Ordinaire Mexique Amérique centrale, Toulouse (1988- 1994)

 

  • Le changement de titre nous a fait passer du statut de bulletin léger à celui de revue sérieuse : il s’agissait de trouver une formule dont on espérait qu’elle attirerait plus d’abonnés : n’avoir presque que des échanges ou des hommages (gratuits) adressés à des personnalités ne permettait pas de couvrir les frais de tirage et de courrier. Réduire le nombre annuel de livraisons, plus grosse chacune, réduisait aussi les coûts, mais aussi évitait la préoccupation permanente des délais à tenir. La formule des dossiers confiés à un responsable allait dans le même sens… d’autant qu’un responsable de dossier le plus souvent dépasse le nombre de pages négocié. Pour ma part j’ai avec plaisir «organisé » plus ou moins rigoureusement une rubrique bibliographique. Si déjà l’ « Ordinaire du mexicaniste » avait commencé à étendre son domaine (vers l’Amérique centrale), la nouvelle formule à son tour a commencé à empiéter vers le reste de l’Amérique latine.

Présentation Ordinaire Mexique Amérique centrale, troisième époque, Toulouse

Le bulletin se transforme en revue sous un nom nouveau, Ordinaire Mexique Amérique centrale, gérée du N° 118 (1988) au N° 151 (1994), par Claude Bataillon, comme directeur de la publication, et Perla Cohen, comme rédactrice en chef. Le changement de titre vient officialiser et stabiliser le domaine géographique couvert par la revue. Celle-ci symbolise la nouvelle formule par une couverture nouvelle : couleur verte, première de couverture pourvue d’une vignette fixe. La colombe et l’épi de maïs symbolisent à la fois pour le Mexique les racines culturelles du pays et pour l’Amérique Centrale les désirs de paix. Dès le N° 115 le sommaire est en quatrième de couverture.

colombe de paix, maïs mexicain

colombe de paix, maïs mexicain

Le contenu de la revue s’organise de façon de plus en plus stricte. D’une part des dossiers thématiques, un ou deux par numéro, sous la signature d’un coordinateur, occupent la majorité des pages. Ces dossiers concernent soit des pays (Chili, Paraguay, Venezuela, Ecuador) soit des thèmes généraux sur l’ensemble de l’Amérique Latine (les universités). Cet élargissement est annoncé au N° 140 et vise les changements qui interviendront en 1994. D’autre part les rubriques régulières concernent la bibliographie (depuis 1991, Columna bibliográfica), la carte et la statistique (depuis 1993, Recuento, à la charge de Thierry Linck)) et la même année les textes littéraires (Rincón del curioso lector, à la charge de Claire Pailler).

Enfin c’est au dernier numéro de cette troisième époque (151) qu’apparaît formellement en troisième de couverture la liste des membres du comité de rédaction qui s’est peu a peu constitué, en particulier des collègues qui prennent la responsabilité de l’organisation de dossiers. Tous sauf Louis Panabière sont en poste à Toulouse. Tous appartiennent au couple institutionnel GRAL [Groupe de recherche Amérique Latine du CNRS] / IPEALT [Institut Pluridisciplinaire d’Etudes sur l’Amérique Latine à Toulouse, appartenant à l’Université du Mirail]. Ce sont Claude Bataillon, Georges Baudot, Perla Cohen, Frédérique Langue, Diana Mosovich, Claire Pailler, Louis Panabière, Roberto Santana, Pierre Vayssière.

Les textes ci-dessous ont été récupérés par scanner : nous vous prions d’excuser les erreurs qui ont pu survenir lors de cette reproduction.

III –Ordinaire Mexique Amerique centrale , third period, Toulouse

The bulletin changes into a review under a new title, Ordinaire Mexique Amerique centrale, managed from Nr 118 (1988) to Nr 151 (1994), by Claude Bataillon as director of the publication and Perla Cohen as Chief editor. The change of title represents and confirms the geographical domain covered by the review. A new cover, green with a fixed vignette, symbolizes  the new  formula. The dove and the corn ear symbolize for the Mexicans the cultural roots of the country, and for Central America the wish for peace. From number 151, the summary  appears on the fourth cover page.

The content of the review is more and more strictly organized. On the one hand, one or two thematic files are prepared under the signature of a coordinator; they usually take almost all the editorial space. These files concern either specific countries (Chile, Paraguay, Venezuela, Ecuador) or general themes interesting the whole Latin-America (the universities). This development is announced in Number 140 and concerns changes to happen in 1994. On the other hand, regular columns concern bibliography (since 1991 Columna Bibliographica) , maps and statistics (since 1993 Recuento in charge of Thierry Linck), and, the same year, literary materials (Rincon del curioso lector, in charge of Claire Pailler).

Finally, it is in the last  number of that period that the composition of the editorial committee constituted little by little in particular among the colleagues who participate in the supervision of files, appears on the third cover page. All of them except Louis Panabière are from Toulouse. They all belong to the institutional GRAL [Groupe de recherche Amérique Latine du CNRS] / IPEALT [Institut Pluridisciplinaire d’Etudes sur l’Amérique Latine à Toulouse]. They are: Claude Bataillon, Georges Baudot, Perla Cohen, Frédérique Langue, Diana Mosovich, Claire Pailler, Louis Panabière, Roberto Santana, Pierre Vayssière.

The texts reproduced above have been retrieved by scanning: would you please excuse any errors that may have occurred in the process.

Présentación : Ordinaire Mexique Amérique centrale, tercera época, Toulouse

El boletín se transforma en revista con un nombre nuevo, Ordinaire Mexique Amérique centrale, desde el N° 118 (1988) hasta el N° 151 (1994), bajo el cuidado de Claude Bataillon, como director de la publicación, y de Perla Cohen, como jefe de redacción. El nuevo nombre asienta permanentemente y oficialmente la nueva área geográfica que cubre la revista. El símbolo de este cambio lo da la nueva carátula. Sobre un color verde, una viñeta fija : la paloma para el deseo de paz en América Central y la mazorca de maís para las raices culturales mexicanas. A partir del N° 115 el índice aparece en cuarta de carátula.

El contenido de la revista se compone de manera cada vez mas estricta. Primero las carpetas temáticas, una o dos para cada entrega, vienen bajo la firma de un coordinador y ocupan la gran mayoria de las páginas. Estas carpetas se refieren sea a un país (Chili, Paraguay, Venezuela, Ecuador) sea a temas generales sobre toda América latina (por ejemplo las universidades). Este ensanchamiento se anuncia en el N° 140 y apunta unos cambios que van a ocurrir en 1994. Por otra parte las secciones fijas se refieren a la bibliografía (desde 1991, Columna bibliográfica), al conjunto mapas / estadistica (desde 1993, Recuento, al cuidado de Thierry Linck)) y el mismo año a los textos de literatura (Rincón del curioso lector, al cuidado de Claire Pailler).

Y por fin con el último numéro de esta tercera época (151) aparece formalmente en tercera página de carátula la lista de los miembros del comité de redacción qu se habia constituido poco a poco, especialmente con los colegas que se han encargado de componer las carpetas. Todos, con excepción de Louis Panabière tienen un puesto académico en Toulouse. Todos pertenecen a la pareja institucional GRAL [Groupe de recherche Amérique Latine du CNRS] / IPEALT [Institut Pluridisciplinaire d’Etudes sur l’Amérique Latine à Toulouse, que pertenece a la Universidad del Mirail]. Son ellos Claude Bataillon, Georges Baudot, Perla Cohen, Frédérique Langue, Diana Mosovich, Claire Pailler, Louis Panabière, Roberto Santana, Pierre Vayssière.

Los textos que presentamos a continuación han sido recuperados por scanner. Por lo tanto les rogamos dispensar los posibles errores debidos al modo de reproducción

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 118, NOVEMBRE-DECEMBRE 1988

MEXIQUE : LA DETTE ET L’AMERIQUE CENTRALE

EDITORIAL (Claude BATAILLON, Perla COHEN)

A PROPOS DE LA DETTE

Introduction et compilation Thierry LINCK

La economia del tunel, Rolando CORDERA CAMPOS

Les limites du régime d’accumulation mexicain, Thierry LINCK

La deuda externa, Carlos TELLO

LA POLITIQUE MEXICAINE ET L’AMERIQUE CENTRALE

Introduction et compilation Perla COHEN

* La obligacion del exterior, Ricardo VALERO

*,Los desafios de la politica exterior de Mexico, Victor FLORES OLEA

* Qué hacemos en CENTROAMERICA ? Jorge G. CASTANEDA

* La poli’tica de Mexico en la région de CENTROAMERICA, René HERRERA y Mario OJEDA

* Relaciones Centroamérica-México

§ Guatemala, Gilberto CASTANEDA SANDOVAL

§ El Salvador Sara GORDON RAPOPORT

§ Honduras Juan ARANCIBIA CORDOVA

Livres et revues

EDITORIAL 118

L’ORDINAIRE garde son prénom, même si le nom porte désormais l’empreinte de sa  double inscription géographique : le Mexique et l’Amérique Centrale.

A chaque étape de sa vie, l’ORDINAIRE s’est doté, presque de lui-même, d’une  caractéristique propre ; aujourd’hui un logo remplace les vignettes qui signifiaient jusqu’ici  l’humeur du numéro. La couleur aussi a changé plus d’une fois, passant du vert pâle de  Perpignan à l’orange soutenu toulousain pour adopter enfin le vert et blanc qui  l’accompagneront, nous l’espérons, longtemps encore.

L’ORDINAIRE a cheminé pendant dix ans à Perpignan, puis pendant quatre ans à  Toulouse où nous avons mené deux politiques parallèles : maintenir la variété du contenu en  le systématisant, améliorer la qualité graphique de la revue.

En ce qui concerne les moyens techniques mis en oeuvre, deux étapes récentes sont  visibles : l’adaptation d’une maquette fixe, d’abord, dont l’esquisse apparaît dans le n°106 et  la définitive au n°107. C’est grâce à ce qui allait devenir l’entreprise « Nuances du Sud » que  nous disposons de ce savoir-faire.

Puis avec le numéro 110 nous changeons de « composition » en substituant au Traitement de  Texte d’Olivetti la technique Macintosh plus riche et plus souple. Il nous restait à donner une  couverture rénovée à notre publication. Nous la devons, ainsi que le logo, à Claude  CONTE, elle est entre vos mains et nous souhaitons qu’elle vous agrée avec ce n° 118.

Parlons un peu du contenu. Nous restons, c’est fondamental pour nous, gens de dossiers,  de documents, d’information rapide, de caricatures.

Notre tout dernier numéro en est la preuve : le n°117 a en effet voulu couvrir un  anniversaire (TLATELOLCO 1968) et un événement : des élections présidentielles pas  comme les autres, en juillet 1988. Dans ces occasions le dossier de presse s’impose et nous y tenons. Parallèlement, nous  donnons leur place au prépublié.

Sachez par ailleurs que l’ORDINAIRE serait heureux de recevoir vos collaborations sous  forme d’articles rédigés en français, en espagnol, en anglais. Nul n’ignore la masse de  textes, de qualité parfois, qui dorment des années ou pour toujours faute de moyen de les  diffuser. Mais nous re-publions aussi des textes anciens, oubliés ou introuvables et des  textes récents publiés antérieurement dans des revues destinées à un autre public.

Enfin la documentation sur les livres ou les collections, les éditeurs, les institutions de  recherche et leurs projets, les entreprises culturelles, les documents audiovisuels, les  journaux… et la caricature , un des moyens d’expression privilégié de la culture et de la  politique, conserve une place importante au sein de notre revue.

Pour chaque numéro, nous avons des choix éditoriaux à faire, nous avons privilégié  certains thèmes, sacrifié d’autres, mais nous avons toujours eu comme souci premier de rester ouverts, de présenter points de vue et opinions différents en essayant de cerner au plus près les événements dans leur complexité et leur pluralité

La place prépondérante qu’ont occupée ces dix dernières années les problèmes de la dette  et de la crise centraméricaine dans un continent en quête de démocratie a sans nul doute  généré et accéléré la conscience de la nécessité de rechercher des voies propres.  Le Mexique en a été, par sa politique centraméricaine le promoteur et la cheville ouvrière.  Même si aujourd’hui ce pays semble être en retrait par rapport à ce rôle de premier rang, force est de constater que cette politique a provoqué un développement notoire de l’activité  universitaire et éditoriale depuis le début des années 1980 sur ces thèmes.

Ainsi l’ORDINAIRE change de nom et d’habit mais ne change pas fondamentalement  d’orientation.

Il demeure un instrument d’information, une plate forme de dialogue et d’échange sur le  Mexique et l’Amérique Centrale. Nous savons, grâce à différents outils bibliographiques  qu’avec le Brésil, le Mexique est le pays latino-américain où la « densité » des relations  scientifiques avec la France est la plus forte ; c’est aussi un formidable producteur  d’information et de culture sur lui-même. Pour les pays d’Amérique Centrale c’est un monde  divers, à la fois mal connu en Europe et objet d’une demande d’information à la mesure de la  fréquence de l’événement, tragique le plus souvent, à la mesure aussi des enjeux  idéologiques qui s’y sont greffés. A nous de montrer qu’au-delà du flash d’actualité, le fond  est plus chargé et plus complexe qu’il n’y paraît.

Nous consacrons donc ce premier numéro de la nouvelle série 1988-1989 à la dette et à la  relation Mexique-Amérique Centrale, en vous proposant deux dossiers que nous avons  voulu comme à l’accoutumée ouverts sinon contradictoires ; ainsi qu’une rubrique  documentaire où nous présentons revues et ouvrages parus récemment..

Claude BATAILLON  Perla COHEN

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 119, Janvier- Février 1989

MEXIQUE : ETAT ET SYNDICALISME

EDITORIAL Claude BATAILLON

NOUVEAU GOUVERNEMENT Mise en place et premières passes d’armes :Echos de la Presse

ETAT ET SYNDICALISME : EN MARGE DE L’AFFAIRE LA QUINA

Introduction et compilation Perla COHEN

Compte-rendu de thèse, Ilan BIZBERG « Etat et syndicalisme » (Michel WIERVIORKA)

Chronique d’un « MARDI NOIR » ,Perla COHEN

Los obreros y el poder, Enrique KRAUZE

RESENAS

Hector AGUILAR CAMIN, Morir en el Goifo (Marie France PREVOT SCHAPIRA)

Javier AGUILAR, Petroleros, (coordinador), Angelina ALONSO

LE DISCOURS THEATRAL DE RODOLFO USIGLI – DU SIGNE AU DISCOURS (Daniel MEYRAN)

SANTE ET REVOLUTION : LE CAS DU MEXIQUE . 1910-1920 (Annie QUARTARARO)

LIVRES ET DOCUMENTS

RESENA : Trece anos de América Indigena (Patricia ARIAS / Jorge DURAND)

PRESENTATION D’OUVRAGES

EDITORIAL N° 119, UNE SUCCESSION PRESIDENTIELLE PAS COMME LES AUTRES

Claude BATAILLON

Le bilan du sexennat de Miguel de la Madrid reste à faire: disons simplement qu’il est parti sans qu’aucune grande affaire de corruption ne s’attache à son nom. Du point de vue politique, sans doute est-ce au cours de son mandat que pour la première fois la question de la démocratie a été posée ailleurs qu’au sein même de l’appareil politique au pouvoir: dans ce milieu-ci, la question est posée depuis les années 1960, mais dans la « société civile » elle ne se déploie qu’à partir de l’automne de 1985 et nous en avons rendu compte ici même (Ordinaire n°104, Chihuahua). A partir de ces prémisses, l’élection présidentielle de Juillet 1988 a profondément renouvelé le paysage politique (Ordinaire n° 117): c’est à partir d’une position difficile que le nouveau président, Salinas de Gortari, a joué depuis Décembre 1988.

Mais revenons sur le sexennat écoulé, du point de vue socio-économique maintenant: la crise pétrolière, puis financière, de 1982 a remis en cause au Mexique comme dans toute l’Amérique Latine un modèle vieux ici de quarante ans. Ceux qui voici six ans prévoyaient l’effondrement peuvent constater que le Mexique a avalé, si non digéré, un changement fondamental et durable: le niveau de vie de la base de la société, fort mal intégrée à l’économie « moderne », n’a guère souffert. Celui du haut de la pyramide n’a jamais été aussi florissant; reste à comprendre comment les couches moyennes ont à la fois souffert et résisté. En tout cas, des options fondamentales nouvelles ont été prises, qui ne peuvent qu’aller dans le sens d’une symbiose de plus en plus étroite avec l’économie des Etats Unis: peu importe ici la part de ce qui a été choisi et celle de ce qui a été seulement accepté. Les faits principaux en quatre ans sont une conversion industrielle majeure, dont l’élément le plus visible est  l’énorme  croissance  des maquiladoras à la frontière, mais qui concerne aussi des productions destinées à la fois aux deux marchés (Mexique et Etats Unis). Mais par ailleurs depuis le début de 1988 l’inflation intérieure a été très fortement freinée, tandis que le taux de change du peso mexicain se stabilisait. La dévaluation habituelle lors d’un changement de sexennat, sur le modèle de 1976 ou de 1982, ne s’est pas produite.

Comment le nouveau président assume-t-il les deux changements majeurs, celui du retournement économique et celui de la question de la démocratie? On peut noter en premier lieu que l’équipe présidentielle est loin d’être aussi homogène que les précédentes. Le nouveau chef n’a pas pris avec lui que ses hommes, loin de là. Une série de postes-clé sont aux mains de politiciens avertis, peut être plus habitués aux méthodes énergiques traditionnelles du Parti qu’à la nouvelle mode d’ouverture démocratique: tel serait le cas à l’Intérieur comme à l’Education, voire à l’Agriculture. Mais le nouveau style politique apparaîtrait au contraire avec le nouveau responsable du District Fédéral, dont les classes moyennes ont été si fortement attirées par l’opposition en Juillet 1988. Qu’il ait fallu serrer les rangs au sein du Parti après la tempête de Juillet et embarquer beaucoup de monde sur le navire amiral ne fait pas de doute (…).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 120, Mars- Avril 1989

MEXIQUE : LA VILLE DE MEXICO     EL SALVADOR : ELECTIONS

LA VILLE DE MEXICO Editorial et Commentaires, Claude BATAILLON

LA LEY DE HERODES (Jorge IBARGUENGOITIA)

ITINERARIO DE PALABRAS (Maria Luisa PUGA, MonicaMANSOUR)

LAS REINAS DE POLANCO (Guadalupe LOAEZA)

ENTRE TERRE ET CIEL (Anne DENTAN)

NADA, NADIE (Elena PONIATOWSKA)

MEXICO : MEGALOPOLIS (Miguel MESSMACHER)

INFORME DE BIMSA

LA UNAM EN LOS CINCUENTA : MAPAS

MUERTOS Y TERREMOTO (Cécile GOUY)

EL SALVADOR : DES URNES AU SERVICE DES EXTREMES, Dossier proposé par Perla COHEN

EL SALVADOR : PAYS A ARMEE POLITISEE (Patrice PIERRE)

ENTRETIEN AVEC MIGUEL CASTELLANOS (Gilles BATAILLON)

PERFILES POLITICOS : ENTREVISTAS CON :

ALFREDO CRISTIANI, DE « ARENA »

GUILLERMO UNGO DEL FDR

J. VILLALOBOS DEL FMLN

CHAVEZ MENA DEL PDC

DES URNES AU SERVICE DES EXTREMES (Perla COHEN)

EDITORIAL 120

L’Ordinaire a finalement beaucoup parlé de la ville de Mexico, dans ses livraisons antérieures. Ceci ne rend pas inutile un nouveau dossier. D’abord parce qu’on n’épuise pas le plaisir de lire ou de relire ce qui dans la littérature regarde la Ville. Curieusement divers textes nous viennent en somme de province: presque toute l’oeuvre de Ibarguengoitia tourne autour du Bajío, et le recueil La ley de Herodes fait exception, allant du Jamboree de 1947 aux profondeurs séculaires du droit foncier à Coyoacàn (notre choix du jour). De même les nouvelles de Maria Luisa Puga et Mónica Mansour sont nées de tournées en province; celle-ci nous y mène presque, avec l’ancien directeur de PEMEX Días Serrano, organisateur de club et d’université dans sa prison de banlieue (le héros a été naturellement libéré à la fin du sexennat de M. de la Madrid).

Le témoignage social, du journalisme à la socio-psychologie, reste le matériel le plus abondant sur la Ville (Guadalupe Loaeza, Elena Poniatowska, Anne Dentan), et le tremblement de terre reste bien le moment de nouvelle fondation des liens sociaux au sein de la population.

Faut-il s’étonner de la faible quantité des documents que nous présentons concernant l’urbanisme et la démographie ou l’économie urbaines? C’est d’abord parce que cette production concerne des problèmes nationaux, au sein desquels les affaires urbaines jouent un rôle central, car la capitale groupe près du quart de la population nationale et pas loin de la moitié des activités économiques non rurales du pays. C’est ensuite parce qu’il s’agit en bonne part de textes non publiés, littérature grise qui n’est pas destinée à l’édition. Les ouvrages de Messmacher font exception, tout comme la nouvelle collection Desafio de la gran metrópoli, mise sur le marché en Décembre 1988 au tournant des sexennats.

Parallèlement le changement de conjoncture économique a cheminé pendant six ans au sein de « la crise »: l’institution d’une économie de marché qui réduit le rôle des pouvoirs publics et laisse les entreprises mexicaines exposées à la concurrence transparaît dans la venue de travaux de marketing, comme celui de BIMSA: la ville-pouvoir deviendrait-elle une ville-marché?

Tels sont les dossiers que nous présentons cette fois-ci. D’autres thèmes méritent cependant d’être suivis. Nous savons que chaque hiver la pollution atmosphérique fait la une des journaux, que celle-ci a fait l’objet de mesures d’urgence en Décembre 1988. Les problèmes de l’eau (celle qu’on apporte comme celle qu’on évacue), ceux des déchets solides aussi, sont tout aussi délicats à gérer pour les autorités urbaines.

Les mouvements sociaux urbains sont aussi un thème fondamental de la politique mexicaine actuelle: pour la première fois la capitale a voté massivement pour l’opposition lors des élections générales de l’été 1988. Ceci relance la question du statut du District Fédéral, sous tutelle politique directe du gouvernement fédéral depuis 1929. Un Etat de l’Anahuac est improbable, mais des formes plus poussées d’autonomie locale n’auraient de sens que si elles s’accompagnaient de coordination avec les municipes de la connurbation dans l’Etat de Mexico, ou avec la totalité de celui-ci.

Claude BATAILLON

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 121, Mai- Juin 1989, PRESSE ET POUVOIR

Introduction et compilation (Perla COHEN)

LA PRENSA : PASADO Y PRESENTE DE MEXICO (Maria del Carmen RUIZ CASTANEDA, coord.)

LES DIX ANS DE LA PRESSE INDEPENDANTE (Philippe THUREAU DANGIN)

CENSURE, MEDIA ET VIE INTELLECTUELLE (Roderic  A. CAMP)

PRENSA PORFIRISTA. LA VIDA POR ENTREGAS (Rafaël PEREZ GAY)

LOS INTELECTUALES Y LA POLITICA EN MEXICO (Gabriel CAREAGA)

DE LOS LIBROS AL PODER (Gabriel ZAID)

POUVOIR ET PRODUCTION CULTURELLE (Adoifo CASTANON)

FEM 0 EL ROSTRO DESAPARECIDO DE ALAIDE FOPPA (int. de Elena PONIATOWSKA)

PRENSA, PODER Y SOCIEDAD (FORO DE NEXOS)

ESTABILIDAD Y CAMBIO (Daniel LEVY-Gabriel SZEKELY)

A PROPOS DE L’EXCELSIOR :

Los Présidentes (Julio GARCIA SCHERER)

Los Periodistas (Vicente LENERO)

MANUEL BUENDIA : MORT D’UN JOURNALISTE ET LIBERTE DE LA PRESSE

BIBLIOGRAPHIE, LIVRES ET REVUES

Editorial

PRESSE ET POUVOIRS AU Mexique (Perla COHEN)

Comment rendre compte dans un dossier d’un sujet aussi complexe et aussi controversé que celui de la presse au Mexique (nous nous référons ici exclusivement à la presse écrite) sans d’abord souligner son immense diversité et richesse, son rôle dans la circulation et le débat d’idées, sa tradition de combat, et son extrême fragilité lorsqu’elle s’attaque à des zones d’ombre du pouvoir politique.

Mais en même temps force est de constater que face à la multiplicité des quotidiens (une quarantaine dans la seule ville de Mexico) il n’y en ait pas un seul qui puisse par sa capacité de circulation à l’échelle nationale, par son image, voire par son con- tenu et influence être comparé aux quotidiens d’autres pays latino-américains, comme 0 Estado de Sao Paulo, La Nación de Buenos Aires ou el Tiempo de Bogota. Si le nombre de quotidiens est relativement élevé, le tirage en revanche est très limité. Trois millions d’exemplaires pour une population de plus de 70 millions d’habitants ; et moins de 900 000 exemplaires pour les huit plus grands quotidiens de la capitale. Rien de comparable avec les Millions d’individus auxquels s’adresse l’empire de Télévisa. A chaque société sa presse, et peu de pouvoirs politiques peuvent se féliciter de n’exercer aucune pression sur les moyens de communication. Tout est de savoir comment fonctionnent les relations entre le pouvoir politique et le pouvoir de la presse, comment et à quel niveau s’exercent censure et autocensure.

