Associations et sociétés civiles au Maghreb

La face cachée des sociétés civiles au Maghreb, Emmanuel Matteudi, Fatima Chahid, Martin Péricard, préfaces de Tahar Benjelloun et Benjamin Stora, L’aube, Collection Bibliothèque des territoires, 235 p.

Ce collectif d’urbanistes, sociologues, juristes, a mené une enquête dans les trois pays du Maghreb sur le monde associatif. 250 personnes ont été « sollicitées », 71 structures associatives ont été approchées, pour suivre un monde complexe d’initiatives qui montrent comment les changements sociaux cheminent. Un projet ambitieux qui nous donne une masse d’informations forcément disparates.

La toile de fond est bien sûr donnée par les trois Etats autoritaires maghrébins, tous sortis du moule colonial français : bien peu de convergences dans leurs pratiques politiques ne sont décelables dans le livre en ce qui concerne leurs évolutions depuis les années 1960. Si bien que l’ambiance commune à ces sociétés n’est perceptible que de façon allusive.

Le livre s’appuie sur les « indices » qui permettent de voir ces sociétés civiles « cachées » : le monde des associations. Celles-ci sont toutes nées selon le modèle français de la liberté associative (mise en place en France en 1901). Sauf qu’en terre coloniale cette liberté était grande, « à la française », pour les colonisateurs, restreinte pour les colonisés. Cette restriction héritée est restée plus ou moins forte dans les trois pays : pour l’Etat- parti tunisien, ces restrictions s’inscrivent dans un cadre légal relativement stable. Les restrictions sont fortes aussi pour l’Etat- parti algérien, mais avec un beaucoup plus grand arbitraire, plus encore lorsque le régime autoritaire se fragmente et adapte des façades démocratiques. La monarchie marocaine a d’abord (1958) été très libérale pour les associations, puis très restrictive dans les décennies 1970 et 1980, pour s’ouvrir ensuite, avec un cadre légal le plus souvent assuré.

Le livre laisse de côté une autre « face cachée » des sociétés civiles maghrébines : qu’est devenu le tissu social « traditionnel », fortement mis à mal en Algérie par la colonisation française, mais beaucoup plus largement préservé en Tunisie, et parfois conforté ou à peine modifié dans le Maroc du protectorat ? Corporations de métiers urbains, tribus des sociétés rurales, qu’en reste-t-il, comment se sont-elles ré-insérées dans le tissu associatif moderne ? Les eaux, les terres (pour planter, labourer, pâturer, chasser, collecter) sont souvent d’usage collectif de fait, sans propriété individuelle ni main-mise de l’Etat : qui nous dira la pratique de la gestion de ces biens, entre lambeaux de tradition et modernité associative, parfois héritière d’épisodes « révolutionnaires » souvent éphémères et détournés par des « puissants qui « héritent » de biens vacants, particulièrement abondants en Algérie.

C’est essentiellement le chapitre 4, qui termine le livre (Alternatives citoyennes comme clé de lecture du changement), qui nous décrit la foule des associations rencontrées par les auteurs. Il est clair que le matériel récolté est particulièrement abondant pour le Maroc, à la fois parce que les espaces de libertés y sont variés et anciens et parce que les carences de l’action de l’Etat y ont été plus souvent comblées qu’en Tunisie ou Algérie par l’action associative. En Tunisie ce monde associatif plus restreint et plus tardif joue un rôle essentiel dans la re-création de l’Etat à la chute de Ben Ali. En Algérie le monde associatif est plus difficile à appréhender, parce qu’il s’est souvent développé sans cadre légal, et qu’il est bien plus mouvant depuis 2019. Les thématiques de ce monde associatif sont passées en revue : prise en charge des enfants d’âge pré-scolaire, formation professionnelle, entreprises sociales et solidaires, problèmes d’environnement (les déchets urbains sont souvent une urgence), problèmes de développement local, problèmes de droits humains (qui ne cessent de se poser, en particulier pour l’égalité femmes-hommes). Pour chaque association se pose toujours la question : qui sont les initiateurs, puissants ou non, quels sont les financements, quelles sont les relations avec le pouvoir politique, avec les « puissances » étrangères (Etats, Eglises, organismes internationaux, ONG). Un livre original par son ambition, qui peut décevoir par moment en raison de la dispersion de ses mises en perspectives et des faits qu’il décrit.

