nomades du Nefzaoua » [Tunisie]). Celui-ci, juif roumain (?) d’extrême gauche émigré en France, philosophe de formation et gagnant sa vie en sociologue comme expert d’une boite de « développement », la CERESA, vivait au Maroc (comme moi de l’automne 1958 à l’été 1961), et je l’ai connu par le groupuscule de la revue Socialisme ou Barbarie.

Je pense que le réseau Capot Rey n’incluait aucune personne disponible pour traiter du Sahara oriental au delà du Fezzan, et guère plus pour la bordure sahélienne: donc nous disposions à peine de quelque données de seconde main pour le Sahel (les publications ORSTOM, IFAN), avec mon ignorance évidente des sources anglophones éventuelles. Par contre le réseau « nord-saharien » de Capot-Rey était fourni : il comprenait ses deux élèves déjà « établis » comme assistants de géographie à la Faculté des Lettres d’Alger, Jean Bisson (« Nomadisation chez les Reguibat L’Gouacem » [confins algéro- mauritano- marocains]) et Pierre Rognon (« problèmes des Touaregs du Hoggar »), le commandant André Cauneille, officier retraité des compagnies saharienne (« Le semi-nomadisme dans l’ouest libyen, Fezzan, Tripolitaine »), deux « jeunes », étudiants avancés mais pas encore en postes universitaires : Madeleine Rovillois-Brigol (« la sédentarisation autour d’Ouargla ») et Christian Verlaque (« nomadisme et économie moderne »). Capot-Rey connaissait aussi le géographe Charles Toupet, de l’Institut Français d’Afrique Noire de Dakar (« l’évolution de la nomadisation en Mauritanie sahélienne »). J’ai fourni moi-même une monographie sur les Rebaia, semi-nomades du Souf (voir sur ce blog   http://alger-mexico-tunis.fr/?p=486). Enfin Capot-Rey lui-même a fourni la monographie « Le nomadisme des Toubous » (il rédigeait au même moment Borkou et Ounianga, étude de géographie régionale, mémoire n°5 de l’IRS, domaine sur lequel il travaillait depuis 1956).

Ces monographies reflétaient les connaissances très parcellaires de l’époque sur des populations infimes. Celles-ci étaient prises dans les mailles de cultures communes : l’exploitation par les nomades de ressources pastorales communes, les techniques de maîtrise d’une eau rare pour l’abreuvage des troupeaux et pour des agricultures fragiles, l’islam, les usages de langues arabes, une pellicule de modernité fournie par les systèmes de la colonisation française. Mais elles étaient aussi séparées par l’immensité des vides,  par les usages dialectaux de trois langues au moins (« berbères », arabes, toubous), par l’infini morcellement des appartenances tribales, par le début de création d’Etats riverains du désert pour qui le Sahara était plus un problème qu’une ressource.

Les chapitres généraux qui encadraient ces monographies disparates n’étaient qu’un filet que j’ai écrit à la hâte, dans les délais d’un contrat de moins de trois ans. J’étais amené à rédiger à partir de lectures limitées ce qui concernait les sociétés traditionnelles sahariennes (« la tribu », « valeurs et attitudes du monde nomade », « relations extérieures des nomades »), puis une description d’évolutions récentes vers le « Monde moderne » (« la croissance démographique », « résistance ou décadence du nomadisme », « commerce et administration moderne », « modernisation du nomadisme pastoral »). J’ai certes envoyé aux autres participants de ce contrat de recherche les brouillons de ces chapitres, mais la plupart de mes collègues avaient d’autres préoccupations (Capot-Rey en particulier), ou des connaissances encore plus parcellaires que les miennes. Mon principal interlocuteur fut André Cauneille, par courrier, ou lors d’une visite dans son village de retraite (Caudiès de Fenouillèdes, Pyrénées orientales).