Par ailleurs, la relation entre universitaires, intellectuels et journalistes est telle qu’il est bien difficile d’établir une ligne de démarcation tant les grandes signatures traversent sans distinction ces champs où régnent les mots et d’où s’exerce leur pouvoir. Mais ce qui les caractérise aussi, c’est la fascination qu’exerce sur eux le pouvoir politique qu’ils ne dédaignent pas de ménager souvent, de flatter et de courtiser parfois avant de souhaiter le partager. Ce dossier donc, tel qu’il se présente est loin de faire le tour des problèmes de la presse. Il ne se veut ni inventaire de quotidiens et périodiques, ni même une plaidoirie pour tel ou tel quotidien ou revue. Il s’est plutôt limité, au risque de quelques redondances à vous présenter des textes où témoignages et analyses explorent la place et le rôle de la presse, les espaces de liberté qui lui sont concédés et les limites imposées, ses contradictions et sa capacité à dire ses propres manques face au pouvoir politique.

Dans l’ouvrage « La Prensa, pasado y présente de MEXICO » publié par l’UNAM en 1987, Maria del Ruiz CASTANEDA fait bien apparaître dans ses notes d’introduction, d’une part la relation entre pouvoir politique et liberté de la presse, de l’autre la transformation de la presse au fil du temps, passée du stade de l’information au stade critique et polémique, véritable fossoyeur de régimes, défenseur sinon porte parole des travailleurs parfois (1870).

Avec l’étude de Roderic A. Camp dont nous reproduisons ici des extraits, l’accent est mis sur l’extraordinaire croissance de la presse mexicaine, ainsi que sa triple concentration : géographique-Mexico ; financière – quelques grands propriétaires ; faible concurrence dans la province contrairement à Mexico.  Deux exemples ensuite tirés de l’article de Perez Gay sur la Presse Porfiriste et de l’ouvrage de Careaga sur les intellectuels et la politique viennent illustrer, le premier pour la fin du 19ème siècle, le second pour la seconde moitié du 20ème siècle, le foisonnement d’idées et de projets véhiculés par la presse, suppléments culturels et revues, et l’extrême imbrication du rôle de ces revues, de ces journalistes/intellectuels dans les mouvements politiques. Autour de l’Excelsiorazo (1976) et de l’assassinat de Manuel Buendia (1984) nous avons regroupé témoignages, analyses et textes critiques qui posent des questions de fond sur la relation Presse et Pouvoir au Mexique. Gabriel Szekely et Daniel Levy passent en revue les moyens de contrôler la presse dont dispose le gouvernement pour examiner ensuite le sort subi par les cas limites que sont Por que ? El ABC de Tijuana et l’Excelsior. C’est par le biais de ces exemples, de l’Excelsior plus particulièrement, que les auteurs essaient de délimiter cette frontière que la presse n’a pas la liberté de franchir, sous peine de danger de mort. Les passages de l’ouvrage de Julio Scherer que nous versons à ce dossier jettent une lumière particulière sur l’Excelsiorazo, et par delà sur le rôle que peut jouer la presse dans ce moment particulier de la vie politique mexicaine qu’est le Destape.

Quant à Vicente Lenero, nous n’avons cité de son ouvrage que les pages relatives au retour avorté de Scherer et de son équipe à l’Excelsior, parce qu’elles suggèrent une question fondamentale que sans doute bien des journalistes qui exercent en toute liberté se posent : toutes choses sont-elles bonnes à écrire n’importe quand et n’importe où ? Finalement quelle vision et quelle mission pour la presse ? Sur l’affaire Buendia aussi quelques textes, et d’abord de Buendia lui-même et du problème des assassinats impunis de journalistes que se posent les défenseurs de la liberté de la presse. Place a été faite aussi, dans une proportion moindre, et nous nous en excusons, à la presse féministe avec le témoignage d’Helena Poniatowska sur la parole des femmes et leur combat Sur la presse régionale, peu de choses ont été évoquées ici, référence est faite toutefois dans les extraits du débat sur « Presse, pouvoir et sociétés » que nous avons reproduits, au Porvenir de Monterrey né en 1919, et de son engagement actuel. Il est un jour du mois de juin où au Mexique est célébrée la Liberté de la Presse. Comme on célèbre la journée de la femme, de l’enfant, de cet « Autre » qui n’a pas encore acquis tout à fait droit de cité. Serait-ce pour indiquer qu’en dépit d’une liberté indéniable bien du chemin reste à parcourir?

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 122, Juillet- Août 1989

FRONTIERES ET MIGRATION

Introduction et compilation (Perla COHEN)

FRONTERA SUR : « Los Retos de Mexico », La reaparición de la Frontera Sur (Carlos SALINAS de GORTARI)

En torno a la seguridad nacional (Adoifo AGUILAR ZINSER)

Las migraciones en la Frontera Sur (Miguel MESSMACHER)

La linea móvil del Sur (Sergio AGUAYO)

Chiapas, tierra de trabajadores guatemaltecos (Gloria AMTMANN)

Legalizar los refugiados (Ivonne MELGAR NAVAS)

Notas sobre el atlas de migracion interna en Mexico (Claude BATAILLON)

FRONTERA  NORTE

Extraits de fronts et frontières (Michel FOUCHER)

La integración silenciosa (Jorge A BUSTAMANTE)

Economia y sociedad (Saul TREJO REYES)

Los hijos de Rodino (Jorge DURAND)

Migracion Mexico – Estados-Unidos : una bibliografia (Jorge DURAND)

 

LIVRES ET REVUES

Editorial N° 122

LES FRONTIERES DU Mexique : LA « CICATRICE » ET LA MATRICE

Perla COHEN

Par ses frontières maritimes, le Mexique s’ouvre à l’Ouest sur le Pacifique, àl’est sur la mer Caraïbe. Près de 4337 Km de frontières terrestres le séparent  (relient) au Nord, des Etats-Unis (3250 Km) au Sud du Guatemala et du Belize.  Fort heureusement, l’histoire d’un peuple ne se limite pas à subir comme  une fatalité sa géographie, pourtant nul ne peut sérieusement songer à minimiser la  portée du voisinage des Etats-Unis pour le Mexique. Si aujourd’hui cette relation s’exprime davantage d’une part, par le biais du  boom industriel de la région Nord et l’accélération de l’intégration à l’économie américaine, de l’autre par les problèmes que pose le phénomène migratoire au Mexique et aux Etats-Unis, elle est loin de s’y limiter.

Au niveau symbolique, la frontière Nord marque la région où le Mexique a  été amputé de plus de la moitié de son corps. Il ne manque pas en effet de plumes pour souligner, que par un juste retour de l’histoire, des hommes traversent ce que  Carlos Fuentes appelle la « cicatrice » pour se réinstaller sur ces terres dont leurs  pères avaient été dépossédés.  Par sa frontière Nord le Mexique est au contact quotidien de ces Etats-Unis  auxquels il ne cesse de vouer sa colère nationale, qui l’ont si profondément et si  durablement marqué au niveau même de ses principes fondateurs, comme  l’autodétermination, l’intégrité territoriale, la souveraineté nationale.  Qu’elle soit vécue comme un atout ou comme une blessure, la frontière reste  le lieu symbolique par rapport auquel se revendique une identité, assumée, frustrée  ou en mal d’être.

Toute autre est la représentation de la frontière Sud et de sa fonction. L’émergence de cette frontière dans la conscience et la réalité Mexicaine  depuis le début des années 80 jette une lumière particulière sur l’engagement  Mexicain dans le conflit centraméricain, sur l’importance du problème des réfugiés  dans la relation Mexique – Etats-Unis – Amérique Centrale et sur la problématique  globale des migrations pour le Mexique.

Connu davantage comme un pays d’émigartion, le Mexique est aussi par  tradition un pays d’accueil pour les réfugiés politiques de toute l’Amérique Latine  et de l’Amérique Centrale en particulier. Avec la montée des périls et la polarisation des conflits dans cette région, le Mexique est devenu un pays d’immigration et un  pays de transit pour les Centraméricains en route vers les Etats-Unis. Par sa frontière Sud considérée comme partie intégrante de l’Amérique Centrale, le Mexique est confronté à la double problématique de la contagion de la  violence et des pressions politiques. Symboliquement pourtant cette frontière « unit plus qu’elle ne sépare », elle  est le point de rencontre du Mexique avec la terre et les peuples d’Amérique  indo-ibérique, la mère-patrie, le point d’ancrage dans un destin commun, et le tremplin vers une destination sinon unitaire du moins fraternelle. Cela ne va bien  évidemment pas sans soulever de ces contradictions majeures que révèle la confrontation des Désirs-Discours à l’épreuve des réalités. La tentative de l’isolement par la fermeture de sa frontière à la vague de réfugiés et la tentation du  développement de cette région dans une perspective d’intégration des immigrés  font partie des solutions que le Mexique a envisagées face à cette situation.

Ce dossier donc tel qu’il se présente n’est qu’une première tentative  d’aborder le thème Frontières et migrations sous un angle global, ne fait une place importante à la frontière Sud et ses mouvements migratoires ce problème se pose en effet de façon relativement récente, et n’a pas encore donné lieu à beaucoup d’informations et d’études. Des articles que nous avons retenus pour ce dossier, se dégage très sensiblement le sentiment que le réveil de la frontière Sud surprend, inquiète, et se scrute avec un oeil rivé sur Washington. Les raisons de cette « interruption brutale d’un rêve » sont analysées par Erwin Rodriguez qui souligne les distorsions existantes entre l’immensité des ressources de cette région stratégique et l’état de sous-développement, pour ébaucher ensuite une première évaluation des résultats du premier plan national de  développement du Sud. Adolfo Aguilar Zinser pose la question de la frontière Sud en termes géopolitiques, et expose les raisons pour lesquelles des deux frontières du  Mexique, celle qui, à son sens, menace la sécurité nationale est bien celle du Nord.  Dans « la linea movil des Sur » Sergio Aguayo souligne que la frontière Sud  pose un double problème de politique intérieure et extérieure au Mexique, et analyse les attitudes et réactions des acteurs sociaux et politiques (l’armée, les  autorités locales, la bureaucratie) face au problème des réfugiés, intrinsèquement  lié au conflit centraméricain. Dans « Las migraciones en la frontera Sur » Miguel Messmacher met l’accent sur l’importance des migrations pour la démographie et invite le gouvernement à ne pas aborder le problème migratoire sous l’angle des mécanismes de surveillance mais sous l’aspect de la politique de développement économique et social pour  intégrer les immigrés centraméricains, jouer au Sud le rôle que jouent les  Etats-Unis au Nord ?

Les thèmes développés dans les études sur la frontière Nord que nous  reproduisons ici sont d’une toute autre nature. Ce sont les effets de l’intégration à l’économie américaine et ses rapports avec la desintégration économie frontalière-économie Mexicaine, que Jorge Bustamante analyse en démontant le  processus de « la economia de desecho », il s’attaque à la représentation du « Norteno  vende patria », à la notion de « Frontera a los fronterizos » ; et s’il plaide en faveur d’une vraie décentralisation, c’est pour mieux souligner que la frontière est une  affaire nationale de premier ordre. Enfin, avec Jorge Durand ce sont les effets de l’immigration sur le Mexique, et les effets de la légalisation sur les Mexicains aux Etats-Unis qui sont mis en  lumière dans le récit de la vie des « hijos de Rodino ».  Différents dans leur nature et leurs implications, les problèmes que posent les frontières au Mexique invitent donc à une reflexion globale, ne serait ce que parce que ce qui se passe à la frontière Sud du Mexique intéresse au premier chef le grand voisin du Nord. Mais après tout, le Mexique a d’autres frontières et  d’autres horizons. Nous tenons à remercier ici Anne-Lise Pietri pour son aide et sa  collaboration dans la préparation de ce dossier. Cette aide est d’autant plus  appréciable qu’Anne-Lise qui venait juste de soutenir sa thèse d’état sur l’artisanat  latino-américain, se préparait à quitter Toulouse pour l’Uruguay où elle séjournera  pendant deux ans. Merci pour toutes ces discussions qui ont permis de dégager les  orientations de ce dossier. (10 Juillet 1989)

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 123, Septembre- Octobre 1989

MEXIQUE – AMERIQUE CENTRALE : DIALOGUES ET ELECTIONS

: ELECTIONS : Paix et Démocratie : Epreuves de vérité (Perla COHEN)

MEXIQUE : Elections locales. Nouvelles donnes ?

AMERIQUE CENTRALE : Les Accords de Tela

Elections au NICARAGUA : Métamorphoses ?

SALVADOR : Lutte armée et dialogue politique

PANAMA : Rendez-vous en 1990 ? (Jacques ARNAULD)

HONDURAS : Quels enjeux ?

COSTA RICA : Le problème centraméricain

GUATEMALA : Les menaces

EL NACIONAL DE MEXICO, instrument du Cardénisme. 1936-1936 (Jacqueline COVO)

DOCUMENTATION (LIVRES ET REVUES)

Editorial N°123

PAIX ET DEMOCRATIE : EPREUVES DE VERITE

Perla COHEN

Bulletins de vote et dialogue seraient-ils en voie de reprendre le dessus sur les armes en  Amérique centrale ? A un moment où, insidieusement accoutumés par la presse au déferlement  quotidien des dix plaies d’Egypte sur la région (la dictature, la guerre, la misère, la corruption,  les réfugiés, les droits de l’homme, la dette, la drogue et autres catastrophes naturelles), nous  nous sommes agréablement laissés porter par quelques bonnes nouvelles parues ces derniers mois. Oh certes l’heure n’est pas encore à l’optimisme béat, les événements heureux restent fragiles et ne concernent pas tous les pays ; pour les autres, il reste à mettre à l’épreuve la  faisabilité des dires et accords conclus. Toutefois, cette prudence ne doit pas nous empêcher de faire le constat des tendances actuelles et de la volonté affichée quasi générale de chercher des solutions qui nécessairement impliquent de nouvelles règles du jeu politique.

A la une dans tous les pays, les élections (voir calendrier) et au cœur des débats, la  démocratie. A preuve les partielles qui viennent de se dérouler au Mexique le 2 juillet 1989.  Non seulement le PAN a triomphé en Basse Californie (état frontalier, si sensible politiquement) mais le PRI lui a reconnu sa victoire.

Le PRI, souligne la presse mexicaine, est pour une démocratie sélective. Il refuse au PRD  ce droit à la victoire dans le Michoacán qu’il légitime pour le PAN en Basse Californie, et  d’ajouter qu’il conviendrait peut-être de respecter le vote des citoyens pour une démocratie tout court (« sin adjetivos »). Mais d’autres arguments se font jour selon lesquels en marge des urnes,  devraient négocier ceux qui doivent gagner (PRI) ceux qui ont le droit de gagner (PAN) et ceux  qui auraient dû gagner (PRD). En somme un dialogue entre les partis sinon pour remplacer, du  moins pour corriger le résultat décidé et contesté des umes. Cet argument fera sans aucun doute  du chemin et ouvre des perspectives nouvelles pour l’instauration de la démocratie.

En Amérique centrale aussi, dialogue et élections sont à l’ordre du jour, sur fond de  guerre et négociations pour une paix ici et maintenant. Tels semblent être en effet le vœu  exprimé et la démarche engagée par les cinq d’Amérique centrale à Tela en Août 1989.

Au Nicaragua les adversaires d’hier se préparent au combat électoral du 25 février 1990 et  déjà un accord a été signé par les sandinistes et les représentants des 21 partis politiques afin de  garantir le bon déroulement d’une campagne électorale placée sous haute surveillance  internationale (voir document). Cela permettra-t-il d’éviter les tracasseries électorales et post  électorales liées à la fraude, et à la non recevabilité des résultats par les uns et les autres ?

En dépit de ces accords et garanties, demeurent en suspens tous les risques de dérapage  liés à un non respect des clauses de Tela concernant notamment la démobilisation de la Contra.

Quelles seront les attitudes des deux grandes forces en présence ? Onega s’est engagé à  quitter le pouvoir si tel est le verdict des urnes, mais cela semble être un des cas de figure  extrême. La question qui se pose plutôt est de savoir quelle part du pouvoir sera gagnée par  Violeta Chamorro, candidate de l’Uno et lui sera effectivement reconnue. Les négociations  préélectorales sont elles en fait les préliminaires des négociations qui auront à s’ouvrir après les  élections, pour des enjeux autrement plus importants pour le Nicaragua et l’Amérique centrale ?  Plusieurs scénarios peuvent être envisagés, mais la logique politique actuelle, telle qu’elle  apparaît, étant que désormais l’Etat ne peut et ne doit plus être le fait d’un seul prince, dans tous les cas de figure, c’est bien de la transformation du système politique nicaraguayen qu’il s’agit dans ces élections.

L’accélération des événements au Salvador s’inscrit d’ailleurs aussi dans cette logique  même si le schéma d’ensemble s’en distingue fortement.

L’attitude des cinq d’Amérique centrale à la conférence de Tela à l’égard d’Alfredo  Cristiani ne laisse pas de doute. Le principe de la symétrie Contra-FMLN tant défendu jusqu’ici  n’a pas été retenu et l’ouverture du dialogue gouvemement-FMLN vivement recommandée.

De fait ces derniers sont déjà parvenus à un accord le 15 septembre 1989 à Mexico pour  « mettre fin dans les plus brefs délais possibles à la guerre » et se sont engagés à se retrouver les  16 et 17 octobre 1989 au Costa-Rica afin « de discuter de la fin des hostilités ».Sans verser dans  un excès d’optimisme (les combats continuent), gageons qu’une guerre sans issue déterminante  ni pour un camp ni pour l’autre et dans un climat général favorable à la résolution des conflits  régionaux devra laisser place à la volonté politique de négocier. Si ce n’est pas la paix encore,  c’est du moins la phase de mise en place des outils de négociation, de construction d’éléments  tendant à restaurer la confiance mutuelle. Si l’armée n’est pas encore de la partie à proprement  parler, sa position restera déterminante pour la progression des négociations. Mais déterminante  aussi sera la suite des événements au Nicaragua, qui s’est vu octroyer depuis quelques années  le rôle peu enviable de numéro un dans les problèmes d’Amérique centrale, et qui pour l’heure  semble se préparer à jouer un autre rôle. Bien que pour des raisons différentes aucune des forces en présence au Salvador n’a intérêt à ce que ce pays devienne le point de mire central  dans les prochaines années.

Au Panama les élections annulées du 7 mai 1989 ont déclenché une véritable tempête de  contestations et une partie de bras de fer avec les Etats-Unis. Dans sa note synthétique :  « Panama, rendez-vous en 90 », Jacques ARNAULD nous propose des repères pour nous  orienter dans les dédales de cette affaire et nous invite à nous interroger sur les enjeux  multiples, et sur l’inscription nationale et internationale de cette crise.

Aux Honduras, Costa-Rica et Guatemala, des élections présidentielles auront lieu entre  novembre 1989 et septembre 1990. C’est dire qu’en une année tout le panorama politique de la  région risque de subir des transformations majeures.

Au regard de ce qui se passe dans les pays que nous venons d’évoquer, les enjeux de ces  élections sont bien sûr d’un autre niveau et pour le Honduras et pour le Costa-Rica.

Au Honduras sur les quatre partis en présence, deux tiennent le haut du pavé, le parti  libéral (PL) avec comme candidat Carlos Flores et le parti national (PN) avec Rafaël Callejas.  Peu d’informations sur leurs programmes politiques, et sur la place que tiendrait éventuellement  le conflit centraméricain dans cette campagne ont été diffusées dans la presse qui nous est  accessible. En revanche l’accent est mis sur la crise économique, la renégociation de la dette et  surtout les interminables querelles de procédure qui tiennent lieu parfois d’enjeux déclarés.

Au Costa-Rica, où la machine électorale est bien mieux rodée et où l’alternance est  théoriquement chose admise, les deux principaux partis. Libération Nationale (PLN) avec  Carlos Manuel Castillo et L’Union Sociale Chrétienne (PUSC) avec Raphaël Angel Calderón  ont, à des degrés divers été secoués par des affaires de financement de parti grâce à l’argent de  la drogue, alors que des membres éminents du PLN se voyaient frapper d’interdit d’activité  politique pour ces mêmes raisons.

L’Amérique centrale est présente dans la campagne électorale du Costa-Rica et constitue  même un enjeu important (vote relatif au Parlement centraméricain, impact de la Contra,  financement de partis, poids du conflit centraméricain sur la neutralité).

Dix-huit partis (18) présentent un candidat aux présidentielles dont deux coalitions de  gauche : Alianza Popular et Pueblo Unido.

Enfin, toute autre est la configuration et autrement plus complexe est la situation au  Guatemala où frappe la répression politique, où l’armée connaît des situations tumultueuses, où  la Démocratie Chrétienne s’est scindée en deux, et où une vague de violence provoquent une  crise de gouvernement aux conséquences imprévisibles.

Ne pouvant entrer ici dans le cœur du sujet pour chacune des situations particulières,  nous nous proposons de revenir sur les problèmes et enjeux de chacune de ces élections au  cours de l’année 1990, en essayant de mettre l’accent sur la problématique centraméricaine, et  son poids sur les situations nationales en période d’élection.

Par delà la question de savoir qui des partis en présence gagnera les élections dans tous  ces pays, la grande affaire demeure la mise en place et l’acceptation (ou non) de règles du jeu  tendant à ouvrir l’espace politique pour instaurer et rendre crédible cette démocratie dont tous se  réclament Dans plusieurs pays cette logique de paix se développe l’arme au poing.

La paix nationale et régionale sans laquelle la démocratie ne saurait sérieusement se –  concevoir, inaccessible hier encore, s’impose aujourd’hui comme une nécessité incontournable  à laquelle tous devront payer un tribut Au Nicaragua et au Salvador une étape importante vient  de s’ouvrir ; au Guatemala, les choses sont bien moins claires et la crise frappe à tous les  niveaux.

Cette année électorale sera une phase de test incontestable pour la démocratie et la paix,  mais aussi pour la consolidation des Etats centraméricains à un moment où s’élaborent des  stratégies d’intégration régionale (Octobre 1989).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 124, Novembre- Décembre 1989

AGRICULTURE ET APPROVISIONNEMENTS AU Mexique : CONTRE-CHOCS

Sélection – Composition : Thierry LINCK (GRAL-IPEAL)

UNE LONGUE GESTATION (Thierry LINCK)

L’AGRICULTURE ET LES APPROVISIONNEMENTS AU JOUR LE JOUR (Thierry LINCK)

DOCUMENTS

. Plan nacional du Desarrollo 1989-1994. Poder Ejecutivo Fédéral

. Es necesario subsidiar… El Financiero

. Crece la dependencia interna… El Financiero

MARGINACION REGIONAL, TIPOS DE SISTEMAS ECONOMICOS FAMILIARES Y DESNUTRICION RURAL (Pablo MUENCH, Hermilio NAVARRO, U.A. CHAPINGO)

GENTE DEL CAMPO (Luiz GONZALEZ y GONZALEZ)

CRISIS Y NUTRICION : LOS MARGINALES DE LA CIUDAD DE MEXICO. (Ursula OSWALD)

REPERCUSIONES NUTRICIONALES EN SITUACIONES DE CRISIS Y DE POLITICAS DE AJUSTE ECONOMICO. (Jacques ARNAULD)

LOS EMPRESARIOS DE LA CENTRAL DE ABASTOS : EL CASO DE LA FAMILIA NERI. (Arturo LEON).

NOTES DE LECTURE

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 125, Janvier- Février 1990

AMERIQUE CENTRALE, LAS BALAS Y LAS URNAS

EDITORIAL (Perla COHEN)

SALVADOR : L’OFFENSIVE DU 11-11.1989

RETOUR DE LA GUERILLA ET DES ESCADRONS DE LA MORT – (Gilles BATAILLON)

DE BERLIN AU SALVADOR (Yvon LE BOT)

LA REVOLUTION INTROUVABLE (Philippe BURIN DES ROZIERS)

EL SALVADOR, PANAMA : LE MARTYR ET LE DIPLOMATE – (Daniel VAN EEUWEN)

FASCISMO CRIOLLO (Javier GOROSTIAGA)

ADIEU A HECTOR OQUELI (Marie DUFLO

EL ARGUMENTO DE LOS ESCUADRONES DE LA MUERTE – Document du CINAS

DIALOGO Y OFENSIVA (Perla COHEN)

DOCUMENTOS : DECLARACION DE SAN ISIDRO DE CORONADO – 10/13-12-89 y reacciones

PANAMA

A PROPOS DU PANAMA (Jacque ARNAULD)

CUBA

TU FILES UN MAUVAIS COTON, FIDEL (Yvon LE BOT)

HONDURAS : ELECTIONS 26-11.89

ALTERNANCIA Y CONTINUIDAD EN HONDURAS (Roberto SANTANA)

LE DOUBLE VISAGE DU BIPARTISME (Roberto SANTANA)

COSTA RICA

ELECTIONS 04-02-90

Presse

NICARAGUA

ELECTIONS 25-02-90

Presse

LES CHAMORRO DANS L’HISTOIRE DU NICARAGUA (Pierre VAYSSIERE)

COUP DE SONDE : L’AMERIQUE CENTRALE DANS LES LIVRES – Gilles BATAILLON

PRESENTATION D’OUVRAGES SUR L’AMERIQUE CENTRALE

EDITORIAL N°125

Perla COHEN

A donde vas perdida ? A donde dí las enfolfas ? Que no hay deseos  cuerdos /Con esperanzas locas (LOPE DE VEGA)

Peut-on encore aujourd’hui appréhender  la réalité centraméricaine dans les mêmes  termes que nous le faisions ici-même il y a à peine quatre mois, c’est-à-dire sous l’angle du dialogue et de la démocratie ?  Peut-on raisonnablement penser, qu’en dépit des tempêtes déchainées sur le Salvador depuis l’offensive du FMLN et les réactions brutales qui y ont répondu ce qui demeure fondamentalement en cause  cest la négociation pour l’instauration de la  démocratie?