 

 

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Auberge espagnole de Coup de soleil: Habib, Laura, Monique

L’assassinat de Samuel Paty conduit beaucoup d’entre nous, à Coup de soleil, à réfléchir sur la liberté de croire et de ne pas croire. Je publie donc ce qu’envoient nos amis, comme je l’ai fait récemment après le grand documentaire de France 2 sur la décolonisation http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2823

Moi  Mohammed Habib SAMRAKANDI, fils d’Imâm,
ami, amie des Croyant.e.s et des Incroyant.e.s, j’ai toujours entendu mon père me répéter :  »Mon fils, il faut absolument respecter les créatures humaines. Allah a voulu que Son Royaume soit pluriel… L’incroyant.e  est un signe divin, expression de Sa toute Puissance… Et mon feu père procèda par regression en recourant aux versets coraniques qui vont dans le sens du respect de toutes les créatures humaine, animales, végétales et y comprises les Pierres…
Je cite de mémoire son contenu ,  »si Le Seigneur n’avait pas crée des Synagogues, des Eglises et des Mosquées et les a mis en compétition non violente, la terre périra… »  Je le répète : les objets chauds sont l’objet de débats pluriels…l’acte abominable est une atteinte directe à la dignité humaine. Il relève de l’impardonnable, comme l’a fortement souligné Pierre LEGENDRE.
La République nous protège toutes et tous, défendons-la de toutes nos forces. Et exigeons de notre Gouvernement de se retirer de la Convention européenne qui lie les Etats européens aux pays des migrations, depuis 1977, avec l’engagement suivant :  » Les Etats ayant des ressortissants en Europe doivent prendre en charge l’enseignement culturel-cultuel et linguistique » sur les territoires européens… C’est pour cette raison que le Maroc, l’Algérie envoient des Imams et des Enseignants d’Arabe sur le territoire franbçais.
Cette présence est un parasite concurrent aux valeurs de la République et de son mot laïc d’enseignement et de pédagogie non instrumentalisés par la Religion. Cet enseignement rétrograde sur le plan pédagogique fait concurrence aux enseignant.e.s de l’ARABE ( CAPES et Agrégation de FRANCE). Alors, pourquoi ne pas commencer par se retirer de cette Convention comme préalable à tout acte préventif…? Merci d’aller chercher le contenu de cette Convention  qui autorise le renouvellement annuel de l’arrivée desz Imâms de Turquie, du Maroc et de l’Algérie : ne pas oublier que le Président Hollande est allé visiter l’Institut de la Formatipon des Imams au Maroc : Un scandale
Feu Ali Merad, Feu Mohazmmed Arkoun : réveillez vous, la République manque de compétences pour mettre en place L’Institut Musulamn de France ( sur le territoire de l’Alsace et de la loraine et où est permis de payer des Imâms et des Curés….)

Habib a complété son message le 24 octobre: « Le couple anthropologue CENTLIVRES a mené une étude passionnante relative à l’usage officiel actuel en Iran de la carte postale en vente représentant le Prophète Muhammad. Une carte postale courante éditée à Mashhahd. Celle-ci provient d’un portrait d’un jeune tunisien pris en photo, en 1904, dans l’atelier de deux photographes européens, installés à Tunis. Cette carte postale de ce jeune qu ‘ils ont baptisé Mahomet fut retouchée et coloriée en Allemagne des années 2O du siècle dernier et remise de nouveau en vente…Et juste après la révolution de Khomeyni, cette carte postale était le point de départ de nouvelles modifications qui a abouti à l’actuel portrait du messager de l’islam. Comme quoi, la question de la représentation a fait l’objet de miniatures arabes, persanes et turques et on a totalement oublié que le voyage de Mahomet de la Mekke à Jérusalem et son ascension céleste a fait l’objet de plusieurs miniatures, parmi lesquelles on identifiait le Prophète entouré des anges et traversant les sept cieux : CE MI’RA a eu comme personnage central Muhammad sur un cheval ailé à tête de femme…Dans la Sîra de Tabari, nous avons une description très détaillée de Muhammad, sous la plume de ‘Ali. Il suffit d’injecter au robot de la police chargée de la criminologie : et qui va nous donner la traduction de la description minutieuse du gendre du Prophète…

Laura MouzaïaLE CONCEPT RELIGIEUX dit VOULOIR   RE-LIER LES HOMMES ENTRE EUX. Or les anaphabètes du Livre qui s’autoproclament porte-parole d’un certain Dieu, communiquent avec le sabre de la brutalité pour former les esprits. On assiste à l’expression d’une minorité active, qui souffle et respire la haine. J’ai été confrontée à des menaces pour avoir souligné l’importance de l’égalité homme-femme. Pour ma part aucune religion n’a répondu à un progrès humain ou social.

