Socialisme ou barbarie, une revue dans la guerre d’Algérie

 

 

couverture du n° 1 de la revue, en 1949

Le groupe politique Socialisme ou Barbarie est connu par sa revue. C’est essentiellement Jean François Lyotard qui y a assuré la « chronique » de la guerre d’Algérie. Ses articles ont été republiés : La guerre des Algériens, écrits 1956- 1963, Galilée- Débats, 1989. « Douze articles […] d’une clairvoyance amoureuse » dit la 4e de couverture.

 

J F Lyotard vers 1990

L’introduction de Mohamed Ramdani [sans doute un étudiant de Lyotard] insiste sur « la censure et l’autocensure » à la fin des années 1980 concernant cette révolution nationale algérienne que la gauche et l’extrême gauche, en France, ont pris pour une révolution sociale. Ramdani pointe dans ces articles la nature bureaucratique du FLN (comme celle du Parti Communiste Algérien), qui refuse « la spontanéité des masses », ce que notait déjà Frantz Fanon dans Les damnés de la terre (1961). Pour lui, tant la gauche française que l’intelligentsia ralliée au FLN ne pouvaient analyser cela, alors que le groupe Socialisme ou Barbarie en était capable, par sa réflexion dès 1948 sur le système bureaucratique de l’URSS. Il retrouve la même analyse chez Mohamed Harbi (Le FLN, mirage et réalité, Ed J.A, 1980)

La préface de Lyotard remonte à ce que fut la critique du trotskisme dans le groupe Socialisme ou Barbarie, pour évoquer ensuite le caractère psychanalytique de la pratique de la critique au sein de ce groupe. Lyotard nous dit que seul le bouillon de culture de ce groupe, son internationalisme absolu, lui a permis d’écrire ces articles. Pour lui, en 1989, la perspective révolutionnaire n’a plus de sens, mais les pratiques de « probité intellectuelle, éthique et civique » qui lui sont liées demeurent. C’est d’être professeur de philosophie au lycée de Constantine de 1950 à 1952 qui lui a fait connaître « une lumière exacte […], une violence endémique […] ; Constantine m’embrassa soudain dans cette complication intense, et elle me tint à distance ».

Ce livre est resté confidentiel : aucun exemplaire en bibliothèque à Toulouse, et à Paris j’ai trouvé… celui de … la Bibliothèque nationale.

L’ensemble des numéros de la revue Socialisme ou Barbarie est en ligne, précédé des sommaires de la revue. On peut donc consulter non seulement tous les articles de François Lyotard, mais aussi toutes les notes plus courtes d’autres auteurs de la revue concernant la guerre d’Algérie et, plus largement, les affaires maghrébines vues depuis l’extrême gauche française.

http://archivesautonomies.org/IMG/pdf/soub/SouB-n33.pdf

Nous avons déjà mis en ligne sur le présent blog plusieurs textes de la même époque, qui témoignent des débats sur la nature de cette Algérie nouvelle en train de naître dans la guerre et l’immédiat après-guerre. Les contenus de la société algérienne, les espoirs des pieds-rouges, la nature du nouveau pouvoir, les enjeux de la coopération, tout cela est nouveau pour ces intellectuels militants français.

Cercle Saint-Juste, débat fin 1962: quelle Algérie nouvelle? Une table ronde au sein d’un club avec la participation de Pierre Bourdieu, Alain Jacob, Claude Lefort, Albert-Paul Lentin, Pierre Nora et d’autres (posté le 21/ 6/ 2012) http://alger-mexico-tunis.fr/?p=61

Fin de « révolution » d’Algérie: désenchantements et questionnements, 1963: un texte de Claude Lefort, tiré de “La politique et la pensée de la politique”, Les lettres Nouvelles, N° 32, 1963 (posté le 21/6/2012)

Algérie en guerre 1960, Claude Lefort: « APRÈS L’ÉMEUTE DE JANVIER 1960, Le sens d’une crise », Informations et liaisons ouvrières n° 1[Bulletin (éphémère)  d’une fraction issue d’une scission du groupe Socialisme ou Barbarie; le texte provident des pages 179-195 de Claude Lefort, Le temps présent, Ecrits 1945- 2005, Belin 2007, ouvrage reproduisant essentiellement des articles écrits à chaud, appartenant souvent au journalisme politique] (posté le 21/ 6/ 2012) http://alger-mexico-tunis.fr/?p=46

 

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