Comment alors rendre compte de l’invasion américaine du Panama comme  d’une opération qui s’inscrirait aussi dans  une logique dont la visée serait la  restauration de la Démocratie ?

Mais alors sous quelles formes pourrait-on décliner « la Démocratie » et à combien de  qualificatifs faudrait-il faire appel pour comprendre les sens et usages qui en sont faits aujourd’hui sans exclusive dans tous les pays de l’Isthme et Panama ?

Car malgré les apparences et les situations particulières, c’est bien de Instauration de l’Etat de Droit et de la Démocratie qu’il continue à s’agir en Amérique Centrale, dans un contexte  géopolitique en cours de redéfinition.  Même si à l’évidence, le chemin emprunté par chacun des pays lui est propre et particulier, l’exigence pour la région demeure la même, et pour la  première fois, elle est le fait conjoint des  pays eux-mêmes, de la région et des  grands acteurs internationaux.

Certes, alors même que nous émettons cette opinion, nous gardons présentes à l’esprit toutes les différences, les nuances  et les réserves à apporter pour chacune des  situations, de même demeurent présents à l’esprit les multiples contenus donnés à un mot qui désormais fait autorité dans la  relation internationale et insuffle un sens nouveau à la notion de responsabilité des uns et des autres.  Comment en effet ne pas articuler ces événements à ceux qui, dans le même temps, secouaient les pays de l’Est jusque dans leurs fondements, que tombaient les murs de Berlin et des esprits, et que devenaient sages les plus fous espoirs de  peuples qui s’étaient remis en marche ?

L’Europe pouvait-elle raisonnablement condamner trop violemment l’intervention  américaine au Panama, alors que sa conscience la gênait d’avoir un peu trop fermé les yeux sur la tyrannie de  Ceaucescu, et que le  droit à l’autodétermination des peuples se mettait imperceptiblement à coexister dans les mentalités avec le devoir d’ingérence dans l’histoire de ces peuples, lorsqu’ils sont confrontés à la violence et à la tyrannie ?

Sans céder à la facilité des amalgames et des équivalences rapides propres aux  périodes de grand bouleversement, force  est de constater que le concept d’Etat de Droit a fait une irruption spectaculaire jusque dans les prisons de Pretoria, après avoir fait sauter les verrous des portes blindées d’Europe de l’Est et imposé sa logique aux gouvernants d’Amérique  centrale, solidaires, par-delà leurs colorations idéologico-politiques et leurs  allégeances respectives, au nom de la légitimité de l’Etat et de la revendication de l’Etat de Droit.

C’est cela même qu’a consacré la  rencontre au sommet des cinq d’Amérique centrale, qui s’est tenue à San Isidro de  Coronado (Costa Rica) les 10-12 décembre 1989, un mois après l’offensive du  Salvador. Il faudra voir maintenant par quels biais le Salvador s’apprête à devenir un Etat de Droit et laissera place à cette négociation que revendique le FMLN, au nom aussi de la Démocratie.

Il faudra voir comment une « Démocratie »  portée par les mitrailleuses américaines aux  rues de Panama pourra se laver de son  péché originel et gagner sa légitimité.

Il faudra bien sûr voir comment le résultat des urnes au Nicaragua (26-02-90) s’inscrit dans une transition pacifique du  pouvoir et la séparation du parti et de  l’armée.

L’Amérique centrale nous aura en effet  donné en quelques mois un échantillon  diversifié des masques multiples que  peuvent revêtir les visages de la transition  démocratique. Ils ne se regardent pas tous  dans le même miroir de l’histoire, car si  celui du Panama relève de l’impérialisme  d’hier, celui du Nicaragua est sans conteste  dans son temps, sinon déjà dans celui de  demain.

C’est à une véritable leçon de choses que  chacun des pays de l’Isthme nous invite  maintenant. Il ne faudrait pas que l’étau  Américain se resserre maintenant que le  danger communiste s’éloigne (Toulouse, le 27 février 1990)

LE SALVADOR

L’offensive du FMLN : 11 novembre 1989

16-11-1989 : assassinat des jésuites de 1’UCA

LE PANAMA

L’intervention américaine – 21-12-1989

La reddition de Noriega

HONDURAS

Elections présidentielles – 26-11 -1989

COSTA RICA

Elections présidentielles – 4 février 1990

NICARAGUA

Elections présidentielles – 25-02-1990

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 126, Mars- Avril 1990

EDITORIAL : Nouvelle donne dans l’arrière-cour (Claude BATAILLON)

LES STRUCTURES CULTURELLES AU SEUIL DU SEXENNAT (Louis PANABIERE)

LES TENDANCES CULTURELLES ACTUELLES AU Mexique (Louis PANABIERE)

LA PUBLICITE DES ENTREPRISES MULTINATIONALES ET L’ALIMENTATION DES MEXICAINS (Jean Etienne DASSO)

L’INFLUENCE DU MEXIQUE DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES (M.T. TEXERAUD)

DEBATS EN COURS : Dossier de presse

LES « D » SERAIENT-ILS PIPéS ? (Proposé par Perla COHEN)

* USAMEX : El avance de la integración (Gabriel SZéKELY)

* LA DEUDA

Trampas de la renegociación (Jorge CASTANEDA)

Puros cuentos, malas cuentas (Jorge ALCOCER V.

*LA RELACION CON EL PAPA (Rafel Rodriguez CASTANEDA)

* LA DROGUE

Le boom de la cocaïne (Alain LABROUSSE)

Ayacucho y el Narcosendero (Henri FAVRE)

* DE LA DEMOCRATIE Echos de la presse sur les élections au Nicaragua

BIBLIGRAPHIE ET NOTES DE LECTURE (Claude BATAILLON)

DIVERS DOCUMENTS

Editorial N° 126

Nouvelle donne dans l’arrière-cour (Claude BATAILLON)

Dans l’ensemble de la zone qu’étudie  « l’Ordinaire Mexique et Amérique  Centrale », jamais les flux économiques  n’ont relié ces pays aux Etats Unis de  manière aussi complexe et aussi tenace.

Deux flux économiques n’ont cessé  de croître pendant toute la décennie 1980,  en direction des Etats Unis. D’une part les  migrations de travailleurs aux Etats Unis ont été intensifiées par les difficultés économiques internes de tous les pays vendeurs de matières premières -du café au pétrole-, mais aussi par l’appréciation du dollar par rapport aux monnaies nationales:  aller travailler aux Etats Unis, pour  incertain que ce soit, rapporte infiniment plus que tout travail -incertain lui aussi- dans le pays d’origine lui même. Ces migrations ont aussi connu une forte croissance dans les pays atteints par les guerres civiles et les tensions frontalières.  En Amérique Centrale, seuls le Costa Rica et le Bélize échappent à cette seconde raison d’émigrer aux Etats Unis.

Le second flux économique sans  cesse croissant de la décennie est celui du  trafic de drogue. Une affaire andine pour l’essentiel, autour de la coca? Ce serait simplifier une situation dans laquelle l’industrie du produit rapporte plus que sa culture, et le transit infiniment plus que la  production. Dans ce transit vers les Etats  Unis, c’est l’ensemble méso-américain qui est en position de force, Antilles en tête, mais aussi la Terre Ferme dans sa totalité.  Ces deux sources de rentrées de dollars ne cessent de croître en valeur à  mesure que les monnaies locales se déprécient. Essayons quelques évaluations.  Les migrants font sans doute rentrer  annuellement au Mexique plus de trois  milliards de dollars. Ils en envoient peut-être deux en Amérique Centrale, dont un demi vers chacun des trois pays les plus  atteints par la guerre civile, Guatemala,  Salvador, Nicaragua.

Beaucoup plus  difficile est  l’évaluation des rentrées de devises liées au trafic de la drogue. Les cultures de  marihuana ne sont plus qu’un profit mineur, répandu partout, l’acheteur nord-américain produisant la moitié de sa  consommation. Le pavot de l’ouest mexicain est peut-être moins important pour ce pays, que le transit des produits de la coca qui concerne tous les pays centre- américains, et pour l’ensemble de la zone il est vraisemblable que l’injection de dollars dépasse les trois milliards de dollars. A titre de comparaison, les deux premières  rentrées de devises « officielles » du Mexique tournent chacune autour de trois  milliards de dollars: les maquiladoras et le pétrole; et la première rentrée de l’économie salvadorienne, l’aide essentiellement militaire des Etats Unis, est de l’ordre du  demi milliard.

Plus largement, la Méso-amérique, pour avoir été impliquée très directement et longuement dans la guerre froide en raison  de sa proximité avec les Etats Unis, se  retrouve en 1990 particulièrement  dépourvue de « contre pouvoirs » quand les  racines internationales « est-ouest » des conflits locaux se trouvent coupées. Les légitimités issues directement ou non de  l’opposition aux Etats Unis s’estompent. Mais ne faut-il pas souligner aussi que les défenseurs de l »‘ordre » au nom de la protection de l’occident vont sans doute aussi devoir redéfinir les fondements de leur légitimité? Faute d’idéologies cuirassées, bien des problèmes sociaux  internes vont sans doute retrouver le devant  de la scène. Le grand voisin pourra-t-il  ignorer ces problèmes?

A ce niveau, nul ne peut prévoir quelle sera dans la politique des Etats Unis  la part de la prudence, qui consiste à donner aux Etats les moyens de politiques sociales minimales, suffisants pour éviter des déstabilisations plus dangereuses que celles que pouvait « récupérer » un bloc oriental désormais fort lointain; car l’anomie dans des pays où l’administration  comme l’encadrement scolaire, sanitaire, ou social sont faibles est beaucoup plus difficile à supporter peut-être qu’en Argentine. On ne peut laisser de côté, en Amérique Centrale plus encore qu’au Mexique, l’inconnue représentée par le comportement des classes d’âge jeunes,  quand elles ne connaissent que le monde de l’instabilité, souvent de la violence, légale  ou non.

Mais parallèlement, des choix très « libéraux » sont possibles de la part des Etats-Unis: C’est en somme le versant utopique de leur politique, à côté d’aspects réalistes. Ils favoriseraient les partenaires les mieux placés, les plus utiles pour l’économie et la société américaine, les plus rentables: mais dans la vision de plus en plus mondialisée des firmes des Etats Unis  comme de son gouvernement, peu de pays de la zone, même le Mexique peut-être, n’ont un poids considérable. Certains Etats d’Amérique Centrale -comme des  Antilles-, mais aussi certaines régions du Mexique: on voit déjà s’accroître la distance entre un ensemble représenté par le Nord mexicain surtout frontalier et l’ouest autour de Guadalajara, qui se rapprochent du Voisin, et un Centre-sud- est qui s’en éloigne peut-être. Si ce point de vue rentable et « libéral » venait à prévaloir, les régions ou les pays bien placés dans cette compétition verraient leur  osmose avec le Nord s’accroître, en terme de modes de vie et de technologie;  Guadalajara, Aguascalientes, San José Costa Rica, Panama se rapprocheraient de Ciudad Juarez ou de Tijuana, tandis que Oaxaca et Guatemala, Guerrero et Honduras verraient leur situation se  ressembler. Le prix de telles évolutions est à envisager de près.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 127, Mai- Juin 1990

MEXIQUE – AMERIQUE CENTRALE à partir de quelques « Géographies Universelles’

* 1891 – Elisée Reclus

* 1990 . C. BATAILLON, J. P. DELER,, N. DEMYK, J. REVEL MOUROZ, H. RIVIERE D’ARC.

PRESENTATION : Claude BATAILLON

IDENTITE MEXICAINE : VISAGES ET REGARDS EN TROIS TEMPS

– Races – Métissage

– Politiques agraires – Politiques alimentaires

– Systèmes mexicains

L’URBAIN : FONDEMENT DE L’ORGANISATION SPATIALE

– MEXICO

– GUADALAJARA

-CIUDAD DE GUATEMALA

– SAN JOSE DE COSTA RICA

ISTHMES : BRISURES OU PIVOTS DE LA MESOAMERIQUE

– L’ISTHME DE TEHUANTEPEC

– L’ISTHME NICARAGUAYEN

– PANAMA : L’AUTRE ISTHME

LOS ESPACIOS CEREALEROS CENTRO-AMERICANOS, Un ensayo de regionalización (Roberto SANTANA ULLOA)

ACTUALIDAD : EL PAPA Y (EN) MEXICO

Editorial N°127

MEXIQUE – AMERIQUE CENTRALE Vieilles feuilles, nouvelles feuilles: quelques géographies universelles

L’Ordinaire a déjà montré Jules Verne, pourquoi pas Elisée Reclus? Notre propos va  au delà, puisqu’il s’agit de juxtaposer trois ouvrages pour réfléchir aux possibles  manières d’approcher l’espace méso-américain, domaine de notre revue.

Présentons un peu nos ouvrages et nos auteurs. Elisée Reclus, plume alerte aux milliers de pages, anarchiste de la seconde moitié du XIXe, écrit voici 99 ans (1881) son 17eme volume de Nouvelle Géographie Universelle, sous le titre d' »Indes Occidentales »  (ce qu’on a appelé Amérique Moyenne, parallèlement au Moyen Orient). Immergé dans le  monde libéral et impérial de la science triomphante, il mélange une forte culture  historique, un sens des situations politiques, un enthousiasme évident pour le progrès technologique de l’humanité et des vues ethnologiques souvent pessimistes sur les capacités des peuples indigènes à s’intégrer à la civilisation, seule voie du progrès humain à ses yeux. Il travaille pour l’essentiel à partir de compilations bibliographiques d’une rare  puissance, renforcées par des réseaux d’informateurs.

Maximilien Sorre, catalan de la première moitié du XXe, écrit son Mexique Amérique  Centrale, Antilles pour le tome XIV de la Géographie Universelle de Vidal de la Blache en  1928, voici 62 ans. Hispanophone, lui non plus ne va pas dans ces contrées qu’il décrit à  partir d’une bibliographie dont la scientificité est centrée sur la botanique: la géographie  triomphe alors comme description minutieuse et raisonnée d’ensembles formés par des  milieux naturels dans lesquels les groupes humains agissent et réagissent aux contraintes  principalement naturelles. L’humanisme de l’auteur, évident, le conduit à contempler aussi, mais presque entre parenthèse, des Etats dans le contexte de ces contraintes. Si les  populations sont prises dans une histoire, celle-ci s’impose plus comme matrice d’une  démographie que comme cadre social ou culturel. Là où Reclus pensait sans doute que tous les faits qu’il récoltait étaient bons à engranger, Sorre trie et choisit selon deux  rationalités pas nécessairement compatibles, celle du terrain et du paysage, celle du peuple dans son Etat.

La Géographie Universelle est-elle un genre qui revient en force? Pendant les  décennies du milieu du XXe, voient le jour des collections qui se veulent manuels savants  (Orbis, jamais achevé) ou plus vulgarisés (Magellan). En 1979, l’Encyclopédie de La Pléiade publie prudemment une Géographie régionale, séparée d’une Géographie  Générale, pour l’homme cultivé. Quand l’information explose et que le contrôle de celle-ci se fait plus risqué, l’actuelle Géographie Universelle coéditée par Hachette et La  Maison de la Géographie de Montpellier change les règles de jeu dans cette dernière  décennie du XXe. Le volume Amérique Latine qui doit voir le jour à la fin de 1990 est oeuvre collective: dans un monde devenu petit, on exige des auteurs qu’ils connaissent de  l’intérieur les pays dont ils parlent. Trois responsables (Claude Bataillon, Jean Paul  Deler, Hervé Théry) assurent la coordination vis-à-vis d’une quinzaine de rédacteurs  (pour les extraits ici présentés: Noëlle Demyk, Jean Revel Mouroz, Hélène Rivière  d’Arc). Faut-il risquer ici un manifeste publicitaire pour notre entreprise? Soulignons seulement une ambition. Partir d’ensembles territoriaux structurés par des groupes  humains et voir comment les choix socio-politiques de ceux-ci, maintenant comme dans le  temps long, modèlent ces morceaux de l’espace terrestre, aires de civilisations, Etats,  régions ou villes.

Ainsi s’est trouvé guidé le choix de textes pris chez Reclus, Sorre, ou dans notre  groupe: le modelage de l’espace par l’Etat mexicain (une originalité que seul le Brésil  affirme autant dans le sous-continent latino-américain); la ville comme structure spatiale  spécifiquement latino-américaine; les isthmes comme configurations stratégiques du morcellement mésoaméricain sous emprise durable des Etats Unis.

Si les textes présentés ci-dessous inversent l’ordre chronologique, ce n’est ni par goût du paradoxe, ni pour donner « priorité » aux auteurs contemporains. C’est simplement  parce que le choix est contemporain, sous la responsabilité d’un des co-auteurs de l’ouvrage en cours d’édition: puisqu’il partait de ses propres préoccupations, qui bien souvent ne sauraient être celles de Maximilien Sorre ou d’Elisée Reclus, il a choisi de mettre en tête les passages de l’ouvrage en cours d’édition, puis ceux de Sorre, puis ceux  de Reclus. Les contraintes éditoriales du montage des morceaux choisis anciens ont  obligé à abandonner les notes infrapaginales.

Claude BATAILLON

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 128, Juillet- Août 1990

PROMENADE DANS LA CULTURE MEXICAINE

PRESENTATION (Louis PANABIERE)

LA CONFESION del Profesor GARLOPA (Guillermo SHERIDAN)

LE ROMAN : DE L’HISTOIRE AU QUOTIDIEN URBAIN

*NOTICIAS DEL IMPERIO (Femando del PASO)

*COMPADRK LOBO (Gustave SAINZ)

*SE ESTA HACIENDO TARDE (José AGUSTIN)

*LAS PUBERES CANEFORAS (José JOAQUIN BLANCO)

*YO SE LO DUE AL PRESIDENTE (Roberto LOPEZ MORENO)

*NOCHE DE CALIFAS (Àrmando RAMIREZ)

LA POESIE : DE LA METAPHORE A LA MUSIQUE

*LOS ELEMENTOS DE LA NOCHE (José Emilio PACHECO)

*CUADERNO DE NOVIEMBRE (David HUERTA)

*CRONOS (Alberto BLANCO)

*CORSARIO DE DOS BAJELES (José Luis RIVAS)

EL INGENIO DEL ENSAYO

*NATURALEZA DE LA ONDA (Carlos MONSIVAIS)

*EL ULTIMO VIAJE A VENECIA (Christopher DOMINGUEZ)

«  OH INTELIGENCIA, SOLEDAD EN LLAMAS… »

*VIAJES EN LA AMERICA IGNOTA (Jorge IBARGUENGOITIA)

*EL ESCRITOR COMO AUSENTE (Juan GARCIA PONCE)

*FRONTERA NORTE Y OTROS EXTREMOS (Guillermo SHERIDAN)

*EL PABELLON DE LA Ll.MPIDAD SOLEDAD (Adolfo CASTANON)

*LINEALOGIA (Jaime MORENO VILLAREAL)

MUSIQUE EXTREME AVEC MARIO LAV1SIA

DISCOURS DE MIGUEL LEON PORTILLA

Editorial N°128

PROMENADE DANS LA CULTURE MEXICAINE (Louis PANABIERE)

Dans le numéro 128 de l’Ordinaire, nous avons présenté un panorama de la culture  mexicaine contemporaine. Bien sûr, il était loin d’être exhaustif, mais il voulait signaler  quelques tendances contemporaines qui souvent sont ignorées de l’autre côté de l’Atlantique, où  l’on attend des consécrations à long terme.

Pourquoi ne pas essayer, après avoir fait savoir l’existence de quelques chemins, de  faire lire, « en caliente », des fragments d’oeuvres d’aujourd’hui ?

Peut-être certains des auteurs ici présentés auront disparu dans les années qui viennent.  Qu’importe ! Ils sont lus maintenant et représentent une sensibilité vivante. Ils ne seront peut-  être pas demain ce que René Char appelait le « guano » de la littérature, c’est-à-dire les œuvres  sacrées et consacrées par les universitaires, ils n’en sont pas moins aujourd’hui le témoignage  des signes d’une génération.

La palette des écritures qui se croisent ici va du roman à la musique, en passant par la  poésie, l’essai, le récit critique et l’image des Arts plastiques. Tous les auteurs importants ne sont pas là, bien sûr, car toute anthologie, pour aussi modeste soit-elle, a de graves lacunes. Nous présentons plutôt ici des échantillons, sans prétention de déterminer des valeurs. Il s’agit  d’une promenade dans la culture mexicaine contemporaine, parmi les paysages qui ont le plus  attiré notre attention, et nous savons bien que notre regard en a sauté beaucoup.

Dans chacune des catégories que nous avons choisi de présenter, un ou des textes de la  génération précédente (immédiate dans le sens qu’Alfonso Reyes donnait à « Pasado inmediato »)  représente un témoignage de paternité. Ces écrivains ou artistes ne sont pas encore le passé, mais ils sont les auteurs d’oeuvres mieux connues, à la source de ce qui se fait maintenant. Ils ne sont pas assez éloignés dans le temps pour être des pères, assez cependant pour ne pas être des pairs. En fait c’est la notion de COURANT que nous avons voulu montrer.

Dans le roman, après un extrait de la dernière œuvre de Femando del Paso qu’il était  indispensable de signaler, même si elle est un peu isolée comme tendance littéraire, les auteurs  (déjà classiques) de la « Onda », G. Sainz et José Agustin, précèdent les fragments significatifs de littérature urbaine de J. J. Blanco, Armando Ramirez et de Roberto Lopez Moreno.

Pour la poésie, l' »ancien » (nous parlons de pères et non de grand-pères sinon bien sûr  0. Paz serait là) José Emilio Pacheco introduit trois des meilleurs poètes d’une génération  particulièrement fertile : David Huerta, Alberto Blanco et José Luis Rivas.

Dans le domaine de l’essai, Monsivais bien sûr comme mentor, mais dans la pléiade de  jeunes talents particulièrement brillants, nous avons choisi Christopher Dominguez parce qu’il  nous paraît représenter les qualités de la grande tradition contemporaine de l’Essai au Mexique.

Reste un genre plus difficile à définir, mais très significatif de la littérature mexicaine :  c’est le dérivé de la Chronique, le récit vif, caustique, critique ertrès « intelligent ». Les aînés  seront ici Jorge Ibarguengoita et Juan Garcia Ponce, et les « Cadets » les plus représentatifs :  Guillermo Sheridan, Adolfo Castanon et Jaime Moreno Villareal.

Une entrevue de Mario Lavista complétera le panorama pour ce qui est de la musique, et des illustrations de Cuevas, Felguerez, Coen, Coronel et Toledo nous donneront un aperçu des  grandes tendances des Arts Plastiques, qui mériteraient cependant un bien plus large  développement si l’espace et la qualité des reproductions le permettaient.

Bonne promenade.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 129, Septembre-Octobre 1990

LOS APROVISIONAMIENTOS ALIMENTARIOS O EL DOMINIO DE LO INCIERTO

INTRODUCCION Y COMPILACION (Roberto SANTANA)

SITUACION ALIMENTARIA : LA CAPACIDAD DE ALTOSLiEICIENCIA

PRODUCTIVAS DE LOS GRANOS in PSA n° 3

EL ACCESO A LOS ALIMENTOS Y EL ESTADO NUTRICIONAL DE LA POBLACION in PSA n° 1

DOCUMENTO DEL PSA

PERSPECTIVAS INTERNACIONALES

AYUDA ALIMENTARIA EN CENTROAMERICA : PERSPECTIVAS AL ANO 2000 (Salvador ARIAS)

TERMINOS DE INTERCAMBIO MAIZ / FERTILIZANTE (Guy CHRISTOPHE)

NOTAS SOBRE LA LIBERACION DEL COMERCIO DE PRODUCTOS BASICOS (PSA/ATP)

DATOS ESTADISTICOS

IMPACTO DEL AJUSTE ESTRUCTURAL EN COSTA RICA

N0 HAY PAZ SIN ALIMENTOS (CENAP/CENAS)

POR QUE SURGE UNSA ?

OTRAS INFORMACIONES

Editorial N° 129

AMÉRICA CENTRAL: LOS APROVISIONAMIENTOS ALIMENTARIOS O EL DOMINIO DE LO INCIERTO (Roberto Santana)

En un contexto en que la oferta interna de productos alimentarios evolucionó mas  lentamente que el aumento y la  diversificación de la demanda en los años  80, la producción de alimentos de base mostró en América Central una cierta capacidad de reacción a los efectos de  crisis . De entre las diversas producciones  agrícolas, el conjunto de los llamados  « granos básicos » es el que mas ha crecido. Esta constatación unida a la existencia de un número excepcionalmente elevado de explotaciones produciendo maiz, arroz, frijol y sorgo ( estimado en 1,4 millón de fincas agrícolas en  1989 ) no puede sin embargo constituir el  fundamento de un gran optimismo respecto de los aprovisionamientos futuros. El hecho de que, en número cercano a 900.000, esas explotaciones sean de tamaño minfundiario, con todo lo que ello significa en términos de fragilidad productiva y de aleatorio en relación al mercado, es desde ya un signo  de alerta, que debe ser procesado con otros, seguramente mas decisivos, que tienen que ver con los procesos mas o menos espontáneos y con las macro- políticas aplicadas en los países centro- americanos.