La présentation du bouquin en deux volets (tradition et modernité), je ne sais si je l’ai discuté avec Capot Rey ou si elle s’est imposée par la nature des monographies, les unes (soit à cause des auteurs soit à cause de l’état des populations elles-mêmes) relevant de la tradition à peine modifiée, les autres d’une « acculturation » plus poussée, pour employer un mot, moderniste à l’époque, qui déclenchait quelque ironie de la part de Capot Rey. Cette dichotomie  recouvrait aussi deux versants de la géographie humaine française de l’époque, entre « genres de vie » (traditionnels) et développement économique (les « forces productives » des marxisants de l’époque autour de Pierre George).

Dans ce livre, les problèmes politiques ont à peine été effleurés. Le cadre de la publication (l’UNESCO) exigeait bien sûr un devoir de neutralité. Mais en plus, se départir de celle-ci, en pleine guerre d’Algérie, pour débattre de ce que les souverainetés « nationales » pouvaient bien représenter pour les nomade sahariens était impensable. L’OCRS (Organisation Commune des Régions Sahariennes) que la France venait de lancer, je pense que chacun en 1959-61 savait que c’était un outil qui dépendait du sort d’une guerre d’Algérie que nous tous savions déjà perdue par la France, la majorité des collaborateurs du livre, à des degrés divers, considérant la prise du pouvoir par le FLN (en Algérie et donc au Sahara algérien) comme une catastrophe imminente, la minorité (Benno et moi? sans doute les seuls… depuis notre Maroc) y voyant une décolonisation positive, même si nous ne pratiquions pas un angélisme total sur le sort des Sahariens devant les nationalismes qui se mettaient en place. Mais en plus dans la tradition universitaire française, parler de politique ouvertement était indécent. Lacoste n’avait pas encore découvert la géopolitique…

 Je n’ai pas conservé de dossier sur cette publication : j’aurais aimé relire mes échanges de lettres avec Capot-Rey comme avec tous les participants, ou avec mes deux interlocuteurs successifs à l’UNESCO, Eric de Dampierre, africaniste, et Alfred Métraux, américaniste. Par contre j’ai retrouvé mes lettres adressées à mon père, Marcel, et surtout à mon frère Pierre, interlocuteur privilégié. Malheureusement pas ses réponses à mes courriers.

24 octobre 1959, à Marcel. Je vais passer de vendredi à mardi prochain à Alger pour le Sahara ; j’espère éclairer les rapports avec l’Institut de recherche saharienne, un peu compliqués quand seules les lettres servent à la communication. J’ai commencé un peu à travailler, prospectant les bibliothèques de Rabat et ramenant des volumes qu’il faut ensuite trouver le temps de lire.

26 octobre 1959, à Pierre . Comment va l’installation et la prise de contact à El Goléa ? Ce doit être bien différent du Souf à tous points de vue. Tu me parlais d’un travail que fait Clauzel sur les gens de Kidal, pays touareg : peut-être puis-je essayer de le joindre, d’autant plus que l’IFAN à Dakar semble n’avoir  personne connaissant les Touaregs du sud.

24 novembre 1959, à Marcel. Voici presque trois semaines depuis mon retour d’Alger. Le temps a été aspiré entre cours à rattraper et remplacements de collègues. Plus quelques textes d’enquête ou autre à mettre au point et à taper pour l’Unesco : j’ai eu une belle machine à écrire Olivetti.[…] Pour Alger le séjour a été bref, cinq jours au total. J’ai surtout vu des géographes, Capot-Rey en-tête, pour prévoir le travail d’équipe d’un côté et le projet de l’ouvrage à réaliser de l’autre. On est arrivé à s’entendre, et les réticences que je croyais trouver dans les lettres n’étaient pas importantes.