La coyuntura de los aprovisionamientos alimentarios en América Central debe ser vista en función de dos circunstancias  inextricablemente ligadas entre si. La  primera de ellas es la crisis de la política  agrícola seguida por los Estados  centroamericanos en el marco de lo que se  ha llamado el « modelo agro-exportador »  (años 50 -70) que consistió en el estímulo a las producciones de exportación « tradicionales » (café, azúcar,  algodón, etc) y otras mas recientes  (carne, frutos tropicales) en detrimento de  la producción de alimentos de consumo  interno, en primer lugar los granos  básicos. La segunda, es la crisis del  sistema centroamericano de utilización de la tierra, el cual ha privilegiado  ampliamente la ganadería extensiva (entre  13 y 14 millones de hectáreas en pastos  naturales y praderas, es decir  aproximadamente la mitad del área  agropecuaria ) y las especializaciones de  exportación tradicionales, actividades  todas víctimas de crisis durable en los  mercados internacionales.

El gran desafío de esos países es,  entonces, definir estrategias agrícolas y  modelos de utilización de la tierra que les  permitan en primer lugar asegurar un  porcentaje elevado de autosuficiencia en  granos básicos, es decir en aquéllos  productos que representan la mas alta  proporción de las calorías consumidas por  la población (entre 40 y 65 del  consumo calórico total) pues nada indica  que esta composición del consumo  alimentario va a cambiar significativa-  mente en el largo plazo en favor de una  diversificación (la evolución del consumo  en Costa Rica, el país mas modernizado  del área, marca, por ejemplo, una  tendencia inversa). Sin embargo, nada  parece mas difícil que encontrar el modelo  capaz de asegurar tales objetivos.

En efecto, a la hora de la liberalización de los mercados agrícolas a la escala internacional y de las políticas de ajuste estructural recomendadas para los países de la región, nada parece mas difícil que prever o programar el desarrollo durable de los productos de la alimentación de  base. Y eso porque el problema parece  cada vez menos del resorte de políticas  sectoriales y nacionales que de políticas macroeconómicas imaginadas a la escala regional. Los textos seleccionados en este dossier se refieren, precisamente, a partir de ángulos de ataque diferentes, a la envergadura de los desafíos y a algunos de los obstáculos existentes en la perspectiva de un modelo agrícola regional de recambio (…).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 130, Novembre- Décembre 1990

LE RECENSEMENT MEXICAIN DE 1990

LE MEILLEUR OU LE PIRE DEPUIS 1960 ? (Claude BATABLLON)

MÉXICO ET LES SURPRISES DU RECENSEMENT (Jérome MONNET)

REFLEXIONS A PROPOS DES RESULTATS DU RECENSEMENT (M. E. COSIÓ ZAVALA)

FECUNDIDAD (M. E. COSIÓ ZAVALA)

COMPTER LES HOMMES (INED) Stefan JAFFRIN

ENTREPRISES CALIFORNIENNES DEPENDANTES DES IMMIGRANTS MEXICAINS (W. A. CORNELIUS)

OCTAVIO PAZ : NOBEL DE LITERATURA

SOIXANTE DIX ANS DE POLITIQUE EDUCATIVE AU MEXIQUE – INTRODUCTION ET COMPILATION M. A. RICAU-HERNANDEZ

Politique éducative et révolution

L’APRES VASCONCELOS : QUELQUES EXPERIENCES

– Población agrícola y educación

– Telesecundaria : televisión y enseñanza

– Et les indiens ?

PLAN DE MODERNISATION : LE PROGRAMME NATIONAL D’EDUCATION. Octobre 1989

LA UNIVERSIDAD DEL FUTURO (Ruiz Pérez TAMAYO)

LA EDUCACIÓN IRRELEVANTE (Pablo LATAPI)

LA CRISIS EN LA EDUCACIÓN (Salvador MARTÍNEZ DELLA ROCCA)

ECHOS DE LA PRESSE

 Editorial N° 130

Recensement mexicain de 1990 : le meilleur ou le pire depuis I960? (Claude BATAILLON)

Depuis 1960, au moins à deux reprises, des spécialistes ont dit que la capacité de recenser la  population au Mexique ne cessait de se détériorer. En 1970, les résultats « sortirent » vite. En 1980 ce fut tout le contraire. A nouveau en 1990 une rapidité de bon ton permet au responsable de INEGI  (Instituto Nacional de Geografía y Estadística) d’annoncer les résultats préliminaires en conférence de  presse au milieu d’août, pour des chiffres collectés en mars. On lira dans cette livraison de  l’Ordinaire deux interprétations, l’une optimiste de Jérôme Monnet, qui nous dit pourquoi tout  compte fait les chiffres ont des chances d’être vrais, l’autre, plus pessimiste, de Maria Eugenia  Cosfo, qui nous explique sa méfiance.

Nous présentons ici quelques tableaux et quelques cartes. Tableaux de la population 1990  des Etats du Mexique et des villes principales de ce pays. Pour celles-ci nos chiffres sont simplifiés,  et comptés large, puisque pour chaque ville c’est la population d’un municipe tout entier qui est donnée, voire celle d’un ensemble de municipes quand il y a connurbation d’une « aire  métropolitaine ». Les tableaux supplémentaires tirés de Población y trabajo en contextos régionales,  Gail Mummert éd., 1990, 214 p., El Colegio de Michoacán [Mesa redonda de Noviembre de 1988],  permettent d’avancer une hypothèse sur la très faible croissance démographique du Centre-Est  mexicain, et de la capitale au sein de celui-ci: si l’establishment de la migration aux Etats-Unis  (ceux qui ont un emploi en entreprise) provient du Centre-ouest autour de Guadalajara,  les nouvelles  masses migrantes de la décennie 1980  (les indocumentados à la recherche d’un emploi) résidaient  avant de migrer en beaucoup plus forte proportion dans la capitale  et le Centre-est.

Deux cartes donnent la croissance décennale des Etats mexicains, en proportion de la  population de 1980 et en chiffres bruts. Une autre carte donne la population des villes mexicaines en  1990 et le rythme de leur croissance décennale.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 131- 132, Janvier- Avril 1991

3 RECITS DE « VOYAGES AUTOUR DU MONDE » [Fondation Singer- Polignac]

DOSSIER MEXICO : EL GATT Y EL T.L.C. Sélection, composition P. COHEN

ANALISIS DE COYUNTURA

MEXICO Y EL GATT

Protocole de Adhésion : documente

El Ingreso Al GATT (Saul TREJO REYES – Gustavo VEGA CANOVAS)

El GATT y la Ordenación Agricola (Yolanda TRAPAGA DELCIN)

COMPTE-RENDUS

* Agricultures et Paysanneries Femando RELLO

* San Francisco del Rincôn Patricia ARIAS

EL TRATADO DE LIBRE COMERCIO Encuestalia

Zonas de Turbulencia. Debate de NEXOS

AMERICA DEL NORTE Y EL T.L.C. (Luis RUBIO)

LA PROPUESTA BUSCH PARA LAS AMERICAS (Guadalupe G. GONZALEZ)

COMPTE.RENDU : PERSPECTIVES LATINOAMERICAINES (Perla COHEN)

EL ALC Y CENTROAMERICA (A. MALDONADO)

GUATEMALA

UN PROBLEME PEUT EN CACHER UN AUTRE (Jacques ARNAULD)

LE GUATEMALA VA-T-IL ENFIN ENTRER DANS LA MODERNITE (Yvon LE BOT)

9NOTES DE VOYAGE A MAYALAN. Documents (Jacques ARNAULD)

AGRICULTURE PAYSANNE FAMILIALE D’EXPORTATION (Philippe SALE)S

SALVADOR

LA GUERRE AU SALVADOR : FATALITE IDEOLOGIQUE OU NECESSITE POLITIQUE (Perla COHEN – Roberto SANTANA)

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES (Claude BATAILLON)

Editorial N° 131- 132

GUATEMALA: Un problème peut en cacher un autre (Jacques Arnauld)

C’est sous les huées de la foule réunie au stade Mateo Flores de Ciudad de Guatemala que, le 14 janvier 1991, Vinicio Cerezo Arevalo a remis l’écharpe présidentielle à son successeur Jorge Serrano Elias. Ce blâme sanctionnait un bilan médiocre mais surtout une fin de parcours particulièrement lamentable. Il était adressé à l’homme Cerezo, dont l’attitude tout au long de son mandat avait manqué d’intégrité et de cohérence et dont le comportement des derniers mois avait frôlé le scandale. Pourtant, à l’extérieur, on l’aurait plutôt applaudi, ne serait-ce que pour avoir passé la ligne d’arrivée et assuré le relais. Performance ou comble de la faiblesse que cette endurance contre complots et discrédits? Fallait-il écarter à tout prix le spectre du coup d’état militaire ou devenir un martyr de la démocratie ? Le peuple guatémaltèque a condamné chez Cerezo le cynisme et la corruption plus que l’incapacité, mais le monde lui saura gré d’avoir sauvé les apparences de la démocratie.

La campagne électorale s’était engagée dès le milieu du mandat, comme s’il fallait au plus vite poser les jalons de la succession. Yvon Lebot analyse les élections et explique le succès de l’outsider Serrano. Même si la représentativité de Serrano est faible, en raison d’une forte abstention, la légitimité de l’élection n’est contestée par personne ; elle est aussi la légitimité d’une passation démocratique de pouvoir entre civils.

Durant le gouvernement démocrate chrétien, les organismes de défense des droits de l’homme n’ont eu aucun répit car les statistiques macabres des exactions et violations ont montré une tendance continue à la hausse. Au cours des deux dernières années, la violence semblait de nouveau vouloir marquer le rythme de la vie nationale.

L’un des actes les plus détestables aura été l’assassinat de Myma Mack Chang, sociologue et chercheur d’AVANCSO (voir encadré). Il a été perpétré quelques jours à peine après la publication de la « Déclaration de la première assemblée générale des communautés en résistance de la montagne » (voir encadré). Le lien entre ces deux événements ne fait pas de doute pour ceux qui furent témoins des efforts déployés par Myma Mack pour promouvoir le retour des populations en résistance à la vie « normale ».Du monde entier, des chercheurs et des ONG lui ont rendu hommage. Cet acte délibéré a montré que la violence restait pour une grande part liée à une politique obsessionnelle de « sécurité nationale ».Sortir de la logique de la terreur sera l’un des principaux défis lancés au nouveau gouvernement. Il englobe, entre autres, la négociation avec la guérilla, la démilitarisation des populations civiles, la réinsertion des populations déplacées et le retour des réfugiés du Mexique. Les notes de voyage à Mayaland de Jacques Amauld témoignent de la complexité du rapatriement. L’article de Lebot pose, parmi les autres grands problèmes qu’aura à affronter Serrano, ceux liés à la consolidation de la démocratie, aux inégalités foncières et fiscales, à la question indienne.

Il est encore trop tôt pour se prononcer sur les orientations du nouveau gouvernement et ses chances de succès. Dans le domaine économique, on peut s’attendre à un renforcement d’une politique libérale amorcée par les Démocrates Chrétiens. Des articles d’Inforpress (voir sélection) illustrent ces propos. Serrano en effet se présente comme un libéral. Mais dans un pays où les inégalités sont extrêmes et la démocratie encore fragile, on peut se demander quelles seront les répercussions sur les populations urbaines et rurales traditionnelles de politiques visant à rendre plus « efficace » (en termes de vocation et de rentabilité économiques) l’appareil productif. L’article de Philippe Sales pose, à partir des rares données existantes, les problèmes de la diversification des cultures chez les petits paysans. C’est en effet vers1 insertion des petits propriétaires dans une économie ouverte sur l’extérieur que s’orientera la nouvelle politique agricole, les solutions agraristes ayant été écartées sans ambiguïté d’entrée de jeu.

°C’est sur le terrain autant que dans les discours qu’il faudra chercher les signes du changement. Le régime de Cerezo a été marqué par un décalage constant entre la générosité du verbe et le vide de l’action. Le nouveau gouvernement semble au contraire vouloir très vite concrétiser sur le terrain ses acquis politiques. Ainsi les patrouilles d’autodéfense civile on tété dissoutes par décision présidentielle. Dans les communautés, les pouvoirs civils locaux devraient reprendre progressivement leurs droits longtemps bafoués. Une détente généraliste dès à présent perceptible. Mais déjà on murmure que si l’armée accepte de rentrer dans ses casernes, c’est qu’elle y a d autres intérêts. Le territoire national est devenu un relais pour les trafiquants de drogue, avec la complicité d’une partie de l’armée. Au Guatemala, s’il est vrai que les chismes vont bon train, il est aussi habituel qu’un malheur en cache un autre (mars 1991)

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 133, Mai- Juin 1991

HONDURAS – AMERIQUE CENTRALE

SOMMAIRE

DOSSIER HONDURAS

Introduction et Compilation : Claire PAILLER

Les Intellectuels honduriens entre  la guerre  et la paix : 1969-1986 (Claire Pailler)

Prisonniers politiques – Documents et témoignages

31 Textes choisis : HONDURAS

Rafaël Heliodoro Valle

Juan Ramon Molina

Textes choisis : GUATEMALA

Augusto Monterroso

Dante Liano

La situación del escritor en GUATEMALA Dante Barrientos Tecùn

Documentos del Inseh

Echos de la presse

The future of Europe in the Caribbean (Paul Sutton)

CENTROAMERICA Y LA INICIATIVA DE LAS AMERICAS (CEPAL/POLEMICA)

RAPPORT DE VOYAGE LOINTAIN (J.J. Dupeyroux)

BIBLIOGRAPHIE (Claude Bataillon)

Editorial N° 133

Le Honduras n’apparaît guère que par procuration dans les soubresauts de la région centro-américaine : République bananière et léthargique, terres vides appelant le défricheur salvadorien, bases militaires où stationnent les troupes états-uniennes, sanctuaire de guérilleros nicaraguayens, … tout concourt à en faire une zone tampon, un « Every man’s land » sans caractère ni aspirations propres.  Le dossier que nous présentons apporte quelques arguments qui contredisent une vision trop réductrice.

Si le Honduras fait difficilement entendre sa voix, c’est, de fait, parce que ses porte-parole sont aux prises avec de multiples difficultés d’expression, expression qui est elle-même conditionnée par une difficulté à être et à se reconnaître.

Un premier article tente de montrer l’émergence simultanée d’une conscience nationale et de la conscience d’une mission de l’intellectuel dans la communauté hondurienne, dans les conditions particulièrement tragiques d’une guerre imprévue : la guerre avec le Salvador en Juillet 1969.

D’autres pièces du dossier viennent rappeler que le label d' »oasis de paix » si longtemps brigué par les autorités Honduriennes est lui aussi surfait. L’assassinat de Miguel Angel Pavon, et Moises Landaverde en Janvier 1988est resté impuni, et les rapports sur les violations des droits de l’Homme Continuent de dénoncer les pratiques de tortures et d’assassinats impliquant des membres de la police et de l’armée (AMERICAS WATCH).

L’intellectuel hondurien se trouve ainsi investi d’une mission difficile et souvent douloureuse qui se traduit dans la tendresse déchirée et révoltée du poète José Luis Quesada

« … en un grave país encogido de miedo / Vivimos en el vacío de le Historia… »

Claire PAILLER (Juin 1991)

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 134, Juillet- Août 1991

MEXIQUE :

LES TRANSITIONS VERS L’INTEGRATION

EDITORIAL (Claude Bataillon)

DOSSIER : TRANSITIONS VERS L’INTEGRATION proposé par Perla Cohen

Integración económica y  nacionalismo – Encuesta  en « Este Pais »

La Venganza de la Malinche (Roger Bartra)

La Cumbre de Iberoamérica

Integración  con el Norte y con el Sur (Dante Barrientos Tecùn)

Elecciones y lecciones , Perestroïka sin Glasnot (Jaime Sanchez  Susarrey)

Las perspectivas de la transición (Jorge G. Castaneda)

La Normatividad Electoral (José Woldenberg)

Agosto 18 : Volver a empezar ? (J. S. Susarrey)

Pouvoir local au Jalisco : Extraits de thèse (Jaime Preciado)

L’espace agricole dans la vallée de Zamora : Extraits de thèse (Pascale Perez)

Editorial N° 134 Trop de victoire ? Elections mexicaines 1991

Le succès économique et la popularité vont-ils de pair ? Le Gouvernement de Salinas de Gortari a-t-il gagné les élections mexicaines de Août 1991 pour cela ? Son projet en bonne route d’union économique nord-américaine a-t-il suffi à désarmer les opinions intérieures qui lui étaient hostiles, au nom d’un nouveau consensus non avoué où le nationalisme ombrageux, mais si tolérant et si admiratif pour le voisin, s’efface devant l’aventure du nouveau marché ?

Ou bien, plus prosaïquement, les vieilles recettes ont-elles fonctionné, où l’on séduit les leaders hostiles par les prébendes ou les promesses, où l’on désarme les secteurs mécontents par des concessions bien négociées et où l’on rameute les électorats captifs ou indifférents en transformant leur abstention en vote favorable ?

Le texte ci-dessous de J. Castañeda nous rappelle que l’électorat mexicain n’est pas transparent, connu dans ses nuances par des sondages sur des échantillons « représentatifs ». Il est divers, hétérogène, mal connu, partiellement imprévisible dans ses réactions. En écrivant ces lignes, à la fin de août 1991, nous n’avons encore que les résultats bruts du succès du PRI, sans les avatars significatifs qui seront analysés plus tard, dans les zones sensibles comme le Guanajuato ou le San Luis Potosi. Globalement, on s’attendait à ce que le PRI -ou le « salinisme »- prenne des électeurs au PAN, dont il fait efficacement la politique économique depuis presque une décennie, comme au PRD, dont la coalition s’est en partie morcelée faute de projet autre que moral (contre la fraude).

Mais le succès est trop grand pour ne pas laisser peser de lourdes suspicions sur les progrès d’une démocratie exigée par l’opposition et les partenaires étrangers, et promise par l’équipe au pouvoir après la très douteuse victoire de 1986. Etrange politique que celle de ce club qui reste le même et se renouvelle pour garder un pouvoir presque aussi ancien que celui du Parti communiste soviétique, si on le fait partir seulement de 1929 et non pas de la révolution de 1910 ! (Claude BATAILLON)

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 135, Septembre- Octobre 1991

MEXIQUE  ELECTIONS : LA FRAUDE ET LE PLEBISCITE

Dossier Elections

Introduction, Sélection et Composition Perla Cohen

Rétrospective : Mexico despues del 6 de julio (Javier Cabrera)

Aritmetica de una Elección : Datos

Quién gano y quién perdió las elecciones ? (Articulos de Jorge Menendez Femandez y Jorge Alcocer)

La Duda, El Fraude y La Denuncia (Articulos sobre Guanajuato y San Luis Potosi)

Sueños de Restauración (G. Zaid) y el Primosaurio (Enrique Krauze)

Modernización polîtica y Democracia (Varios articulos)

Amérique centrale : nouvelles brèves

Documents

Notas sobre el desarrollo social en América Latina : CEPAL

Rapport de la Commission Sud : Nations-Unies – Extraits

Accord-Cadre de Coopération CEE -Mexique

Déclaration de Tuxtia Gutierez : Mexique – Amérique centrale

Règlement de la CEE concernant l’Amérique centrale et Panama

Présentations de livres et sommaires de revues

Editorial 135

LA FRAUDE ET LE PLEBISCITE (Perla COHEN)

Le succès électoral du PRI aux élections du 18 août 1991, a donné lieu, comme de coutume maintenant, à un vaste débat où la dénonciation de la fraude a pris valeure emblématique, fournissant aux uns et aux autres l’essentiel de l’argumentation.

La fraude, « péché originel » de l’élection du Président Salinas de Gortari demeure pour les uns la clef de la victoire d’hier et d’aujourd’hui, pour les autres l’argument, invérifiable, brandi par l’opposition, qui refuse d’admettre et sa défaite, et le signe tangible de la réussite de la politique menée.Par delà la dénonciation de la fraude (voir OM  94,117,125) et le combat mené dans les deux situations qui l’ont au mieux symbolisée, Guanajuato et San Luis Potosi, l’enjeu fondamental de tous ces débats demeure la question de l’articulation entre la modernisation économique et la rénovation du système politique, de la démocratie et de la définition de celle-ci.

Ces élections qui concernaient le remplacement de 500 députés, 32 sénateurs, 7 gouverneurs, des centaines de maires et la totalité des représentants à l’Assemblée du DistrictFédéral ont donné au PRI une victoire sans partage, le « carro completo » et la majorité législative, le mettant à l’abri de la nécessité de rechercher des alliances, et lui permettant de continuer l’œuvre économique engagée, fort de l’accord que l’électoral lui a donné. Quel était l’enjeu ? Premières élections à se tenir dans le cadre des réformes du code électoral de 1989 et des réformes constitutionnelles, elles devaient permettre de mesurer leur effet ; d’autant que ces réformes avaient fait l’objet d’un dialogue avec les partis d’opposition.

A mi-parcours du mandat présidentiel qui depuis 1988, demeurait entaché d’illégitimité, ces élections devaient aussi permettre de vérifier si d’une part les tendances affichées au lendemain de 1988, (qui avait sonné la fin de l’ère du parti unique, et l’émergence spectaculairedu PRD de Cardenas) se confirmaient, de l’autre de mesurer les gains et les pertes des différentes formations politiques et les transformations à l’œuvre.

La menace qui avait pesé sur le PRI en 1988 a-t’elle donc été radicalement éloignée, voire surmontée ? Le PRI en est-il comme le souligne Gabriel Zaid à l’ère de la restauration ? Cette victoire du PRI est-elle comme le soulignent tant de commentateurs celle de Salinas de Gortari dont la politique économique serait ainsi plébiscitée ? Voire, peut-on considérer que rien n’aurait changé au sein du PRI lui-même pendant cette période ? Ce parti ne serait-il pas justement aux prises avec ses contradictions internes et sestiraillements tant face à la rénovation politique qu’à l’adhésion aux réformes économiques engagées, dans leur ampleur et leur profondeur ? Quels sont aujourd’hui, au sein du PRI, les équilibres des forces par rapport au problème de la rénovation politique ? Le camp anti-fraude en appelle à cette rénovation sans réserve, et affirme que toute modernisation économique qui ne s’accompagnerait pas de cette rénovation mènera au chaos.

Le PRD de Cardenas est le grand perdant de ces élections. Qu’il ait payé un tribut plus lourd à la fraude ou qu’il ait continué de confirmer la tendance à la baisse enregistrée aux élections locales de 1989, qu’il accuse le contrecoup de ses faiblesses et du manque de visibilité de son projet, ou qu’il ait pâti des campagnes de discrédit lancées contre lui. le fait demeure que son recul pose la question de la nécessaire modernisation de la gauche, aussi de la définition de ses outils d’analyse et formes de combat.

Quant  au PAN , s’il progresse par rapport aux élections de 1988, il perd des positions qu’il escomptait  conquérir, et reste partagé quant  à sa stratégie  politique : alliance  intégratrice avec le salinisme, consolidation de son autonomie ou front démocratique dans le cadre de l’Acuerdo Nacional por la Democracia  (ACNADE) ? De même il reste partagé quant  à sa définition de la démocratie ; la revendication régionale pour le respect  total des résultats des urnes se heurte  à la volonté de négociation électorale  à l’échelle nationale  créant  ainsi de nombreuses  tensions.

Dans cette situation mouvante et complexe, où la fraude et sa dénonciation revêtent  une signification particulière, les cas de Guanajuato et de San Luis Potosi ont servi de révélateurs et ont symbolise tant la capacité de mobilisation autour de la revendication démocratique que les limites du Tout Pouvoir. A Guanajuato comme à San Luis Potosi, les candidats priistes élus et contestés ont dû se soumettre à la volonté du président et se démettre. Dans les deux cas, un gouverneur intérimaire a été nommé, un membre du PAN à Guanajuato et un priiste à San Luis Potosi. Dans un cas, la négociation PAN-PRI a abouti à la solution du problème, et continue d’apparaître comme une menace à la démocratie ; dans l’autre la coalition PAN-PRD autour du candidat indépendant, Dr Navas, maximise la pression et fait basculer la situation.

Pendant que les démocrates crient au voleur, le gouvernement aligne les chiffres d’un bilan globalement positif pour justifier le plébiscite. D’un côté la revendication sociale et politique, de l’autre les succès économiques. Les premiers sont taxés d’obsolètes et d’archaïques, les seconds appliquent sans état d’âme les recettes qui devraient leur assurer de compter demain, et de réussir leur insertion internationale. D’un côté ceux qui croient que la modernisation économique est vouée à la catastrophe si elle ne s’accompagne pas de démocratie ; de l’autre ceux qui métamorphosent dans les faitsla scène économique, renvoyant à demain la rénovation politique, mais déjà rassurent au niveau social grâce à des programmes d’aide (PRONASOL) et œuvrent à l’émergence de nouveaux consensus en marge des forces politiques traditionnelles.

Tels sont donc les éléments de ce dossier Elections. La sélection que nous vous en proposons ci-après apporte des renseignements précieux sur les éléments du débat et sur les positions respectives.