29 décembre 1959, à Pierre. Ma lettre est fortement intéressée, à tous points de vue. En effet il s’agit pour moi d’organiser à Pâques une virée si possible fructueuse, en ce qui concerne les nomades, bien sûr. Je voudrais faire le circuit Casa- Alger- El Goléa- El Oued- El-Golea- Alger- Casa. Sais-tu s’il y a un moyen d’aller d’El Goléa à El Oued et retour (soit avion, soit car). Si non quel est le système rapide (sans doute je le crains repasser par Alger). D’autre part, hors des visas d’entrée en Algérie, sais-tu si une autorisation spéciale est nécessaire pour le Sud ? […] Pour le travail en question, depuis le passage à Alger et le contact avec les gens de l’IRS, j’ai pas mal bouquiné- et finalement la masse des choses intéressantes n’est pas très grande et je vais bientôt avoir pu dépouiller les ouvrages essentiels. Ce sont les organisations d’enquêtes sur le terrain qui se révèlent moins faciles : le sud-ouest marocain est plein de points d’interrogations politiques. Au contraire vers le Tafilalet j’ai eu des renseignements à Rabat sur une tribu (Aït Kherbach) qui s’est en grande partie transformée en artisans-mineurs extrayant du plomb. Je t’envoie les textes rédigés après la réunion à Alger, qui indique les ambitions et projets. Il reste à trouver un homme s’occupant de la Mauritanie, pas encore sûr, et un s’occupant du Sahel soudanais- touareg, absolument pas trouvé : peut-être peux-tu m’indiquer l’adresse de Clauzel qui connaît sans doute des gens, et directement s’il est intéressé aussi. J’ai lu à peu près toutes les monographies de Cauneille et de Dubief : il est évident que la liste d’années est une source parfaite, montrant à la fois la réalité et ce qui importe aux gens dans cette réalité. As-tu des listes de ce genre pour les gens du Souf, Rebaia sans doute ? Ou dans les archives d’El Goléa pour les Chaamba ? Sur ceux-ci je viens de finir le livre de Y. Régnier, plus que décevant au moins pour la taille de l’ouvrage. Mais Cauneille est en train de faire une monographie des Chaamba m’a-t-il dit. D’autres renseignements que tu dois connaître et dont dépend la possibilité de travailler à El Oued : y-a-t-il depuis la couverture [aérienne] de la Compagnie aérienne de photographie d’autres photos aériennes du Souf ? Et le travail de cadastre fait à partir des photos peut-il être consulté ? Je pense que je peux écrire à Monsieur Luce Catineau pour lui demander son aide pour Pâques. Je pense d’autre part que le travail dans les chantiers pétroliers doit concerner les nomades du Souf- il serait intéressant de savoir comment cela se passe. D’autre part l’émigration vers les phosphates de Gafsa a dû cesser en contre-partie. Enfin une question m’intéresse particulièrement : obtenir par des instituteurs des renseignements sur ce que donnent à l’école les fils de nomades (ou de récents nomades souvent plutôt) en comparaison avec les enfants de familles fixées. Si je pouvais mettre au point un questionnaire et l’expédier à des instituteurs d’écoles nomades aussi (s’il en existe effectivement soit en pays touareg soit en pays maure ?) cela permettrait sans doute des comparaisons intéressantes (le Bulletin de liaisons sahariennes avait donné quelques idées, un peu décevantes). Si tu connais au Souf un type à qui je puisse demander cela, peux-tu me le signaler ? […]

7 février 1960, à Pierre. J’ai envoyé des questionnaires à M Benard et à M Blondel. Je vais envoyer un mot à Clauzel. Pour les Chaamba, outre Régnier que j’ai lu sans profit ou presque : Cauneille a fait une conférence dont le texte est dans l’IRS. De plus il prépare pour « la fin de l’hiver « un travail plus gros sur ces Chaamba et  nous en fera profiter. Je joins un questionnaire destiné à un éventuel instituteur d’El Goléa que tu connaitrais et que ça pourrait intéresser.

21 février 1960, à Pierre. […] Mon camarade Bisson, d’Alger, me dit avoir connu à Ziara l’an dernier le Lt Chouard, qui s’intéresse aux Chaamba et est ton adjoint à El Goléa maintenant. Est-ce exact ? Merci aussi pour l’adresse de Clauzel, à qui je vais écrire (j’ai eu pour la région de Tombouctou une grosse étude et j’espère recouper avec ce que connaît Clauzel). Enfin Cauneille m’a dit que Leselle de son côté s’intéressait aux Rebaia.