Nous avons complété ce dossier « Elections » par une série de documents officiels qui ont pour avantage d’élargir l’horizon des problèmes posés. Ils nous renseignent en effet sur les différentes manifestations des logiques à l’œuvre notamment sur les perspectives d’ouverture et d’élargissement des relations extérieures poursuivies par le Mexique parallèlement à la préparation du Grand Marché de Libre commerce avec les Etats-Unis.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 136, Novembre- Décembre 1991

Dossier CHALCO

Introduction et compilation (Claude BATAILLON)

Sistema de Información de CHALCO (Jorge GONZALEZ ARAGON)

L’Etat de Mexico malade du district fédéral :CHALCO (Hélène RIVIERE D’ARC)

Méthode de description en milieu urbain : CHALCO (J. M EBERHARD)

Accession à la propriété dans la vallée de CHALCO (Leila BEN AMOR Dominique MATHIEU)

Transporte informal y expansion irregular del espacio urbano en CHALCO (Juan Pabio ANTUN Clemencia SANTOS)

Informations diverses

Editorial N° 136

Ville de Mexico : Nouvelles recherches sur CHALCO

Claude Bataillon

Chalco symbolise l’habitat informel de la Mexico des années 1980. Les polémiques dans la presse de la capitale l’ont fait connaître en début de la décennie, les recherches y ont culminéau milieu de celle-ci, y compris celles dont l »‘0rdinaire » rend compte ici, et la bénédiction (peut-être l’exorcisme) est venue vers la fin, menée à quelques semaines de distance par le Pape et par Danielle Mitterand. Les chiffres eux aussi, dans le doute, sont venus calmer le jeu: selon les chiffres préliminaires du recensement de population de 1990, Chalco aurait une population bien inférieure aux estimations immédiatement antérieures et même dans cette décennie 1980, la population de Nezahualcoyotl n’aurait à peu près pas augmenté. Enfin, en ce début de décennie 1990, ni dans le municipe de Chalco ni dans aucun autre, n’apparaissent de nouvelles campagnes de presse, de nouvelles études à mener, pour de nouveaux immenses quartiers informels en cours de gestation.

Il faut mettre cette décennie 1990 en perspective: au cours des années 1960, la croissance périphérique de la capitale mexicaine était d’abord industrielle, et seulement de façon corrélative apparaissaient les quartiers d’habitat informel. Hélène Rivière d’Arc étudiait en 1965 « los suburbios orientales de la carretera de Puebla » (p.40-48, in Las zonas suburbanas de la ciudad de Mexico, Mexico, UNAM, 1968, 80p.). Ceci ne devint dans la presse Nezahualcoyotl que au début de la décennie 1970, quand on apprend qu’une nouvelle municipalité est née dans l’Etat de Mexico. Pour parler vite on dit alors « Neza », puis Neza y anexas, jouant à la fois sur le nom de lignes d’autobus et sur l’incertitude topographique qui règne à ce sujet pour la plupart des citoyens éclairés de la capitale. La croissance urbaine est ici réputée sauvage, essentiellement parce que nul ne pense qu’il soit possible de l’arrêter.

Au contraire moins de 10 ans après son démarrage, Chalco est connue, bénie, à bien des égards contrôlée et en tout cas nul ne doute que ce soit un ensemble organisé. L’ORSTOM a voulu y mener une oeuvre majeure de recherche. L’importance politique du lieu, la multiplication des intervenants scientifiques du côté mexicain ont rendu difficile une recherche qui, par sa taille, pouvait déboucher sur un rôle de conseiller du prince. Plus sûrement, plus utilement aussi sans doute, elle doit déboucher sur des publications dont Bernard Lacombe est le promoteur. Disposant de plusieurs textes sur ce lieu majeur des banlieues de la capitale mexicaine, nous les présentons ensemble:

-Des éléments de l’introduction du rapport de recherche réalisé par J. Gonzales Aragon pour l’ORSTOM ouvrent le dossier.

-Un texte de Hélène Rivière d’Arc met en scène une enquête qui lui permettait des comparaisons avec le Neza qu’elle a connu.

-J.M. Eberhard a pris comme exemple Chalco pour une étude du tissu urbain utilisant les données satellitaires.

-Leïla Ben Amor et Dominique Mathieu ont aussi participé, temporairement, au projet, pour y détecter les stratégies et dynamiques des habitants.

-Issu d’un autre projet, le texte de J.P. Antun et C. Santos est partie des communications du colloque « GRANDES METROPOLES D’AFRIQUE ET D’AMERIQUE LATINE – EQUIPEMENTS URBAINS ET PRATIQUES CULTURELLES ». Il n’a malheureusement pas pu y participer lui-même.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 137, Janvier- Février 1992

LES « NOUVELLES TRANSITIONS »

Editorial. Identité et modernité, Sélection et Composition Perla Cohen

Programa : Las « nuevas transiciones » :Sociedad, Espacio y Cultura (Roberto Santana, Perla Cohen)

Democracia y marginación (Entrevista con M. Cavarozzi)

Las izquierdas en su laberinto (Jorge Castaneda)

A propôsito de educación en América latina -Resumenes

Le Mexique nouveau est arrivé (Carlos Temam

Documentos extrados de :

* Tercer. Informe de Gobierno

* Reforma del campo

* Encuestalia. III° informe/ Iglesia • Estado • Ejido

* Recortes de prensa

De Cardenas a Salinas (Jorge Fernàndez Menéndez)

El nuevo nacionalismo : Un puente entre tradición y modernidad (Isabelle Rousseau)

Le système d’éducation supérieur au Mexique ; Points chauds et Points noirs / Introduction et sélection Sylvie Didou

Instalación del parlamento centro-americano INCP

Reseña : El extrano mundo del ranchero de Hubert Cochet (Thierry Linck)

Informations diverses

Editorial N°137

Identité et Modernité

Perla Cohen

Ne cherchez plus de substantif porteur d’une parcelle de projet en marche aujourd’hui qui ne soit accompagné du vocable « Nouveau » décliné, conjugué ou substantivé. Vous n’en trouverez point. C’est le mot magique qui remet le monde « en passage » à un moment de suspension entre ce qui n’est plus et ce qui n’est pas encore.

L’une des singularités et des richesses des périodes de transition est en effet de favoriser, à partir d’une « brisure », ce double regard entre ce qui est connu et familier, qu’il soit aimé ou honni, et ce qui reste à découvrir, qu’ il soit porteur d’espoir ou de crainte. Faute d’avoir pu ou su intégrer, au moins en partie, ceux des mythes fondateurs qui structurent toute société, pour en faire l’agent de leur propre transformation, de nombreuses sociétés se sont exposées à des guerres séculaires entre Anciens et Nouveaux, entre ceux qui s’agrippent frileusement et jalousement à leur Passé Matriciel, magnifié, mythifié et manipulé, et ceux qui ont cru pouvoir lui tourner résolument le dos, au nom de nouveaux mythes, de la modernité et du progrès, portes d’entrée des terres promises.

Dans son Tercer Informe, le Président Carlos Salinas De Gortari inscrit le projet pour l’avenir qu’il propose à la nation dans cette symbolique du Passage. Continuer d’être soi et changer pour devenir, tel est le grand dessein de son « Nouveau Nationalisme ». Il n’est question ni de renier les principes fondateurs de la nation, ni de les aduler comme un veau d’or, mais plutôt d’intégrer les racines, – elles ne sont d’ailleurs « ni permanentes, ni immuables, et prennent corps à toutes les étapes historiques » – afin de créer du nouveau. C’est par essence l’enjeu du pouvoir et du politique que d’aspirer à incarner un ordre nouveau, et de faire battre à l’unisson le cœur de la nation , c’est aussi la source de ses perversions lorsqu’il prétend prendre la place du tout et d’abord de l’origine. Le président se pose comme le  » Passeur  » dans cette traversée initiatique du désert, il y indique au peuple que la modernisation économique n’est pas le but de sa marche, et que son sacrifice a pour autel la permanence de la Nation, unique et unie, mais ouverte au multiple auquel le monde moderne la convie. Intuition politique qui marque aussi sans doute la volonté du président de ne pas laisser à d’autres le loisir d’occuper et de manipuler l’espace du mythe identitaire collectif, secoué par les transformations internes et menacé par les ouvertures à l’extérieur, notamment le Traité de Libre Commerce avec les Etats-Unis et le Canada.

Enfant du parti révolutionnaire institutionnel, il remet sur le métier la Constitution et met en marche des réformes touchant des intouchables, il en sape la base sociale (syndicats; paysans), secoue enseignants et intellectuels, et renoue avec ses « ennemis » d’hier (églises), il entame le processus de séparation d’avec ceux qui fondent encore sa place et sa fonction, et promet une nouvelle répartition démocratique des pouvoirs, c’est-à-dire une place à l’Autre, à d’autres, à de nouveaux intercesseurs. Certes l’intention est louable, on se prend à l’espérer honnête et authentique , elle présuppose le même niveau d’intelligence des choses de la part de plusieurs, de nouveaux partages de responsabilité et de nouveaux consensus, dès lors qu’en sont bannies la régression et l’exclusion.Voilà pour les discours, parés de leurs plus beaux atours et de leur toge démocratique, reste l’épreuve des faits.

Nous vous invitons dans ce numéro 137 à cheminer avec nous sur les sentiers de ces « Nouvelles Transitions ». Pour commencer d’en explorer quelques uns, nous avons composé ce dossier, ouvert dans sa première partie à l’Amérique Latine et consacré au Mexique dans un deuxième temps. Aux sujets situés au cœur de ces débats (la réforme agraire, la relation Etat-Eglise, l’éducation ), l’Ordinaire a fait place depuis toujours. En consultant votre collection, vous trouverez des éléments propres à éclairer la teneur des changements et la nouveauté des visions.

Roberto Santana et Perla Cohen proposent avec « Las Nuevas Transiciones: Sociedad, Espacio y Cultura en América Latina »   un programme de recherche comparée (Chili, Mexique, Costa-Rica notamment ) sur la nature, la portée et le sens des transitions à l’oeuvre, tant en termes de nouveaux modes de développement qu’en termes de production de nouvelles règles du jeu social et politique et de pratiques culturelles.

Dans l’essai sur « Las izquierdas en su laberinto » (Nuestra América), Jorge Castaneda évalue la transformation des Gauches en Amérique Latine et leurs possibilités de devenir des facteurs positifs de développement. Dès lors que l’idée de révolution est devenue réversible au Nicaragua, (le peuple l’a renversée, la crise de la révolution n’est le fait ni de la disparition des causes au nom desquelles on la croyait inévitable, ni du manque de désir de la faire, mais du fait de ses conséquences apparues comme indésirables) la gauche latino-américaine, libérée de ses « stigmates » et de ses chaînes idéologiques, peut en se transformant conquérir une nouvelle place et sa légitimité démocratique.

Nous avons composé le dossier sur le Mexique à partir de documents officiels (Extraits du Tercer Informe; de la réforme de l’article 27 de la Constitution sur le Campo mexicano), d’articles de presse relatifs à l’Eglise (Jean Meyer), la Réforme Agraire, de textes d’analyses (« Nouveau Nationalisme ») et de dossier thématique (Education). Nous ne pouvons terminer cette présentation sans remercier Claude Bataillon pour les pièces versées à ce dossier et Roberto Santana pour les précieuses séances de « remue-méninges ».

Dans son article « De Cárdenas à Salinas, dos proyectos de Nación » (Vuelta), Jorge Fernandez Menendez souligne la similitude des thèmes clés compris dans les programmes de Càrdenas et de Salinas afin de dégager le sens du changement proposé par ce dernier et d’en évaluer les possibilités de mise en application.

Dans cet article inédit, « Nouveau Nationalisme: Pont entre la Tradition et la Modernité », Isabelle Rousseau interroge le Tercer Informe afin de saisir le sens donné par le président Salinas de Gortari au nouveau nationalisme et à son articulation avec la modernisation économique.

Sylvie Didou consacre un dossier de presse au système d’éducation supérieure au Mexique, à sa réforme et aux réactions qu’elle suscite. Tels sont donc les éléments de ce dossier sur les transitions et les mutations en cours auMexique. Il n’a pas prétention à l’exhaustivité, nous n’y avons abordé ni la réformeéconomique, ni la réforme politique. Mais tous les sujets abordés participent du gigantesque chantier des réformes engagées. Nous ne manquerons pas d’y revenir dans nos prochaines éditions.

10 Février 1992

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 138, Mars- Avril 1992

 

Introducción, selección y composición Perla Cohen

AIgunos aspectos de una polémica : VUELTA •COLOQUIO

Cultura, Modernidad y democracia

*La situación mundial y la democracia (CARLOS FUENTES)

*La Imaginación al poder (FERNANDO DEL PASO)

*Cultura, Tradición y Modernidad (CARLOS MONSIVAIS)

*La Democracia y los paises del Sur (PABLO GONZALEZ CASANOVA)

*Cambio mundial y democracia en Mexico (HECTOR AGUILAR CAMIN)

Relaciones Norte-Sur y Nuevo OrdénMundial

*La crisis de los E-U y el T.L.C. (ABRAHAM LOWENTHAL)

*Interdependencia Mexico- E-U (JORGE CASTANEDA)

*Modernización y democracia (HELIO JAGUARIBE)

* »Neoliberalismo no quiere decir desarrollo » (DAVID IBARRA)

*Allocución de clausura (VICTOR FLORES OLEA)

Investigación y presentación de  » Bonnes Feuilles  »

La Cultura en MEXICO (1950-1972 )-Kristin Vanden Berghe

Le Tiangui du Chopo à Mexico (Lallement Emmanuell)

Usages et Images du centre historique à Mexico (Jérôme Monnet)

Editorial N°138

EL COLOQUIO DE INVIERNO : TEXTES ET CONTEXTES .

Perla Cohen

A l’initiative du Conseil National pour la Culture et les Arts, de l’Université nationale Autonome de Mexico, et de la revue NEXOS, s’est tenu à Mexico les 10 – 251 1992 un colloque international, sous le nom de  » El Coloquio de Invieno » au thème : « Los Cambios de Nuestro Tiempo : la situación intenacional, America Latina y Mexico. » Etait-il nécessaire de consacrer un dossier entier à ce colloque, alors que l’usage aurait été d’en faire un compte – rendu, en attendant sagement la publication des Actes ?

La Presse mexicaine, qui a déjà publié de nombreux textes dans leur intégralité, a donné à ce colloque le statut d’un événement et une couverture en conséquence durant deux semaines. Par delà l’importance d’une rencontre d’intellectuels de haut rang , pourquoi traiter une rencontre académique comme un événement politique ? La solemnité du nom : « El Coloquio de invieno », ou El Coloquio tout court, l’actualité et l’ambitition des thèmes, la présence de plus d’une centaine de spécialistes en sciences sociales et humaines, le statut des organisateurs, et les enjeux idéologico-politiques ont donné à cette rencontre le statut d’un événement politico-culturel que la presse a traité avec révérence. S’agissait-il de convoquer des Assises en vue de défricher de nouvelles terres pour la Réforme annoncée de l’Education Nationale (voir OM 137), de déboucher sur un nouveau « Programme de Gotha », ou de prolonger cet autre colloque que VUELTA organisait en Eté 1990 à Mexico, sur le thème « La experiencia de la Libertad » ? Faut-il y voir alors l’expression de querelles idéologiques entre ceux qui seraient perçus comme des Libéraux, et qui ont fait de la démocratie leur cheval de bataille depuis de si longues années, et ceux, la Gauche d’hier, que d’aucuns traitent de conservateurs, qui tentent de reprendre leurs marques idéologiques pour sortir de leur « labyrinthe » et définir une social démocratie à la Mexicaine et pour l’Amérique Latine ?

Le nom prestigieux des Présents, et des Absents aussi d’ailleurs, la thématique du colloque, et la sensibilité générale des discours ne laissent subsister aucun doutes sur l’insupportable légèreté de cette rumeur tenace qui a circulé comme un nuage de poussière, depuis les décombres du Mur de Berlin, jusqu’aux plus Hauts Lieu de la Pensée, annonçant la Mort des Idéologies.

Un instant, quelques uns ont fait mine de croire qu’il s’agissait bien là de la fin du règne de toutes les Idéologies , et des guillemets encadraient pudiquement toutes sortes de relations « désidéologisées ». Non point, rassurons nous, la bataille continue ! D’abord les « morts » n’ont pas dit leur dernier mot, ensuite aucun dieu n’est jamais mort sans que de nouveaux dieux, (demi dieu ou quart de dieu) n’aient immédiatement, sinon préalablement, occupé la place déclarée vacante, enfin parce que les troupes continuent de se battre pour réhabiliter la mémoire de leurs défunts et démasquer les nouveaux imposteurs. Car, en l’occurrence, la dite mort des idéologies implique qu’il en survive une au moins, horreur du vide oblige. (…). C’est à ces réflexions et à cette recherche, que se sont livrées d’ éminentes personnalités du Gotha intellectuel mexicain, en présence de nombreuses personnalités latino-américaines, américaines et européennes . L’absence polémique de non moins éminentes personnalités, notamment Octavio Paz et l’Equipe de Vuelta a donné lieu a de nombreuses réactions dont Proceso et La Jornada ont amplement rendu compte(…).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 139, Mai- Juin 1992

Amérique Centrale: « la Fin de l’Etat de Guerre »

Editorial (Perla Cohen)

Espoirs et Echecs des guérillas en Amérique Centrale et dans le pourtour Caraibe (Pierre Vayssière)

DOSSIER ; Conception et réalisation : P C.

Mirages et virages en Amérique centrale (Perla Cohen)

El llanto y la Risa (Régis Debray)

CUBA en el umbral de una revolución en la revolución (Entrevista de Lisandro Otero con Proceso)

El desarrollo, un negocio? (Trish O’Kane)

Efectos del Ajuste estructural en el Agro Costarricense (Isabel Roman)

Nicaragua: Buenos, Malos y corruptos (Irène Selser)

El Salvador: vuelve la lucha por la tierra (Daniel Flakoll Alegrîa)

Honduras: Reforma de las Fuerzas Armadas

Guatemala: derechos humanos

Columna bibliogràfica (Claude Bataillon)

Extrait de thèse: les Rapports présidentiels au Mexique (Elsa Carrillo-Bloin)

EDITORIAL N° 139

Amérique Centrale : La Fin de « l’Etat de guerre ».

Perla Cohen

Depuis le milieu des années 1980, L’Ordinaire du Mexique-Amérique centrale a consacré de nombreux dossiers aux problèmes d’Amérique Centrale, à partir de thèmes et orientations de recherche des membres de l’axe Amérique Centrale du Gral.

Parallèlement à la mise en lumière des processus de militarisation et de polarisation des conflits dont la contagion n’avait épargné aucun pays, l’Ordinaire s’était notamment penché dès 1984-1985, sur les démarches de pacification, internes à la région (Contadora), externes (Europe), ou issues des pays du conflit (Esquipulas), en essayant d’en dégager les logiques qui présidaient à lavision de cette paix.

Il était donc naturel de poursuivre ce travail d’information alors que se précisent les changements dont le rythme s’accélère, et de consacrer ce dossier à la mise en évidence de quelques uns des processus en voie d’achèvement ou en cours.

Pierre Vayssière remonte dans le passé des guérillas en Amérique Centrale et dans le pourtour Caraïbe afin de dresser un premier bilan des luttes révolutionnaires. Pour l’auteur, un constat dramatique s’impose: si l’histoire de chaque guérilla est spécifique, presque toutes ont connu une fin tragique.

Avec « Mirages et Virages en Amérique Centrale », Perla Cohen tente brièvement de faire le point sur les processus en cours afin de dégager quelques interrogations relatives aux orientations suivies par les pays de la région et par la région . L’Amérique centrale serait-elle engagée, au sortir de  » l’Etat de Guerre » (A. Joxe) sur la voie de l’Etat-Nation, maintenant que se forgent de nouvelles conceptions de la sécurité ?

Le Dossier que nous vous proposons éclaire quelques aspects de ces processus, tant au niveau des logiques de la paix qu’au niveau des transformations qui nécessairement l’accompagnent. L’article sur le Costa-Rica d’Isabelle Roman, (Polémica N° 16 de Janvier- Avril 1992), fait le point sur les effets de l’ajuste sur l’agriculture et ses impacts institutionnels et organisationnels.I rène Selser, dans « Nicaragua, Buenos, Malos Y Corruptos, (Plural N° 248 de Mai 1992), dresse un bilan sans complaisance des querelles internes des sandinistes et de la coupure qui s’est opérée entre ces derniers et la population, qui hier encore, plaçait en eux espoirs et confiance. Les articles et les informations brèves que nous avons sélectionnés portent sur les transformation en cours dans les armées des pays comme le Salvador, Le Nicaragua ou Le Honduras, engagés dans une voie résolument opposée à celle des années 80. Des informations brèves recueillies dans plusieurs revues permettront au lecteur de percevoir la multiplicité des problèmes cruciaux qui seposent encore, le dossier des Droits de L’Homme au Guatemala étant l’un des plus douloureux et des plus symptomatiques de la persistance de la violence.

25 Juin 1992

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 140- 141, Juillet- Octobre 1992

DOSSIER CHILI : D’un cycle à l’autre : modèle et idéologie

Editorial (Claude BATAILLON, Perla COHEN)

DOSSIER CHILI : Introduction, Sélection et Compilation Roberto SANTANA

D’un cycle à l’autre : modèle et idéologie (Roberto SANTANA)

Panorama Electoral

Regards croisés sur le modèle économique

Entreprises et Entrepreneurs modernes

L’Enjeu du Consensus

La restructuration économique et son Prix : Le Charbon

Livres et Publications

MEXIQUE : ACTUALITE POLITIQUE

De la « nouvelle démocratie »: Regards et points de vue; Synthèse et présentation de textes (Perla COHEN)

Chihuahua y Michoacàn (Jorge FERNANDEZ MENENDÉZ)

La nouvelle démocratie (Luis RUBIO)

« La disputa por la Historia » Extraits

EL PRONASOL: nueva hegemonia politica ? (José Luis PINEYRO)

NOUVELLES / CUENTOS présentés par Claude BATAILLON

TRAGAFUEGOS de Francisco GUZMÂN

UN MINGITORIO DE ORO de Daniel GARCÎA

RELATO CON JACARANDA de Guillermo SAMPERIO

EL PABELLÔN DE LA LÏMPIDA SOLEDAD, Adolfo CASTANON

CAMINITO DEL DESASTRE de Guillerino SHERIDAN

CANCIÔN DE AMOR de Alejandro AURA

TRAVELOGUE de Jorge IBARGUENGOITIA

GUERRA EN EL PARAISO de Carlos MONTEMAYOR

CONTRA EL NACIONALISMO de Antonio ALATORRE

EDITORIAL N°140-141

Voici presque quatre ans, dans le numéro 118 de Novembre-Décembre 1988, l’Ordinaire du Mexicaniste devenait l’Ordinaire du Mexique-Amérique Centrale. Le nom changeait ainsi par ouverture et sans exclusion. Ce changement de nom, nous vous l’avions expliqué alors, ne faisait qu’entériner un état de fait : à plusieurs reprises déjà, nous avions traité d’affaires d’Amérique Centrale. Il se justifiait d’une part, par l’extraordinaire investissement du Mexique dans les affaires centraméricaines, de l’autre par l’intérêt que des chercheurs du Gral portaient aux problèmes d’Amérique Centrale depuis le début des années 80. Or ce centre de recherche est un support important pour notre publication.

Aujourd’hui nous faisons le nouvelle ouverture de « l’Ordinaire » vers d’autres pays d’Amérique Latine. L’ouverture pari d’une est dans l’air du temps, plusieurs pays font la une de la presse aussi souvent que le Mexique. Nombre d’entre eux sont engagés dans des mutations et des interconnections accrues comme moyen de répondre aux nouvelles exigences de l’internationalisation des rapports.

L’équipe de rédaction de l’Ordinaire a préparé de longue date cette nouvelle ouverture qui s’explique, outre les raisons évoquées ci-dessus, par le besoin chez nos lecteurs, de dossiers ciblés sur un pays, ou sur un thème important traité pour plusieurs pays latino-américains en même temps. Comme d’autres publications ne fournissent guère de tels dossiers, il est important d’y rester fidèles en élargissant notre champ. C’est  en effet un genre éditorial peu fréquent et que l’Ordinaire pratique depuis toujours. Nous en avons peu à peu affiné et affirmé la pratique, et pour divers pays, nous disposons au sein du Gral-Ipealt à la fois du savoir-faire et des outils d’information nécessaires, en termes de bibliographie, de presse, de matériaux divers. L’ouverture que nous vous proposons répond aussi à ce besoin d’ouvrir de nouveaux dossiers, d’élargir et de diversifier.

Avec ce numéro 140, c’est au Chili que nous conduit notre première étape. Le dossier « D’un cycle à l’autre : modèle et idéologie » que nous propose Roberto Santana nous permet sans peine ni artifices d’assurer cette transition.