6 mai 1960, à Pierre. Voici les élucubrations résultant du passage à El Goléa. Grâce au recensement, je pense que cela sera utile à Cauneille à qui je l’envoie aussi. La fin correspond à des choses que je voudrais développer en commun sur les tribus « arabes ».. Je vais me mettre à rédiger ce que j’ai sur le Souf, sans doute d’un côté Rebaia, de l’autres questions économiques et commerciales d’ensemble.

27 juin 1960, à Pierre. Je t’envoie le texte rédigé sur les Rebaia. Tu verras à quel point j’ai utilisé Leselle- et sans doute indirectement ce que tu lui as donné ! Je ne sais si cela sera publié par l’UNESCO, sous cette forme, ou bien refondu avec d’autres choses sur Ouargla et le sud tunisien. En tout cas les questions de tribu, endogamie, démographie, etc serviront à comparer avec El Goléa … et ce que d’autres auront vu ailleurs. Le texte sur l’économie du Souf que j’avais envoyé à Dresch va être pris par les Annales de géographie prochainement et je vais le mettre au point pour cela. Peux-tu me donner tes critiques sur ces Rebaia.

17 novembre 1960, à Pierre. […] Par ailleurs la ponte du texte sur le Sahara. J’ai eu les textes des « collaborateurs », avec retard bien sûr. De mon côté, j’ai fait à peu près les 2/3 des généralités : 35 pages sur la vie nomade traditionnelle, assez « sociologique »- ci-joint pour avoir ton avis ; un texte sur semi-nomadisme et sédentarisation, introduisant les monographies sur ces questions. Restera une introduction générale sur puits, pluies, pâturages, etc . Et 30 à 60 pages sur les problèmes de l’industrialisation, de la rénovation des pâturages, etc.

2 janvier 1961, à Pierre. Ce que tu dis sur les liens entre sort de l’Algérie et sort du Sahara me semble évident : même si l’implantation FLN est faible au Sahara du nord, nulle au Hoggar, c’estl’Algérie (encore qu’on se demande ce que feront les Touaregs dans cette affaire). Le boulot saharien, qui devait être livré fin décembre, n’est pas tout à fait fini : il me reste des textes à rédiger, puis à mettre au point l’ensemble. Il y aura au total du bon travail de monographies- quant aux généralités je suis content que le morceau envoyé te paraisse bon (tu peux le garder bien sûr), mais il me manquera en tout état de cause une virée de six mois au Sahel.

13 mai 1961, à Pierre. Le manuscrit pour l’UNESCO envoyé en février, je n’ai pas eu d’autre travail que celui du lycée. Le manuscrit pour l’UNESCO navigue dans des bureaux et j’espère apprendre son envoi à l’éditeur d’ici peu, après quelques accrochages entre « géographes » et « sociologues » de l’UNESCO.

8 décembre 1961, à Pierre. J’ai passé novembre dans les bras de l’UNESCO, peiné sur la 2mouture du texte, maintenant à peu près terminé […] On a eu ici successivement Cauneille, toujours charmant et plein d’histoires, et Capot-Rey, en forme.

1eravril 1963, à Pierre … J’ai reçu de l’UNESCO les « Nomades et nomadisme au Sahara ». Cela fait un joli bouquin assez dense, peut-être même trop, en tout cas bien présenté. Cela fait toujours plaisir, après avoir attendu presque deux ans depuis la fabrication du texte première version [l’UNESCO avait demandé d’écourter certaines monographies, en supprimant en particulier des considérations de géographie physique, ce dont je m’étais chargé, sans plaisir pour certains auteurs]

8 janvier 1967, à Pierre. Je suis allé la veille du Jour de l’an vers Sisteron saluer Capot-Rey, actuellement  en bonne forme, à la retraite. J’étais heureux de revoir un des « patrons » les plus solides que j’aie rencontré [comme chercheur débutant au CNRS, j’ai un « parrain », qui est Capot-Rey…]

 

 

 

 

 

 

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