Dans nos prochaines éditions, nous vous proposerons d’autres dossiers, ils ne porteront pas nécessairement sur un pays comme nous l’avons fait ici, mais pourront porter sur des thèmes concernant plusieurs pays, comme les Pactes et la « Réconciliation Nationale », les processus démocratiques et d’intégration en cours, les dispositifs de « L’Etat Solidaire », les nouveaux discours et pratiques politiques…un regard donc sur ce qui se construit, mais aussi sur les déchirures, les failles et les lacunes. La situation actuelle exige des changements dans notre façon d’aborder les problèmes, dans la définition de nos champs de réflexion et d’information, c’est donc pour répondre à de nouvelles réalités et pour prendre en compte les changements en cours que l’Ordinaire s’ouvre progressivement. Il demeure un instrument d’information sur le temps présent, soucieux de préserver ce double regard qui permet de mettre le doigt sur les convergences sans craindre de nommer les divergences et les contradictions, de repérer des problèmes et tendances de l’heure nous permettant de saisir les aspects significatifs de la vie socio-culturelle, économique et politique des pays qui nous concernent.

Claude Bataillon , Perla Cohen

29 Septembre 1992

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 142, Novembre- Décembre 1992

THESES et MEMOIRES sur MEXIQUE et AMERIQUE CENTRALE

Introduction

Mexique

Archéologie

Histoire

Ethnohistoire

Géographie

Politique

Economie gestion

Ethnologie

Problèmes sociaux

Education et média

Langues, littératures,arts

Amérique centrale

Généralités

Politique

Economie-gestion

Langues et littératures

Costa Rica

El Salvador

Guatemala

Honduras

Nicaragua

9Panama

Index des Auteurs

Editorial N°142

Cette bibliographie vient à point, à un tournant de notre bulletin. Elle couvre cinq ans de production universitaire (1985-89), débutant à peu près avec l’étape toulousaine de l’Ordinaire. Elle correspond à un nouveau moment dans nos capacités techniques: après le traitement de texte, sans cesse amélioré, la saisie de textes au scanner (notre dernière livraison, N° 140-141). Maintenant un document issu d’un CDROM: celui qui contient le demi-million de références 1985-89 des bases de données Francis (sciences humaines- sciences sociales) de l’INIST (Institut National de l’Informatique Scientifique et Technique) du CNRS. Ce CDROM récemment acquis pour la Maison de la recherche (en construction…) de l’Université de Toulouse le Mirail contient (entre autres) les 6767 références de la base de données Amérique Latine, gérée par le Réseau Amérique Latine du CNRS. Michèle Bincaz en a extrait par mots-clé les données bibliographiques concernant les thèses et mémoires sur l’Amérique Centrale et le Mexique. Il ne restait plus qu’à assurer le traitement graphique adéquat par transfert sur logiciel Word de Macintosh.

Une bibliographie est d’abord outil de recherche: « quelle thèse a soutenu Madame X…, en quelle année, sur quel sujet, devant qui? »… ou bien: « sur tel pays, tel thème, etc., combien de thèses? » Pour répondre à ces questions il est essentiel d’avoir accès aux documents eux-mêmes, puisqu’il s’agit ici de « littérature grise », non publiée: nous disposons de la localisation, mais il faut se rappeler aussi que l’IPEALT à Toulouse possède en microfiches 125 titres sur le Mexique et l’Amérique centrale (sur un stock total de 283 thèses microfichées par l’IPEALT), et que, pour les années postérieures à 1985, les thèses françaises sont systématiquement microfichées par l’Atelier National de Reproduction de l’Université de Lille. Ce moyen nouveau de diffusion correspond approximativement dans le système français à la mise en place de la thèse d’université (c’est à dire que, autonomie oblige, les thèses sont soutenues sous la responsabilité de chaque université), qui remplace d’une part les thèses d’Etat (on n’inscrit plus de nouveaux candidats mais on laisse se poursuivre les travaux en cours, ad libitum et sans limite de temps), d’autre part les thèses de 3eme cycle (les dernières ont été soutenues vers 1988), dont le « contrôle de qualité » a pu être moins rigoureux que pour les « nouvelles » thèses d’université.

Mais une bibliographie permet aussi des comparaisons utiles à la réflexion épistémologique: entre époques, entre thèmes, entre pays et groupes de pays: Notre corpus de 273 thèses et mémoires peut être comparé à celui de la période 1980-84 [voir Thèses sur l’Amérique Latine soutenues en France, 1980- 1984, répertoire bibliographique en sciences sociales et sciences humaines, CNRS, GRECO 26- Réseau documentaire Amérique Latine, 1987, 540 p., en particulier les préfaces pages VII- XIII de J. Meyer et de C. Bataillon]. Ces deux corpus sont presque de même taille, avec 253 références pour la première période. Les changements qualitatifs, s’ils ne sont pas dus aux hasards de classification, s’expliquent assez bien.

Les « pertes » concernent pour le Mexique les rubriques géographie, économie, gestion, éducation: des domaines pour lesquels le flux des boursiers mexicains s’est réduit, faute de bourses en provenance de la France ou du Mexique, alors que dans ce pays s’organisaient de nombreux doctorats. Il s’agit donc des effets (avec trois ou quatre ans de retard) du retournement de conjoncture depuis le « boom pétrolier » qui se termine en 1982. Une montée notable des titres en histoire, ethnohistoire, littérature, correspond sans doute à plus de doctorants français, convaincus par des professeurs de diverses universités françaises dans leur choix de doctorat. Pour l’Amérique centrale, les boursiers venant de pays qui furent prospères, mais le sont beaucoup moins, se raréfient (Costa Rica, Panama) alors que les études sur les pays « à crise » (El Savador, Nicaragua) se multiplient, soit grâce à des étudiants réfugiés de ces pays, soit grâce à  des français intéressés par des pays que l’on a cessé d’ignorer pour leur donner le devant de la scène.

Notons que cette distinction de l’origine des doctorants (fondée sur les patronymes dans notre information…) n’a rien d’absolue: de nombreux français héritiers de patronymes espagnols présentent des thèses sur ces pays, exploitant leur éventuelle connaissance de la langue et attirés par la communauté de civilisation hispano-américaine.

A ces comparaisons dans le temps, ajoutons-en d’autres dans l’espace, entre pays: le flux des doctorants brésilianistes [voir Cahiers du Brésil contemporain, 13/14, 1991, Thèses 1985- 1989, Maison des Sciences de l’homme, Paris], connaît, dans son contenu, une évolution comparable à celui des étudiants mexicanistes: plus d’histoire et d’ethnologie, moins de géographie, d’économie et de gestion, sans doute avec la même interprétation que ci-dessus. Mais c’est, en regard de la stabilité du champs Mexique- Amérique centrale, la baisse du nombre de thèses sur le Brésil qui est à remarquer: on y passe de 217 titres en 1980-84 à 125 en 1985-89. Même phénomène d’ailleurs sur le Venezuela, où la baisse est plus tardive. On peut étendre la comparaison à l’ensemble des pays en développement sur le thème particulier de l’urbain [Les thèses françaises sur les villes des pays en développement, 1980-1990, François Leimdorfer et Laurent Vidai, Pratiques urbaines 10, Groupement de recherche INTERURBA, Paris, 1992, 159 p.], en remarquant qu’ici le flux principal des doctorants provient du Maghreb, mais que la place de l’Amérique Latine est peu inférieure à celle de l’Afrique au sud du Sahara, loin devant l’Asie, et qu’au sein de l’Amérique Latine, Brésil, Venezuela et Mexique arrivent largement en tête.

Dernière comparaison: entre pays européens producteurs de thèses sur l’Amérique Latine. REDIAL (Red Europea de Información y Documentación sobre America Latina) a sous presse  un Repertorio de tesis doctorales europeas sobre America Latina [entre 1979 et 1989] où ne manque que l’Italie et le Portugal parmi les pays d’Europe Occidentale. 3000 titres ont été recensés sur 10 ans et la France représente la moitié du total: ce poids très élevé est du à une tradition, à des efforts des pouvoirs publics français pour financer certaines recherches (de la part de français ou de nationaux latino-américains),… mais aussi sans doute à une capacité de bien délimiter un champs, l’aire culturelle latino-américaine, grâce au Réseau Amérique Latine cité au début de cette introduction. Un quart de la production concerne à parts égales l’Allemagne et l’Espagne. Le dernier quart reste pour Royaume Uni, Autriche, Belgique, Pays Bas. Par rapport au corpus français, l’ensemble européen donne une place plus forte au Brésil, à l’Equateur, au Pérou, au Chili et à la Colombie, c’est-à-dire moins pour le Mexique et l’Amérique Centrale que dans la présente bibliographie.

Nous connaissons maintenant notre outil, le CDROM: nous en exploiterons assurément d’autres facettes en d’autres occasions dans l’Ordinaire.

Claude Bataillon

Usage pratique du présent  catalogue : Ce catalogue contient des thèses et des mémoires d’origines variées (mémoires de DEA principalement): c’est donc un ensemble francophone plus vaste et moins ciblé que ceux auxquels il est comparé ci-dessus. Les notices comportent le plus souvent un résumé; les mots-clés sont en français, anglais et espagnol. Chaque document peut être consulté ou obtenu en copie dans la bibliothèque indiquée en abrégé (voir ci dessous la liste de ces bibliothèques ou centres de documentation). Un index des auteurs est placé à la fin du volume. Certains documents apparaissent plusieurs fois, parce qu’ils concernent plusieurs pays ou ensembles de pays, ou parfois plusieurs thèmes.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 143, Janvier- Février 1993

Editorial (Claude BATAILLON)

ARTICLES

Le Mexique de « Quetzacoatl à Pepsicoatl » (Jean Etienne DASSO)

Les déchets de Mexico (Valéry BRUNEL)

L’Univers des Conquistadores dans la conquête de la Nouvelle Espagne- Présentation de thèse (Bernard GRUNBERG)

Las Cosas escritas en Nueva Espana (Kristine VANDEN BERGHE)

Les Institeurs bilingues dans les Communautés indigènes (Veronika KUGEL)

Los Retos de la consolidación modernizadora (Isabelle ROUSSEAU)

DOCUMENT

Extraits du Cuarto Informe de Carlos Salinas de Gortari

Editorial N°143

Après un gros volume de bibliographie de thèses dans notre dernière livraison, nous vous proposons ici trois thèmes mexicains, textes originaux, rapports inédits, extraits de mémoires, documents de presse.

Un premier thème est abordé, une fois de plus celui des problèmes urbains de la Ville de Mexico, aux deux extrêmes des besoins de la vie métropolitaine: l’alimentation et le traitement des déchets, deux activités sensibles… quand elles fonctionnent mal, vite oubliées autrement.

L’année 1992 ayant été peuplée de célébrations et de contestations à propos du 5 ème centenaire (de quoi? vous le savez bien…), nous avons retrouvé sur ce thème un texte déjà ancien sur un problème fondamental d’identité indigène, à propos des instituteurs bilingues en pays otomi, et une analyse critique des célébrations – en attendant en octobre 1993 le colloque à ce sujet organisé par l’IPEALT à l’Université de Toulouse le Mirail.

Enfin le dernier Informe présidentiel mexicain et son analyse nous occupe à nouveau, parce que les grands thèmes de la politique mexicaine changent vite, très vite.

Selon nos promesses nous préparons pour l’année 1993 plusieurs dossiers, et c’est bien sous cette forme regroupée que l’Ordinaire souhaite rendre compte de l’actualité, tant socio-politique et économique, que scientifique et artistique. Comme lors du Numéro double de juillet-octobre 1992 qui abordait le Chili, nous allons encore aborder des pays qui nous sont moins coutumiers que le Mexique et l’Amérique Centrale: le Paraguay et le Venezuela, pour lesquels plusieurs membres de notre Comité éditorial disposent d’information. Ici encore nous exploiterons les matériaux bibliographiques qui sont à la portée de notre main.

Claude Bataillon

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 144, Mars- Avril 1993

DOSSIER PARAGUAY

Editorial et présentation bibliographique :Claude BATAILLON et Claude CASTRO

ACTUALITE LITTERAIRE : Introduction et compilation : Claude CASTRO

La cancion andariega (Jacobo A. RAUSKIN)

BajoOtroCielo (Victor CASARTELLI)

Angola y otros cuentos (Helio VERA)

Némesis (Chiquita BARRETO)

Todas las voces (Delfina ACOSTA)

Ronda en las Olas (Milia GAYOSO)

La poesia de los 60 « Suplemento Cultural »

Columna bibliográfica : Claude BATAILLON

BONNES FEUILLES : Continuité et changement  dans la composition de la Classe Ouvrière à Puebla (ROSALINA ESTRADA URROZ)

EL RINCóN DEL CURIOSO LECTOR (Claire PAILLER)

EDITORIAL N° 144

L’essentiel du numéro 144 de l’Ordinaire est consacré au Paraguay, comme il était  annoncé lors de notre précédente livraison.

Faut-il expliquer à nos lecteurs ce qu’est ce pays? Sans doute, car bien peu d’Etats latino-  américains sont à ce point ignorés par la communauté internationale. Pays qui par sa taille (406  000 km2), sa population (3 300 000 hab.?) ou son produit par tête (800 dollars US par tête),  s’apparente à un état fédéré de l’intérieur du Brésil, le Paraguay est en même temps un être historique particulièrement ancien, particulièrement identifié et particulièrement conflictuel en  Amérique du Sud.

Seul pays latino-américain où le bilinguisme (espagnol/ guarani) traverse toute la société de bas en haut (on ne trouve l’équivalent que dans le Yucatán maya mexicain… ), la mémoire du  Paraguay tourne autour du prestigieux passé de la théocratie jésuite, puis de la dramatique  histoire d’un pays qui se ferme pour exister avec G. Rodríguez de Francia.

Le coût social de cette fermeture est actuellement réévalué, comme celui des deux guerres où cet Etat a été fortement menacé, en 1865-70 puis en 1932-35. On a du mal à se souvenir qu’au  milieu du XIXe siècle, le Brésil et l’Argentine existaient si peu en tant qu’Etats, en tant que  forces militaires centralisées, qu’effectivement le Paraguay militarisé et autoritaire mit en péril ces deux futures puissances continentales. On mesure mal à quel point toute la pensée des intellectuels paraguayens reprend sans trêve tout ce passé dramatique, vécu par des générations  d’entre eux dans un exil sans cesse renouvelé. La fin de la dictature de Stroessner en 1989 a permis l’explosion vers l’extérieur de ce qui implosait depuis si longtemps.

Ce Paraguay, nous allons le voir, apparaît plus sur la scène internationale dans ses rapports  avec ses voisins qu’en lui même. D’un poids « provincial » par rapport au Brésil et à l’Argentine,  il importe à travers ce que ces voisins en disent, y font, proposent ou refusent. De nos jours, l’isolement, l’enclavement qui lui permirent de survivre, sont remplacés par des liens protéiformes, peu tendus et profondément ambigus avec ceux-ci. Longtemps dépendant du  fleuve et de ses débouchés vers Buenos Aires, il joue, depuis avant Itaïpu, principalement avec le Brésil. Ce n’est en somme que dans ce contexte régional, bien avant le cadre international, que le Paraguay peut s’ouvrir à la démocratie quand ses voisins y accèdent, peut envisager (et  le doit…) un rôle économique nouveau quand ses voisins ouvrent leurs frontières (comment  rester une plate forme de la contrebande quand les barrières douanières s’effondrent ? (voir  « Paraguay paradisio », (Le Monde du 27-12-1990). Bien peu d’informations fiables sont  disponibles sur la place possible de ce pays dans le Mercosur, mais cette place existera de toute  manière.

L’instauration d’un régime démocratique est à l’ordre du jour dans ce pays où tout doit être  inventé en la matière. Depuis le « coup d’état » d’Andrés Rodriguez en 1989 qui a dégagé un  parti Colorado de l’impasse Stroessner, ce Parti- Etat en symbiose avec l’armée se cherche  tandis que d’autres groupes se mettent en place. L’élection d’une assemblée constituante a été  suivie en 1992 d’une intense ébullition politique, qui inclut même un principe de « non réélection » du président Rodriguez (juin 1992). C’est maintenant (mai 1993) que l’élection présidentielle se produit (voir Le Monde: « Le processus démocratique… », 5-12-1992).

Pourquoi notre intérêt actuel pour le Paraguay? Ici nous tombons dans des déterminations légères et personnelles: deux « argentins » parmi nous ont été saisis par une passion paraguayenne: dès les années 1960, à l’occasion d’un voyage présidentiel gaullien au Paraguay,  Romain Gaignard s’est doté d’une forte culture praguayenne, quand à peu près aucun géographe français ne fréquentait ce pays, et Jean Andreu découvrait comment s’articulent de façon si particulière dans ce pays la culture et l’histoire. A. Roa Bastos, exilé, venait enseigner à Toulouse Le Mirail une décennie plus tard . Bien des prudences étaient nécessaires à cette époque aux chercheurs, étrangers ou plus encore nationaux. C’est sur ces pistes que des néophytes les ont suivis et ont réuni le dossier ci-dessous.

Notre dossier doit bien commencer par un état des lieux. Celui-ci prouve le peu d’information dont nous disposons. Rendons grâce à notre confrère en reprint, la revue espagnole Síntesis   qui a consacré à ce pays son N° 10 (1990). On y trouve un ensemble cohérent de textes qui   couvrent la culture, la politique intérieure et extérieure, l’économie et ses implications agraire et syndicale. Les grands noms du Paraguay y figurent, A. Roa Bastos, D. Rivarola, J. C   Rodriguez, R. Fogel, P. Herken Krauer, et tant d’autres. Nous avons révisé, à titre d’échantillon, deux sources de la presse européenne: en trois ans   (1990-92), Le Monde publie moins de deux articles annuellement sur le Paraguay. Hispanidad oblige, El País en publie quelque 25 en 1990, mais les courtes notes de relations diplomatiques en font plus de la moitié. A titre de comparaison, l’Uruguay a droit à 33 articles, le Honduras à 42, la Bolivie à 60 la même année dans ce journal…

Le lecteur de l’Ordinaire est habitué sans doute à la très forte armature documentaire qui couvre Le Mexique, mais aussi une Amérique Centrale médiatisée depuis les années 1980, ou un Chili   (OMAC N 140-141. p. 2-69) doué de fortes institutions (presse, universités, lieux d’expertise…). Le Paraguay n’a pas de poids spécifique comparable. Un premier outil   international nous permet de le comprendre. Adressons nous au Repertorio de tesis europeas   sobre America Latina 1980- 90, Redial : Quinto centenario, Adelaida Roman edit. CINDOC/   CSIC, 1992, 429 p. Sur quelques 3000 titres répertoriés, 500 sont consacrés au Mexique,   autant au Brésil et la moitié à l’ensemble centre-américain. A une autre échelle, seuls trois pays centre-américains et la plupart des Antilles ont un poids bibliographique inférieur au Paraguay pour lequel on dispose de 24 titres.

Comment se répartissent en Europe les travaux de thèses sur le Paraguay ? A égalité viennent la littérature (8 titres dont 3 sur Roa Bastos), et l’économie, puis, moitié moindre, l’histoire à   égalité avec… le reste, allant de la sociologie à la linguistique en passant par l’éducation. Il   faudrait renforcer notre modeste récolte avec quelques titres sur Itaïpu, classés comme purement brésiliens. Le répertoire nous dit où sont présentées ces thèses, en terme de langue ou de pays (Allemand 3, Anglais 3, Espagnol 4, Hollandais 1, Français 12). et d’institutions (les   Universités qui ont trois titres ou plus sont la Complutense de Madrid, King’s Collège à   Londres, La Sorbonne Nouvelle à Paris et Le Mirail à Toulouse).

Claude Bataillon ; Claude Castro

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 145, Mai- Juin 1993

DOSSIER VENEZUELA:

DOSSIER de PRESSE Introduction et Sélection : Frédérique Langue

Acta Mata Voto: La tentation golpista, rumeurs et subversion

La préparation des élections présidentielles de décembre 1992

Les Affaires et autres sujets à controverse

L’Economie : L’amorce d’un phénomène de paupérisation ?

Politique extérieure: intégration Latino-Américaine

Publications

PRÉSENCE NOIRE AU VENEZUELA: DE « L’INVISIBILITÉ » À LE REVENDICATION (ALAIN CHARIER)

EL RINCÔN DEL CURIOSO LECTOR PROPOSÉ PAR CLAIRE PAILLER

Editorial N°145

La résurgence des vieux démons: le Vénezuéla entre le caudillisme et la dette sociale

Frédérique Langue

Peu après la réélection de Carlos Andrés Pérez à la Présidence de la République (déc. 88),    l’économiste Domingo Maza Zavala déclarait que l’un des choix cruciaux du nouveau gouvernement consisterait à choisir entre une dette financière à caractère international (n’oublions pas que certains pays latino-américains refusèrent à cette même époque de    régler leurs dettes) et la « dette sociale » qu’entraînerait inévitablement le fait de suivre ce qui fut fréquemment perçu comme les diktats du FMI. La suite des événements sembla d’ailleurs lui donner raison: soulèvements populaires de février 1989, succession de tentatives de coups d’Etat, la dernière en date étant celle de novembre 1992. Crise sociale, diminution drastique du niveau de vie dans un pays que l’on appelait il n’y a pas si longtemps de cela la Venezuela saudita, par analogie avec la richesse acquise par l’Arabie Saoudite, inflation, défiance à l’égard de la classe politique et de ses partis, accusés de corruption, concussion de fonctionnaires.

A cette conjoncture affectant somme toute l’ensemble des pays latino-américains -à de rares exceptions comme celle du Mexique- vint s’adjoindre ces derniers mois un ingrédient que l’on croyait définitivement éliminé du panorama politique par ces trente années de démocratie exemplaire, tout du moins dans sa version militaire: le caudillisme. Le rôle de l’armée dans le dernier golpe, l’image charismatique d’un leader (le lieutenant Chávez, dont le portrait circulait sous le manteau dans les rues de Caracas) se rattachant à un mouvement « bolivarien », font ressurgir une vieille tradition que conforte l’absence de décisions dans le domaine économique et social.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 146, Juilllet- Août 1993

DOSSIER EQUATEUR:

La globalisation dans les Andes Equatoriennes – Introduction et Sélection (Roberto SANTANA)

Escenario, morfologfa y sociedad salinera – (Galo RAMÔN coord)

Entrevista del padre Polo: la aventura de Salinas « COMUNIDEC »

Salinas: Au-delà du Chimborazo (Roberto SANTANA)

El desarrollo rural en tiempos de cólera (Carlos A. BENITO)

Publications

DOSSIER: LA LITTÉRATURE DE JEUNESSE EN AMÉRIQUE CENTRALE Introduction et sélection CLAIRE PAILLER

Déclaration : Escritores Hondurenos por la Paz

Mazapàn (EDUARDO BAHR)

Caracol de Cristal (RUBÉN BERRÎOS H)

El Avion de papel (RUBÉN BERRÎOS H)

Niños de pais hondo (RUBÉN BERRÎOS H)

Barbuchín

El Nicaragúense (P.A.CUADRA)

Tío Conejo

Testimonio del puebio indigena de la Réserva Keköldi – Costa-Rica

Limi, Sirpi y Tangni

Editorial N°146-1

GLOBALISATION DANS LES ANDES EQUATORIENNES, LES PAYSANS DE SALINAS ET LES AUTRES.

Roberto SANTANA

Porqué razones montar un dossier en torno a un sujeto local literalmente perdido en el corazón de los Andes ecuatorianos? Porqué no limitarse estrictamente a la presentación de una monografia campesina o rural? 0 bien, porqué no presentar simplemente una crónica biográfica de uno de los actores centrales relatando una experiencia concreta? Los resultados de una encuesta de terreno realizada a fines de 1992 en la micro-région de Salinas nos parecieron tan cargados de significados y de ensenanzas en relación con los grandes desafíos del desarrollo que afronta el Ecuador que nos indujo a ir mas lejos, ir mas lejos que Salinas y que el Chimborazo a la búsqueda de un sentido mas general a una experiencia exitosa de desarrollo localizado.

Ecuador es uno de los países de América Latina que no logra definir un modelo económico de recambio susceptible de superar una crisis económica prolongada y evitar un agravamiento general de la situación social. La voluntad de intensificar las medidas neo- liberales a través de la « Agenda para el Desarrollo », programa de gobiemo (1993-1996) del actual présidente Durán Ballén, puede quedar perfectamente neutralizada por la ausencia tenaz de consensus de la parte de los actores políticos, económicos e intelectuales. Mientras tanto, el modelo económico que en los anos 70 permitió la modemización acelerada del pais no funciona mas, y las escasas proposiciones altemativas que se avanzan parecen poco creibles por su considérable carga de paseismo, de unilateralismo o de irrealismo.

La crisis de los anos 80 trajo consigo la crisis de las organizaciones representativas de los sectores populares ecuatorianos y de las capas médias (sindicales, cooperativas, partidos), provocando asi la ausencia de estos actores en el espacio pùblico. Por eso, no es extrano que el pesimismo y la rutina sean el signo distintivo de una población que se debate entre la inquietud angustiosa del futuro y la urgencia cotidiana por sobrevivir. Solo los movimientos indigenas han escapado a la hécatombe y han ganado puntos importantes en términos políticos. Algunos grupos campesinos salen igualmente adelante senalando que la sociedad dentro de su propia crisis destaca grupos que crean y buscan, que experimentan, que denen éxitos y que senalan caminos. Ejemplo de éstos es, precisamente, Salinas.

El tipo de desarrollo puesto en práctica en Salinas por un campesinado pobre y geográficamente marginado, ha dado respuesta sarisfactoria a cuatro de las mas importantes exigencias a las que deberia responder el desarrollo rural: l.Capacidad de retención de la población en el ámbito rural (en Salinas hay retomo de emigrados); 2. Capacidad de creación de puestos de trabajo directos e indirectos (en Salinas la fuerza de trabajo local es ya insuficiente y se recurre a « afuerenos » para paliar la muldplicidad de la demanda); 3. Creación de nivelés de ingreso adecuados (en Salinas los salaries son superiores al menos en 40 a los salaries minimos pagados en otras regiones del pais); 4. Capacidad para la reiversión local de los excedentes económicos (en la creaciôn de nuevas empresas y en la construcción de viviendas e infrastructuras).

Si a esos éxitos sobre objedvos cruciales de todo desarrollo sumamos los efectos sobre los nivelés de salud, educación y bienestar general, es evidente que estamos en presencia de un caso digno de analizarse comparativamente y en función del gran debate, no solamente ecuatoriano, sobre los nuevos modelos de desarrollo. A propósito de ésto, Salinas aporta efectivamente elementos preciosos sobre los puntos siguientes:

1 Al nuevo desarrollo rural pueden también aspirar los campesinos de recursos modestos, a condición que hagan reconversiones productivas y que fomenten la multiactividad tecnificada en el medio rural. El padre A. Polo. relata como la convergencia de intereses sociales e institucionales. el matrimonio juicioso de la modemidad con la tradición la disciplina y la ética religiosa combinándose con el espiritu comunitario hacen posible la creación de empresas campesinas eficientes y el logro de los objetivos deseados.

2 El nuevo desarrollo rural sera de signo agro-industrial y comercial o no habrá desarrollo. El texto extraido de un trabajo de Galo Ramon y de COMUNIDEC, illustra bien la lógica del esquema seguido en Salinas (diversifición productiya utilizacion de nivelés ecnológicos distintos criterio de prueba-rectificación etc.) analizándolo en una perspectiva histórica y espacial. El análisis de Carlos Benito, en relación con « las perspectivas de desarrollo rural bajo condiciones de globalización y apertura », permite, con la prudencia del caso ver a Salinas reproduciendo de manera muy cercana la imagen que résulta de un modelo macro económico, destinado muy probablemente a reemplazar con exito la concepción anterior del desarrollo rural.

3 La experiencia de Salinas muestra que en la articulación a la economia de mercado no hay automatismos ni rigideces sectoriales, ni escalas empresanales o  espaciales, obligadas o prohibidas, y que su experiencia empresarial comunitaria se situa al nivel de las exigencias de la apertura de los mercados y de la globalización de las economias. El articulo de Roberto Santana desarrolla esta tesis abriendo el análisis a experiencias latinoamericanas recientes alrededor de tres cuestiones: la viabilidad y la no viabilidad agrícola, las implicaciones del mercado para los promotores del desarrollo rural y sus exigencias para la organización empresarial de los campesinos.

Editorial N° 146-2

LA LITTERATURE DE JEUNESSE EN AMERIQUE CENTRALE

Claire Pailler

Leny Wemeck, journaliste Brésilienne, faisait au dernier Salon du Livre de Jeunesse, à Montreuil, une communication remarquée, qui analysait les différentes tendances de l’actuelle production du livre pour enfants en Amérique latine. Tout en soulignant les différences, pour ne pas dire les disparités, qui marquent l’édition dans les « 20 Amériques latines », elle relevait certaines constantes : « Une question se pose à la littérature de jeunesse latino-américaine. Comment sont représentés les enfants dans cette production éditonale, sont-ils de pâles copies des enfants européens ou nord-américains ou bien trouve-t-on des enfants noirs, indiens, métis dans les livres de jeunesse ? La population autochtone est toujours fidèlement représentée dans les livres historiques. De même, les Africains venus travailler comme esclaves dans les mines ou les plantations de canne à sucre sont aussi présents. Qu’en est-il des héros contemporains? L’influence européenne ou nord-américaine serait-elle si forte dans l’imaginaire des illustrateurs quelle effacerait leur vécu quotidien? Bien sûr. Lors qu’il s’agit de thèmes spécifiques comme la pauvreté, la violence, etc., la population concernée s’y trouve bien représentée. Mais pour les thèmes plus ou moins intimistes de la vie quotidienne, il faut presque chercher la présence métisse…

Les petites républiques d’Amérique Centrale reproduisent, pour leur part, ces mêmes caractéristiques, cette même diversité, dans une histoire éditoriale déjà longue. C’est au Honduras que les écrivains ont la position théorique la plus affirmée, peut-être parce que la production d’une littérature pour la jeunesse y est la plus récente. Il est significatif que les participants au Iie Encuentro de EscritoresHondurenos por la Paz, en septembre 1986, aient accompagné les résolutions finales d’une Déclaration sur la littérature pour enfants (Dossier n°1). Celle-ci dénonce avec véhémence toute aliénation culturelle « bêtifiante » et impérialiste, pour marquer la voie d’une créaion prenant en compte les spécificitéss nationales et les exigences d’une éducation ouverte et épanouissante (…).

Rubén Berríos, qui écrit essentiellement pour les enfants, évoque dans son Caracol de cristal le  personnage légendaire de la grande poète hondurienne (récemment disparue) Clementina  Suàrez (Do. n°3); de même, dans El avion de papel, les enfants évoluent dans leur  univers quotidien, en relation avec une faune et une flore familières : loro, pàjaro piqui  piqui, noix de coco, anona, guineo…, en relation aussi avec des réalités sociales et  politiques : l’ethnie tolupán sur son territoire ou, agressivement ressentie, la présence des  bases US sur le sol national. Ainsi, dans son dernier livre Niños de país hondo (Do.  N°4), qui se présente comme un « cuento » malgré son titre transparent, la revendication  d’identité s’exprime dans une dialectique manichéenne, du combat des enfants, de leurs  jeux, de leur langue, contre les envahisseurs et les oppresseurs, tout en concluant, in  extremis, par un message d’amour.

Le travail accompli au Honduras semble de fait bien nécessaire, si l’on  évoque par contraste les réalisations, pourtant nourries de bonnes intentions, que  produisent certaines éditions spécialisées, comme Piedrasanta au Guatemala. On constate  par exemple que le Barbuchín (Do. n°5). réédité jusqu’à la satiété (33 éditions en 50 ans  !) présente essentiellement un canon de récits tirés du folklore ou de traditions  européennes, avec une absence quasi totale de références au monde quotidien de l’enfant  guatémaltèque : nains de la forêt, Pinocchio, souriceaux et éléphants, trois petits cochons  et chat Micifux, « muñequitas de China » et horloge à coucou l’emportent de beaucoup sur  le portrait de « La negrita Mina », l’allusion au terremoto terreur des fourmis, ou le motif  folklorique de la mésaventure du raton tombé dans la marmite de son épouse la  cucarachita (3 textes sur 50).

Or ce Barbuchín est le livre de lecture privilégié des petits élèves… Un effort cependant  semble être fait pour lancer une collection de récits tirés de la tradition orale, recueillis  auprès des différentes ethnies du pays.

La recherche et l’affirmation d’une spécificité propre savent éviter, cependant.  L’écueil d’un nationalisme étroit. Les textes les plus réussis – et certains ont accédé à la  notoriété internationale – ont su proposer leur réponse aux grandes interrogations, qui sont aussi celles des enfants, sur l’amitié, l’absence et la mort. Ainsi Chumbulum et pececito de Darwin, du Salvadorien José Robeno Cea, et, sunout, Cocori (1948) du costancien Joaquih Gutiérrez, traduit en français, allemand, hollandais, russe, etc : placée  sous l’exergue de Quevedo : « A brève vida nace destinada,/ sus edades son horas en un  dia », la quête initiatique du petit noir Cocori lui fait comprendre le sens de la brève vie  dune rosé…

Si la littérature de Jeunesse tente de fonder une tradition propre, par ses références à un cadre caractéristique, à des personnages et des faits actuels bien reconnaissables, elle est également, elle a d’abord été, l’expression d’une tradition folklorique locale, elle aussi caractéristique. La nostalgie de l’enfance qu’exprime la Costancienne Carmen Lyra (1888-1949) se combine alors à une prise de conscience de la spécificitéd une tradition, d’une conception de la vie: « Los cuentos de la tía panchita eran  humildes llaves de hierro que abrian arcas cuyo contenido era un tesoro de ensueños. En el patio de su casa habia un pozo, bajo una chayotera que formaba sobre el brocal un  dosel de frescura. A menudo, sobre todo en los calores de marzo, mi boca recuerda el  agua de aquel pozo, la más fina y limpia que hasta hoy probara que ya no existe, que  agotó el calor y sin quererlo mi voluntad, mi corazón evoca al mismo tiempo la memoria  de mi alegria de entonces, cristalina y fresca, que ya no existe, que agotó la experiencia  (…). Son cuentos que quizá no estén en libros. De éstos, algunos me han vuelto a salir al  paso, no en libros sino en labios. De dónde los cogió la tia Panchita? .qué muerta    imaginación nacida en América, los entretejió, cogiendo briznas de aquí y de alla ? »  ( Prólogo  a Los cuentos de mi tia Panchita).

Le conte populaire ainsi réhabilité apparaît inséparable d’une réflexion sur le folklore, lui-même expression de l’enfance d’une nation et quintessence d’un carctère national. Ainsi le poète nicaraguayen Pabio Antonio Cuadra, dans son essai El  nicaraguense (1967), analyse les aventures de tío Conejo et tío Coyote, les replaçant dans l’idiosyncrasie du pays (Do. N°6) après les avoir lui-même soigneusement recueillies en  1956 de la tradition orale (dans une version d’ailleurs très proche de celle que Carmen  Lyra donnait au Costa Rica) (Do. n°7).

On rejoint ainsi la revendication identitaire des peuples indigènes: « Yo le  Decía a la gente : Estoy cansado, esta bien como conocimiento universal- yo leí en  Pinocho. Caperucita Roja, un montôn, las Mil y una noches, Ali Baba y sus cuarenta  ladrones, etc. Yo mismo les decía a mis amigos : »Pero si mi puebio tiene una rica  historia, cuentos. anécdotas, pero en cantidad : adônde esta? ». Esta oral  » (Entretien  avec un maestro bribri du costa Rica, Caravelle n°59. p.53). Les traditions orales  recueillies sur le terrain prennent alors l’aspect d’une véritable transmission de sagesse  ancestrale et de règle de vie (do. n°8);  Le conte populaire, récit destiné à distraire et éduquer l’enfant, devient aussi  le moyen d une prise de conscience des adultes, voire d’une pédagogie à leur intention (…).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 147, Septembre- Octobre 1993

En Torno A Los Nuevos Modèles

Entre el Integrismo y la Modernidad : Política y Religion en Mexico a la hora del TLC (Jésus TAPIA SANTAMARIA)

Debate en torno a Los Nuevos Modelos

La Gestion de las Regiones en el Nuevo Ordén Internacional: Cuasi-Estados y Cuasi-Empresas (Sergio BOISIER)

Quelques remarques à propos de « la gestion des Régions dans le Nouvel

Ordre International » (Bruno MALLARD)

Présentation d’Actes de Colloques

Agricultures et Paysanneries en Amérique Latine (Thierry LINCK)

Grandes Métropoles d’Afrique et d’Amérique Latine (Claude BATAILLON)

Columna Bibliogràfica (Perla COHEN)

El Rincôn Del Curioso Lector (Claire PAILLER)

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 148, Novembre- Décembre 1993

Acontecer Centroamericano : La Guerra y sus Después

INTRODUCCIÔN: Dossier propuesto y compilado por Perla COHEN

COSTA-RICA : El Ajuste y la restructuración

La Utopia del Estado Minimo (Carlos SOJO)

Las Políticas sociales – un dificil equilibrio (CEPAS)

Una Alternativa al Desarrollo (Leonardo GARNIER)

NICARAGUA : De Crisis en Peor

El Protócolo de Transición

El Retorno de la AID (Angel SALDOMANDO)

EL SALVADOR : De los Acuerdos a la construcción de la Paz

Acuerdos hacia una Nueva Nación – EXTRAITS

La Revoluciôn Democrática (Joaquin VILLALOBOS)

EL Poder Intangible (Breny CUENCA)

Paix et Nouvelle Institutionnalité (Perla COHEN)

MEXICO: Pronasol al Poder ?

El Liberalismo Social (Francisco Gil Villega

Los Quintos Informes Presidenciales (Isabelle ROUSSEAU)

Y el destape …

El Rincón Del Curioso Lector (Claire PAILLER)

Editorial N°148

Acontecer centroamericano : La Guerra y sus Después

Perla COHÉN

Sacar un balance exhaustivo del acontecer en la región durante diez años, o tratar de contestar directamente la pregunta de saber qué se ganó y qué se perdió en este período no nos permite aprehender las dinámicas de los cambios sucedidos. Más, la magnitud histórica de estos años   exige una perspectiva que rebasa nuestro propósito aquí. Proponemos en cambio avanzar con   las preguntas y los acercamientos múltiples a través de los textos aquí presentados, de manera tal que podamos comenzar al menos a delimitar esa densa época, y a buscar correspondencias y perspectivas de las transiciones que se dan. Hemos presenciado en los últimos años, en la región y en el mundo una acceleración de los ritmos de cambio, y una transformación de las ideas y propuestas dominantes en el orden mundial, que no hemos decifrado todavía en todas sus potencialidades. Sin embargo, América Central queda una de las regiones que nos permite captar las figuras, viejas y nuevas de los retos nacionales e internacionales, de las nuevas reglas del juego y competiciones entre modelos y potencias y de los modos de apropriarselas.

América Central ha desencadenado en los ochenta pasiones ideológicas y políticas, y como tal ha dado lugar a un número impresionante de artículos y libros, de polémicas ideológicas, de anatemas sobre un conflicto que se puede idenficar como el último conflicto en el marco de la guerra fría. Y sin embargo, la mayoría de la producción hoy se sitúa ya en nuevos terrenos. De hecho, en esta región considerada como un laboratorio, se han llevado muchos experimentos de los cuales queda por sacar lecciones: test de modelos de guerra de baja intensidad, teoría de los dóminos, contrainsurgencia, de cohesión de la Alianza Atlántica, de margen de maniobra de Europa, de la OEA y de la capacidad de los países latinoamericanos a desarrollar sus propias plataformas de paz (Contadora) concertación (Grupo de Río), de integración; alli también se han puesto en práctica los modelos de paz por diálogo de los actores de la guerra, de reconciliación y democracia, de demilitarización y redefinición de la soberanía/seguridad nacional, de ajuste y restructuración económica, redefinición del rol del Estado, de recreación institucional-.etc.

No por casualidad, Costa-Rica desempeño en esta década un rol de primer orden tanto con su poder de obstrucción a ciertas soluciones como a su rol de promotor y de precursor de otras, urnas contra balas, democracia de mercado, políticas de modernización y restructuración económica, bonos de protección del medio-ambiente contra deuda, estrategia de diversificación para inserción al mercado internacional, ambiguidad en cuanto a la integración regional, etc..

El orden viejo del mundo bipolar falleció en América central antes de la caida del muro de Berlín, la revolución sandinista salió en silencio de la actualidad y perdió legitimidad en las urnas en favor de la oposición con la cual comparte en dolor el poder. El Protocolo de Transición – (ver documento) – negociado entre el Frente y Violeta Chamorro, que previa   salvaguardar las conquistas de la Revolución, y su orden politico-institucional, llevó al   bloqueo del sistema y a una crisis de gobemabilidad dramática. La guerilla salvadoreña, después de su ofensiva general del 89, entró en una negociación global donde se negoció casi lo todo : la paz e integración política contra las armas, y sigue negociando en varios Foros: Foro de Concertación, COPAZ, (ver artículo) prepara alianzas con sectores modernizantes para las elecciones de 1994, que servirán de test a la buena marcha de la transición y a la capacidad de recomposición política.

En Guatemala, después de la grave crisis institucional e ingobernabilidad que desembocó sobre los eventos de este verano, con la llegada al poder de Ramiro de León Carpió, se han generado importantes debates sobre el camino de la paz. En el Plan Nacional de Paz presentado por el Presidente de la República (04-10-93) se redefinen los nuevos enfoques siguiendo tres ejes fundamentales: la reconciliación nacional a través del dialogo, el   fortalecimiento de la capacidad de dar respuestas prontas a las demandas sociales, la   negociación dirigida a la terminación del enfrentamiento armado interno. La Propuesta de Paz de Monseñor Rodolfo Quezada Toruno (21-09-93) define los preliminares para reanudar las negociaciones de paz y permite ubicar los puntos de bloqueo tanto a nivel de la mediación como al nivel básico del marco institucional (nacional e internacional) de la negociación (ver   documentos anexos). De hecho plantea la necesidad de reformas a los Acuerdos de Oslo y México tendientes a eliminar la secretividad de las pláticas de paz, y a viabilizar la participación directa de la sociedad civil y de las Naciones Unidas. Con todo eso el panorama de la violencia e inseguridad sigue caracterizando la escena política y el actual gobierno enfrenta ya críticas sobre la gestión de los derechos humanos que según Rigoberta Menchú no lo ha cumplido el ex procurador (y actual presidente) de los Derechos humanos.

En Honduras, el periodo post guerra se ha también caracterizado por una voluntad abierta de   varios sectores, y sobre todo del Consejo Hondureno de la Empresa Privada, favorable a la   reducción de los gastos militares, de reformar a las Fuerzas Armadas, mientras sigue una   agitación notable en el sector público.

¿ Qué se diría entonces hoy ? que esta acabándose la guerra en América Central, y que   la cultura de paz reemplaza la de guerra? Que la cohesión nacional y regional en   Centroamerica está consolidándose en el proceso de diálogo, reconciliación nacional y paz,   o que está amenazada por la globalización e integración al mercado mundial ? Diríamos que la   democracia y derechos humanos están construyéndose en todos estos países, tomando el   lugar de la utopía de ayer, abriendo espacios y transformando sistemas políticos, o que la   violencia y los modelos de afuera siguen dictando el orden en defensa de los intereses de   pocos, bajo la máscara de la democracia? ¿Hay rupturas decisivas y transformaciones en los   bloques de poder o solamente reajustamientos cojunturales? Las respuestas aparecen   diferentes según los países aun si el modelo impuesto o adoptado queda lo mismo. A pesar   de los paralelos establecidos durante los años de guerra, El Salvador no es Nicaragua, ni en   su bloqueo ni en su crisis de gobemabilidad y económica.

Rubén Zamora da la medida de los cambios en su pais y otros cuando declara que « Antes, la   Derecha quería que el Salvador fuera una tortilla cocinándose de un solo lado, y nosotros   queríamos que se cocinará por el otro; ahora hemos comprendido que hay que « cocinar una   nueva tortilla para todos los Salvadoreños ». Un nuevo « Nosotros » habrá nacido en   esta etapa. En Nicaragua uno tiene la impresión de que sigue vigente la lección del perro del hortelano, ni lo como ni lo comerá.

Los cambios de mentalidad que caracterizan el pasaje de guerra a paz son determinantes tanto en las visiones como en las nuevas conductas políticas. Los cambios   occurridos en la conciencia y discursos de las izquierdas latino americanas y centroamericanas en cuanto a democracia, legalidad, convivencia. Estado y Mercado, y otros dilemas es un índice más de estos cambios.En el vocubalario religioso, la palabra que mejor da cuenta de estos cambios es la conversión. El libro de Joaquín Villalobobos illustra claramente esta revolución mental: « El pensamiento cristiano que estuvo presente en toda la lucha, puede y debe asumir las bases éticas de hacer política y servir a la sociedad. Debe llenar el vacío dejado por la crisis ideológica, poniendo el humanismo cristiano como base ética de principios que regule los requerimientos del pragmatismo en el quehacer político « . (p63).

Hasta que punto estos cambios afectan e integran a las implicaciones de la reconversión   militar en Centroamerica, (demilitarización de la sociedad, reducción de los ejércitos,   sumisión a lo político, transformación del concepto mismo de Seguridad nacional), los   impactos de las políticas neo-liberales sobre sociedades heridas por guerras y pobrezas, los   proyectos nacionales de desarrollo, las visiones del « enemigo de ayer » y la proyección de su   propio rol y lugar, son unas de las pistas abiertas que deberíamos explorar.

Los artículos escogidos para esta edición abordan a varios problemas de América Central post-guerra. Tratan de los modelos político-económicos, de sus actores, de sus efectos, y a veces de propuestas alternativas . De la serie de estudios dedicados al estudio de la acción de la AID en América Central y publicados por la CRIES – Managua, hemos   decidido reproducir capítulos relativos a esta acción en tres países a fin de permitir una visión tanto general como particular de cada pais en cuanto al peso de la AID sobre modos y modelos de desarrollo.

Tres textos sobre Costa-Rica sacados de libros parecidos a fines del 91-92, tratan   respectivamente de la utopía del Estado Mínimo de Carlos Sojo, de las políticas sociales en el marco de los varios PAE (Plan de Ajuste estructural) de CEPAS, y abordan propuestas para una alternativa al desarrollo (Leonardo Garnier). Sobre Nicaragua proponemos aquí, a pane   del documento básico del Protocolo de Transición, un artículo de Ángel Saldomando, sobre la articulación entre los programas de desarrollo de la AID y el modelo socio-político   nicaragüense.

Del Salvador nos darán cuenta parcialmente, capítulos de los Acuerdos de Paz,   pasajes del libro de Joaquín Villalobos sobre la Revolución Democrática, asi como de J.R.Medrano, en el cual se proyecta una visión económica de la construcción de la paz. Un artículo de Breny Cuenca sacado del libro « El Poder Intangible » trata de la acción de la AID en El Salvador y un artículo de Perla Cohén se refiere a la nueva institucionalidad nacida en el marco del proceso de paz.

A propósito de México, Isabelle Rousseau analiza el quinto Informe del Presidente Carlos Salinas de Gortari, situándolo en la doble perspectiva de la consolidación de la acción   presidencial y en la fase del destape, un artículo de Francisco Gil Villegas, sobre el   Liberalismo Social tal cual lo desarrolló y lo defendió Carlos Salinas De Gortari, y que a la   luz del destape de Luis Donaldo Colosio, seguirá sin duda desarrollándose.

En poco, la visión que se destaca de los artículos nos da a recordar lo que hace unos años llenaba las publicaciones sobre estos paises, (con excepciones como siempre), los temas hoy son otros aun si pobreza y otras violencias siguen declinándose a nuevos tiempos; con   programas de solidaridad y su modo de gestión específica, lo social y derechos humanos han   venido a ocupar un lugar determinante en las prioridades – y exigencias – del Estado, mientras lo económico se autonomiza e internazionaliza. Ambos aparecen como efectos tanto de la paz como de los modelos político-económicos . El debate sobre el nuevo modelo de desarrollo, pobreza, derechos humanos y democracia queda abierto en estos paises que entran casi   todos en procesos electorales : Honduras (28 de Noviembre 1993), ( ver artículo de »Le   Monde » sobre la elección del Liberal Carlos Reina ), Costa-Rica ( 6 de Febrero 1994), El   Salvador (20 Marzo 1994), con escenarios conocidos de bipartidismo tradicional para los dos   primeros y con una situación nueva en El Salvador sobre la cual volveremos para dar cuenta   de las elecciones.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 149, Janvier- Février 1993

CHIAPAS « Los Relámpagos de Invierno »

EDITORIAL: Claude BATAILLON

ACTUALITE

LA GUERRA DE CHIAPAS : Experiencias para la Transición democràtica (Juan José RAMIREZ BONILLA)

RETRATO POLITICO DE CHIAPAS EN TRES SEXENIOS (André AUBRY)

RECUENTAS

LA FACE DEVOILEE DE LA MODERNITE (Thierry LINCK)

DONNEES STATISTIQUES: CHIAPAS 1990 (Jérôme MONNET)

RETROSPECTIVE

CARTAS A SALOMON, reflexiones acerca de la educación indigena (Irena MAJCHRZAK)

CHIAPAS INDIO o de la sutilidad del etnocido (Mario HUMBERTO RUZ)

POINTS DE VUE

« LE MODELE ALTERNATIF »: la guerre durable? (Roberto SANTANA)

QUELLE MANIPULATION ? (Marie-Christine RENARD)

DOSSIER DE PRESSE

LES DEUX VISAGES DE LA MODERNITE : Perla COHEN

LA GUERRE EN TERRE MAYA : Conclusions (Yvon LE BOT)

Editorial N°149

Claude BATAILLON

L’Ordinaire se devait de réunir un dossier sur le Chiapas mexicain pour son premier numéro de 1994. Faut-il souligner que, lorsque nous établissions notre planning à l’automne 1993, ce   numéro n’était ni prévu, ni prévisible? Nous devons répondre à deux questions: pourquoi un   mouvement armé éclate-t-il au Chiapas et non dans une autre portion de la République?   Pourquoi ce mouvement se produit-il au 1er Janvier de 1994?

Une discussion dans le courant de Janvier entre divers collègues, organisée par Perla Cohen,   posait la question: pourquoi la crise du Chiapas intervient-elle alors que les conflits armés de   l’Amérique Centrale sont résolus par le dialogue et la négociation, sauf au Guatemala où se   poursuit la recherche d’une solution pacifique? Si c’est une crise locale, est-ce celle d’une   revendication ethnique pour le droit des indigènes? Est-ce celle de paysans pauvres soumis à   des tensions agraires, politiques, religieuses et migratoires, prenant comme référence Zapata et Villa? Est-ce un mouvement soutenu par des nostalgiques des guérillas voisines d’hier? Si c’est avant tout une crise nationale, est-ce que ce sont les schémas identitaires mexicains qui   sont en péril au moment où s’institue le Traité de Libre Commerce d’Amérique du Nord, entrée du Mexique dans le club des pays du « nord »? Ou plutôt s’agit-il d’une faillite de la   démocratisation en cours au Mexique, ou d’une rupture sociale devant la très rapide   transformation du pays, survenue dans une région dont la situation stratégique et les ressources sont fondamentales?

Les différents textes que nous avons réunis dans ce numéro doivent être lus en se souvenant   des particularités du lieu et du moment où se produit la crise:

Une frontière : Le Chiapas, jusqu’en 1842, appartient à l’évanescente Amérique Centrale qui alors se morcelle en petits Etats. Il devient mexicain, territoire plus petit en taille que le Guatemala ou le Yucatán et peuplé comme le Salvador. Son schéma d’organisation est fort guatémaltèque: de hautes terres indigènes avec une vieille capitale, évêché (ici San Cristobal de las Casas, si connue du touriste cultivé). Des franges caféières importantes entre les mains de riches possédants, dont les familles allemandes installées à la fin du XIXe siècle. Des zones de colonisation, en partie par les indigènes: c’est là que les tensions sociales sont les plus fortes. La répression, du côté guatémaltèque, expulse des centaines de milliers de paysans dont quelque 100 000 viennent se réfugier dans les zones homologues chiapanèques. En outre, depuis quelle calme revient en Amérique Centrale, les armes à vendre sont très bon marché dans la zone. Le Chiapas n’est pas le domaine de la sous-administration, comme le Guerrero, mais celui d’une intégration ratée au système mexicain. Ici, l’insertion dans les circuits nationaux mexicains est faible. Plus qu’ailleurs, les gouverneurs ne terminent pas la période normale de leur sexennat (cinq gouverneurs en quinze ans…), les organismes et les financements fédéraux sont la proie de clans locaux: budgets sociaux ou manne pétrolière.   L’armée est très présente dans cette zone frontalière depuis les années 1980: comment serait-elle à l’écart des affaires locales de drogue comme de réfugiés? Depuis 1994 le Chiapas est la   frontière entre l’Amérique du nord de l’ALENA et l’Amérique centrale. Le numéro 122 de   l’Ordinaire qui portait sur les problèmes frontaliers du Mexique avait donné, en 1989, autant de   place à la frontière sud qu’à celle du nord, qui semblait de loin la plus intéressante à la plupart des chercheurs.

Le Chiapas, Etat mexicain du Pacifique : Le Pacifique mexicain, avec le Yucatán, est ce que connaissent du pays les touristes étrangers. Le Guerrero est symbolisé par Acapulco et Ixtapa; il s’agit d’un territoire sans organisation politique ancienne. Etat fédéré né seulement depuis le milieu du XIX° siècle, seule région où s’implante une guérilla rurale dans les années 1970, avec Genaro Vasquez puis Lucio Cabaña (voir Ordinaire du Mexicaniste, ?4, 1974, repris in N° 100, p. 47- 49). C’est un creux dans le tissu politique mexicain, mal identifié. Le Oaxaca, lui, est à la fois vieil évêché colonial au même titre que le Michoacán ou le Puebla, et cœur d’une marqueterie de peuples indigènes les plus nombreux de la République. Ces peuples indigènes ont en majorité été intégrés dans le système de pouvoir aztèque, puis dans l’économie coloniale, puis dans la République: de là vient Benito Juàrez, indien certes, mais surtout héros de l’orgueil national retrouvé contre l’intervention française et de la République libérale nationalisatrice des biens de communautés (ecclésiastiques ou indigènes…). Le Chiapas est bien plus à l’écart, comme le Yucatán; vieil évêché certes, mais dans cette portion lointaine de la Nouvelle Espagne qui dépend de manière indécise de la Capitainerie de Guatemala. Zone indigène, en plus forte proportion encore que le Oaxaca, mais de groupes ethniques mayas que les Espagnols ont vaincu beaucoup plus lentement et durement que ceux du Mexique central.

Moment national sensible : La société mexicaine a changé très rapidement pendant la décennie 1980, et surtout depuis 1988: les espoirs de dons de terres par l’Etat sont terminés et ils n’ont d’ailleurs plus guère d’intérêt maintenant pour la plupart, sauf dans des zones marginales comme le Chiapas. L’industrie et les services s’implantent de plus en plus dans le nord du pays, tandis que le Chiapas est à l’autre extrémité du territoire, où un flux touristique modeste n’apporte que peu de ressources en comparaison de la péninsule yucatèque; d’autre part le pétrole chiapanèque, tout au nord de l’Etat, en situation de marasme depuis plus de dix ans, ne dynamise plus l’économie régionale.

Le tournant des années 1993- 1994 est marqué par deux dates qui symbolisent ces   changements: l’ALENA « entre en vigueur » au 1er Janvier 1994, date de la rébellion   chiapanèque. Mais si bien des politiques savaient ce qui couvait au Chiapas, pouvaient-ils agir dans les mois précédents, quand le gouvernement mexicain attendait le vote incertain du   Congrès des Etats Unis?

Parallèlement la campagne pour les élections présidentielles mexicaines d’août 1994 est lancée fin Novembre 1993. Beaucoup plus encore que précédemment, ces élections, où gouvernement et opposition rivalisent de déclarations de bonnes intentions pour éliminer la fraude électorale, vont se dérouler sous la surveillance des média, et en particulier de ceux des Etats Unis (…).

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 150, Mars- Avril 1993

DOSSIER

UNIVERSITES EN AMERIQUE LATINE : développement ou décadence? Sélection:

(C. BATAILLON et R. SANTANA)

EDITORIAL: Claude BATAILLON

MORCEAUX CHOISIS D’HIER ET D’AUJOURD’HUI

AMERIQUE LATINE, struclures sociales et institutions politiques (Jacques LAMBERT)

AMERIQUE LATINE : de l’indépendance à nos jours Culture, valeurs…éducation (François CHEVALIER)

ESTUDIO COMPARADO SOBRE FINANCIAMIENTO de la educaciôn superior en sels paises de America Latina (José Joaquin BRUNNER)

LO PUBLICO Y LO PRIVADO en la educación superior de Mexico (M.A.CASILLAS y A.de GARAY)

UNIVERSIDAD y ESTADO : que tanto reforma la Ley 30? (COLOMBIA) Ricardo LUCIO A.

LAS UNIVERSIDADES CHILENAS y su aporte al proceso democratizador de Chile (M. J. ORELLANA RODRIGUEZ

COMENTARIO sobre las universidades chilenas (Roberto SANTANA)

BIBLIOGRAPHIE : F. GALLI-DUPIS

RECUENTAS

ASPECTS NOUVEAUX DU MEXIQUE URBAIN (Thierry LINCK)

EL RINCóN DEL CURIOSO LECTOR : L’UNIVERSITE ET LA LITTERATURE ENFANTINE (Claire PAILLER)

Editorial N°150 Universités en Amérique latine, développement ou décadence ?

Claude BATAILLON

Les systèmes universitaires latino-américains sont la maison commune des chercheurs de ces   pays; ce sont aussi les partenaires obligés des chercheurs et centres de recherche des autres   continents. Connaissons nous si bien ce monde où nous vivons? Savons-nous ce qu’est le   creuset où se fondent les classes moyennes latino-américaines de demain?

Les bilans récents insistent d’abord sur la croissance des universités privées, en taille et en   nombre, mais aussi plus généralement sur la multiplication des établissements, en de   nombreuses villes de province dans la plupart des pays. C’est une nouvelle image qui doit   remplacer celle, traditionnelle, de l’énorme concentration dans une grosse université publique de la capitale. Les nouveaux établissements sont pour une bonne part des écoles supérieures à dominante technique, thématiquement ciblées, souvent privées.

Le travail d’enseignement est pour une proportion croissante le fait de professionnels à plein   temps, alors que la tradition donnait une part majeure aux heures de cours données par des   membres des professions libérales -droit et médecine obligent. Ces enseignants   professionnalisés sont loin de vivre facilement, soit pour leur revenu professionnel, soit pour   leurs moyens de travail: bien des grosses universités traditionnelles manquent de moyens   modernes… et bien des petits établissements récents de province, parfois équipés   d’appareillages modernes, manquent de fonds de bibliothèques. Aussi bien la recherche reste   principalement le monopole (comme les maîtrises et surtout les doctorats) d’établissements   traditionnels respectés, souvent rigides, drainant les contrats par leur prestige., alors que les   petits centres parfois moins engoncés dans les carcans disciplinaires peuvent piloter   l’innovation, mais rarement assurer le suivi de la continuité de travaux durables.

Remarquons surtout que, presque partout, la « décennie perdue » a souvent assuré le   changement, mais pas la décadence: certains regrettent l’universalité des gros établissements,   leur autonomie depuis les années 1920, la liberté intouchable du maître dans sa chaire   supposée compatible avec celle des choix fort politisés des étudiants. Mais les pressions   budgétaires n’ont empêché de croître ni le nombre des établissements, ni celui des enseignants ou des étudiants. Pareillement, si les bourses payées vers l’étranger se sont faites rares pour les doctorants (voir OMAC n° 142. nov. 1992, p. 3), le flux des bourses délivrées à l’intérieur même d’un pays comme le Mexique (Eduardo Ibarra Colado, graphique, p. 136) est resté, au contraire, fort stable: la plupart des pays ont multiplié chez eux maîtrises et doctorats.

Notre dossier s’ouvre sur quelques pages historiques tirées d’une part de l’ouvrage de Jacques   Lambert, 1963, Amérique latine, structures sociales et institutions politiques,   p. 124/ 125 et 262/ 266 [elles n’ont pas été reprises dans la réédition de 1987, Jacques Lambert   et Alain Gandolfi, Le système politique de l’Amérique Latine, PUF, Thémis], d’autre part de   François Chevalier, L’Amérique Latine de l’indépendance à nos jours, PUF Nouvelle Clio   nouvelle édition 1993, p. 454/ 458.

Nous avons ensuite extrait de Estudio comparado sobre financiamiento de la educacíon superior  en seis paises de America Latina, 1993, de José Joaquín Brunner, Documente de trabajo   CLACSO. Santiago, Marzo de 1993, une partie des conclusions et divers tableaux statistiques. Ce texte souligne le paradoxe des systèmes universitaires publics des pays latino-américains pourvus d’une classe moyenne importante: l’Etat finance mais ne contrôle pas, au nom de l’autonomie universitaire et surtout parce que les compressions budgétaires atteignent un secteur urbain sensible, celui des classes moyennes.. Certes les six cas étudiés diffèrent pour la part respective du public et du privé (par ordre croissant de celui-ci: Argentine, Mexique, Venezuela,   Brésil, Colombie, Chili), mais dans une tonalité d’ensemble de changements très lents. Il est clair que dans chaque pays l’enjeu est d’assumer à la fois croissance des effectifs et qualité des formations et des recherches alors que les financements publics ne peuvent croître que lentement et que les financements privés ne viennent que vers certains secteurs limités.

Le cas mexicain (Miguel Angel Casillas Alvarado y Adriàn de Garay Sànchez, « Lo pùblico y lo   privado en la educaciôn superior de Mexico », Sociológica, mayo de 1993) permet d’insister sur deux aspects de la « décennie perdue »: le changement de la part du privé et du public dans le système, la croissance de celui-ci malgré les contraintes budgétaires et la conséquence de celles-ci: de nouveaux modes de contrôle, d’évaluation et d’organisation au niveau national.

On peut comparer les problèmes avec ceux évoqués par Ricardo Lucio A. (« Universidad y   Estado: que tanto reforma la ley 30? », Análisis politico, sept. de 1993) qui nous donne pour la Colombie une typologie des établissements, nous montre leur fonctionnement interne comme leurs négociations avec un Conseil national ainsi que le type de recherches qu’ils conduisent. Enfin l’expérience chilienne décrite par Mario Julio Orellana Rodriguez et commentée par Robeno Santana (« Las universidades chilenas y su apone al proceso democratizador de Chile: el caso de la Universidad de Chile », in Memorias del II Simposio International de la Universidad de Varsovia sobre América Latina, tomo 3, sept. de 1991) nous montre comment face à une répression organisée, ce sont surtout les professionnels des « sciences dures » qui ont pu et su s’organiser en associations professionnelles pour poser des limites aux ingérences des politiques et reconquérir un espace professionnel. Un phénomène comparable s’est produit au Brésil, où la recherche en sciences sociales s’est réfugiée dans les années dures dans de grandes fondations privées, et avec l’appui des associations scientifiques. La nostalgie en faveur du prestige de l’aima mater d’antan permet de poser la question de la privatisation et de la décentralisation, en faveur de quels professionnels et de quels intérêts locaux?

La collecte des documents de ce dossier a été faite au CEDOCAL par Florence Galli-Dupis La bibliographie ici publiée est le résultat de ce travail. La sélection des textes que nous présentons ici a été menée par Roberto Santana, qui a conçu cet ensemble.

L’ORDINAIRE Mexique Amérique centrale n° 151, Mai- Juin 1993

MEXIQUE: Le Temps des Incertitudes

EDITORIAL: (Perla COHEN)

L’EZLN, une interprétation (André AUBRY)

Las luces de Chiapas (Antonio Garcia De LEON)

« The Unraveling of a Corporatist Regime » (Howard J. WIARDA)

MEXICO: El Futuro en juego (Wayne A. CORNELIUS)

Profils

Tourisme Culturel et Analyse Politique: Les ANDES (présentation: Claude BATAILLON)

Thèses et Mémoires: Bonnes Feuilles

MIAMI symbole de la Liberté (Christoffe CAVILLE)

Dans l’ombre du café: Ethnologie d’une grande plantation caféiere au Guatemala (Charles Édouard de SUREMAIN)

MEXIQUE URBAIN : RECUENTAS: La formation du Mexique Urbain (Thierry LINCK)

Croissance péri urbaine 1986 1989 (J-M .EBERHARD)

El RINCÓN DEL CURIOSO LECTOR (Claire PAILLER)

RESENA  L’autre Sentier, de Hernando de SOTO (Bruno MALLARD)

Editorial N°151 : Le temps des incertitudes

Perla COHEN, 20 Juin 1994

« Lorsqu’un Homme meurt, on l’enterre, /lorsqu’une Institution meurt, /elle change de nom »…

… Et elle se met à tuer. Cette phrase extraite d’une rubrique de Carlos Monsivaís, Por mi madre bohemios, (La Jornada), complétée par mes soins, -pardonnez la liberté-, illustre, semble-t-il, de façon édifiante, tant la phase actuelle que traverse le Mexique, que des situations multiples marquant la fin d’un temps dans des soubresauts qui occultent l’avenir. Le Parti Révolutionnaire Institutionnel serait-il en train d’enfanter dans la douleur, avec sa propre transformation, celle du système politique, engagée certes depuis de longues années, mais en cours d’accélération depuis le début du séxénat de Carlos Salinas de Gortari ( voir OMAC N° 135) ? Ce temps sur deux temps, que nous sentons se dérouler comme un temps de crise, et que nous qualifions généralement de transition, se donne généralement à vivre simultanément comme celui de tous les dangers et de tous les possibles. Il a entre autres caractéristiques de susciter parfois, l’intervention de médiateurs et d’intercesseurs nouveaux souvent emblématiques, parfois aussi de promouvoir l’émergence d’un pouvoir « total » ou d’un ordre violent. Ces moments ont fait l’objet de recherches et de constructions théoriques dans la science politique avec pour objet la saisie du comment et du pourquoi un pays passe à la démocratie. Des auteurs, parmi lesquels Samuel P. Huntington, ont systématisé l’analyse des vagues de démocratisation dans un ouvrage maintenant célèbre: The Third Wave :.Democratization in the Late Twentieth Century, et ont proposé des schémas d’interprétation des transitions de l’Autoritarisme à la Démocratie. D’autres, Juan Linz et Alfred Stepan notamment, partis d’un constat inverse, ont quant à eux utilisé les ruptures de la Démocratie pour poser les mêmes questions et interroger la transition de la Démocratie à la Dictature.

Quels schémas peuvent nous aider à comprendre ce qui aujourd’hui caractérise la situation mexicaine ? Le processus de transformation en cours n’a pas encore été suffisamment défini pour donner lieu à des réponses claires, et les concepts qui les qualifient en sont la meilleure illustration tant simultanément et sans crier gare les mots crise et transition nomment la situation, d’où l’importance d’examiner le rapport entre les deux. Contentons-nous pour le moment de constater que la transition s’effectue dans une situation où, de lieux multiples, se dégagent des signes de rupture violente qui imposent de nouvelles urgences, et leur impriment un rythme propre.

La présence dans les débats actuels au Mexique d’arguments puisés dans deux registres opposés pose la question même de la définition que l’on donne du régime actuel et de sa « mixité ». Pour les uns, il s’agit d’une transition à la démocratie, pour les autres, de la crainte de passer de la démocratie (à améliorer certes), à la menace d’une explosion qu’accompagnerait la mise en place d’un régime dur. La ligne de partage étant bien sûr marquée par les positions des acteurs politiques vis-à-vis du régime actuel, de leurs objectifs et des solutions qu’ils prônent pour rendre possible la Démocratie. Les questions à poser seraient alors de savoir si ce qui est à l’ordre du jour c’est la transformation radicale du PRI, sa séparation d’avec l’Etat; la mise en demeure de partager le pouvoir – si oui avec qui -; ou à le quitter, le temps d’un ressourcement, et dans ce cas au bénéfice de quelle nouvelle configuration ? Ou si, du fait du climat général et des inquiétudes exprimées, les exigences seraient pour un autre ordre légal et une autre exigence vis-à-vis du politique. Dans quelles directions est recherchée l’issue de cette crise? Dans le sens d’arrangements entre les élites, dans celui d’une recréation institutionnelle et d’un retour de la Loi, dans une logique de confrontation rigide et polarisée? Ce qui n’exclut d’ailleurs pas l’usage simultané de logiques croisées. Une analyse des discours et des comportements des principaux acteurs politiques devrait en effet nous permettre de saisir les stratégies à l’œuvre des uns et des autres, et permettrait de dégager les lieux consensuels’ et ceux des dissensions profondes.

Il va de soi que nous n’avons pas ici l’intention de rentrer dans ce débat, mais plutôt d’en présenter quelques unes des grandes lignes afin de cerner des éléments constitutifs de ce qui aujourd’hui s’appelle « la crise » mexicaine. Car le conflit du Chiapas, outre les problèmes généraux et spécifiques qu’il pose, et tout en servant de catalyseur et de révélateur de la fragile stabilité politique, ne peut à lui seul ni la résumer ni en donner toute la mesure, à ceci prés qu’il a déjà, de par sa charge symbolique et sa dimension médiatique, porté les contradictions au cœur du système, et permis le dévoilement des tensions entre les logiques de médiation et de négociation et celles de la confrontation (voir OMAC N° 149).Pour l’heure, les négociations avec l’EZLN sont rompues et le négociateur Manuel Camacho rompt avec son parti à deux mois des élections, suivant ainsi ceux des ténors qui l’avaient précédé pour fonder leur propre mouvement démocratique.

Quelles sont donc grosso modo les versions en présence ? Les uns font le constat de l’accroissement de la violence et de la mort comme méthode politique visant à forcer le changement, la dénoncent en en soulignant les dangers, réclament la vérité, plutôt d’ailleurs comme démarche que comme résultat, et en appellent au châtiment des coupables. Cette violence n’est ni nouvelle ni insolite dans le paysage politique, elle revêt pourtant un caractère d’insupportable menace du fait de sa reproduction dans un temps court, et de l’impact sur la société compte tenu de la portée symbolique des acteurs et des victimes: assassinat du Cardinal Juan José Posadas à l’aéroport de Guadalajara, irruption du Chiapas, prise en otage de M. Harp Helù, banquier en vue, assassinat de Luis Donaldo Colosio, candidat à la Présidence . Même si ces événements ne sont pas nécessairement liés entre eux, ils créent un sentiment de danger pour la paix entre les Mexicains, et une menace pour la stabilité. C’est pourquoi la restauration de la crédibilité dans l’ordre légal, notamment par la mise au jour de la vérité prennent la place d’impératifs pour le rétablissement de la confiance et la consolidation de la transition démocratique. La logique de la violence, qui aurait donc eu pour visée de déstabiliser le pays, provoquerait un sursaut salutaire en rendant nécessaire l’établissement de nouvelles règles entre les parties, c’est la Providence Vengeresse de Joseph de Maistre. Pour les autres, cette crise aurait eu pour objet de provoquer une régression afin de justifier l’imposition d’une ligne dure et rétablir l’ordre. C’est dans ce cadre qu’il faut situer la création, le 26 Avril dernier, d’un nouvel Organisme de Sécurité Nationale, dont la « coordination échappe aux lois de l’Administration Publique » et de la manipulation de la peur comme instrument central. Une version somme toute manichéenne des choses, où un PRI divisible, serait victime et (ou) coupable, mais toujours point de référence. La dynamique d’action étant impulsée par la guerre fratricide que se livrent les élites du PRI, confrontées à l’exigence globale d’un projet politique démocratique sur lequel agissent, dans des logiques différenciées, tant les autres acteurs sociaux et politiques que ceux du PRI lui-même.

Dans une actualité présentée, il y a peu de temps encore, comme celle d’un pays exemplaire pour sa stabilité politique depuis un demi-siècle, ouvert à l’avenir et confiant en sa capacité d’aller de l’avant, d’engager des transformations accélérées tout en préservant la paix sociale, le voile levé sur la crise par le Chiapas, le jour d’entrée en vigueur de l’Alena, prend des allures de tempête et sème la confusion que l’assassinat de Colosio transforme en consternation.

Le Mexique se trouve donc à une croisée de chemins. Pour l’essentiel, ce qui fait sens dans la phase actuelle des choses est la dynamique enclenchée par les élections pour la succession présidentielle, et la confrontation entre d’une part la volonté de continuer sur la lancée économique engagée, et de l’autre la revendication première de l’ouverture du jeu politique et de la démocratie. C’est pourquoi, le danger n’est pas tant dans l’ouverture de la crise, que dans le manque de voies de médiation et d’instances adéquates pour la gérer, dans l’insuffisance de l’ensemble des Institutions et des règles qui avaient assuré la stabilité hier, à contenir et à répondre à la nécessité du changement, et dans le manque de visibilité de projets porteurs de nouveaux consensus. C’est ainsi que l’échéance présidentielle, abcès de fixation de tous les problèmes, a déclenché une course contre la montre, comme si de son issue dépendait l’avenir de la démocratie, la continuité ou non de la politique économique engagée, comme si de son issue dépendait la stabilité du pays, et surtout le retour de la crédibilité pour la gouvernabilité du pays.

Faudrait-il alors que selon la fameuse formule du guépard de Lampedusa « si vous voulez que tout continue, il faut d’abord que tout cela change  » ? La quête de stabilité, va-t-elle favoriser la continuité ou générer le changement ? Quels sont aujourd’hui les reférents consensuels, quelles en sont la place et la capacité d’action ? La Démocratie est-elle forcément entendue comme synonyme de l’alternance du pouvoir, en somme faudrait-il que le PRI perde les élections, ou au moins ne les gagne pas trop pour que devienne crédible le résultat des urnes ? La légalité d’ élections « propres » et l’exigence de mise en place de toutes les garanties possibles pour s’en assurer servent pour le moment de plus petit commun dénominateur entre les différentes forces politiques, et la responsabilité des trois grandes forces politiques engagée dans la voie du dialogue pour barrer la route à de plus grands désordres. Le débat télévisé de 90 Minutes, qui a réuni les candidats du PRD (Cuauhtémoc Càrdenas) du PAN ( Diego Femández de Ceballos), et du PRI (Emesto Zedillo Ponce de Léon) – ordre alphabétique réglementaire -, le 12 Mai 1994, par delà toutes les appréciations sur les prestations des uns et des autres et le constat unanime du franc succès du candidat du PAN, a provoqué une réaction commune dans tous les camps, le Mexique a gagné. Cela suppose qu’au moins un fait s’affirme, le débat entre des adversaires politiques qui mettrait le candidat officiel à égalité des autres le temps d’une émission, conforte l’idée de la démocratie et laisse entrevoir de nouvelles perceptions et exigences.

Peut-on y voir le signe de la mise à jour d’une nouvelle culture politique ou est-il encore trop tôt pour de telles conclusions ? La clameur contre la fraude après tout, n’est ni nouvelle ni à elle seule le symptôme de la crise. Rappelons-nous l’immense clameur contre la fraude de 1988, la crise ouverte au lendemain des élections du 18 Août 1991 notamment à Guanajuato et San Luis Potosi; le dialogue au sommet PRI-PAN, et la scission de ce dernier.. Cette transition qui avait alors mérité le nom de Démocratie négociée, et pour la conquête du Centre ( voir OMAC 135 et 140-141) est-elle celle qui continue de se clarifier aujourd’hui ou sommes-nous déjà dans une autre configuration, par dilution du Centre et ouverture du jeu à d’autres acteurs ? Si les éléments de la violence politique déchaînée depuis quelques mois ne devaient témoigner que de l’état des luttes intestines dans le parti du pouvoir, et de la brutalité de sa crise interne, le « Prinosaure » comme disait Gabriel Zaid aura déjà dégagé, dans ses soubresauts multiples, des espaces de recomposition possible. Nous reviendrons sur ces problèmes et ceux des élections dans notre numéro de Septembre-Octobre 1994 en essayant de faire le point sur le résultat des élections.

 

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