Le vrai progrès est dans le savoir Laîc, Libre débarassé de tout frein idéologique. L’ Ecole doit rester un espace sacré, où toutes les différences culturelles religieuses sont les bienvenues dans l’apprentissage, la transmission ; à condition qu’aucune de ces différences ne renverse l’existence, le souffle de l’Autre. La mission de l’Ecole Républicaine est de former des citoyens, et non des religieux de tout bord. J’ai foi en l’esprit des Lumières, car là s’inscrit La Liberté. J’ai foi en l’intelligence du cœur, celle qui nous unit. L’ombre n’a jamais vaincu, et ne peut pas vaincre encore moins aujourd’hui.

Monique Chaïbi:  « « Ataalem al arabyia »J’apprends l’arabe.. Il y a une dizaine d’années, j’avais accepté de donner des séances d’aide aux devoirs à deux élèves de primaire dont la mère était en dépression. Toutes fières, les deux fillettes m’avaient montré leur cahier d’arabe. Il ne contenait que des sourates et des mots de vocabulaire liés à la religion. Les cours étaient dispensés par une mosquée non officielle et n’avaient rien de commun avec l’enseignement classique d’une langue étrangère.

A cette époque déjà je pensais qu’il serait indispensable qu’il y ait plus d’établissements scolaires publics qui proposent l’enseignement de la langue arabe. Donc une fois n’est pas coutume, je suis d’accord avec la proposition du gouvernement, mais sans les arrières pensées qui se cachent derrière et cherchent à mettre tous les musulmans et arabes dans le même sac. On n’enseigne pas une langue parce qu’elle fait peur, mais parce qu’elle enrichit et ouvre des horizons !
La langue arabe, d’origine sémitique, est née au IIème siècle (probablement même avant) L’Islam est apparu au VIIème siècle avec le prophète Mahomet et le Coran a été écrit après sa mort par ses disciples. Donc les origines de la langue et de la religion ne sont pas liées ! Les musulmans dans le monde parlent indonésien, birman, turc, farsi, patcho, wolof, malinké, amazigh etc, et dans les pays arabes, rares sont ceux qui connaissent la langue classique, or le Coran est écrit dans cette langue ! Inversement, tous les arabes ne sont pas musulmans, ils peuvent être chrétiens, ou même athées.
Donc, enseigner l’arabe classique en école, collège, lycée et université est une excellente initiative qui ne concerne d’ailleurs pas que les arabes ou les musulmans. Parce que cette langue trouvera la place qu’elle devrait avoir, celle d’une langue comme les autres qui a offert, et offre encore, des poèmes, des romans, des essais philosophiques, parmi les plus beaux.
Et parce qu’elle permettra aux musulmans qui s’expriment dans une langue vulgarisée de découvrir le livre saint sans passer par des traductions orientées.

J’en profite pour donner la température des réseaux sociaux à celles et ceux qui n’y vont pas.

Les « je suis prof » ou « je suis Samuel » pullulent mais aussi les réflexions racistes, jusqu’aux plus stupides (interdire les cours d’arabe qui vont islamiser les citoyens alors que le meurtrier est tchétchène!) mais aussi d’autres qui justifient son acte parce qu’il ne faut pas caricaturer Mohamed. Dans quelques semaines, on aura oublié Samuel Paty, il reviendra une fois par an, mais les dégâts engendrés par les haineux de tous poils continueront à ronger notre pays. 

Jusqu’à Manuel Valls qui préconise que tous les enseignants montrent les caricatures en cours sans tenir compte du risque que cela peut comporter dans  certaines villes…

Bref, la grande partie des messages que je lis sont nés des tripes et sont moutonniers, je suis certaine que Samuel Paty n’aimerait pas lire ou entendre que sa mort est le prétexte d’attiser les tensions enter communautés.  

Le temps du deuil de l’empathie, de la retenue a été bafoué une fois de plus et doit réjouir les Marine et autre Zemmour.

Il est temps plus que jamais que notre association prenne sa place et propose des actions, des réflexions sur la raison pour laquelle elle existe : lutter contre les ferments du rejet et pour l’échange entre les communautés.

A ce titre, je vous conseille de regarder sur France 3 le 9 novembre, le film de Laure Pradal « Des livres et des baguettes » qui retrace deux ans de soirées « Dîtes-le avec un livre » initiées par un habitant de la Paillade Nourdine Bara.

Son intention était de rassembler dans un lieu convivial (une boulangerie) des habitants du quartier et des montpellierains d’autres quartiers autour de la lecture. Chacun venait avec un livre à « défendre », en lisait éventuellement des extraits, racontait pourquoi il ou elle l’avait aimé et peu à peu chacun se racontait. Ces soirées nous ont unis les uns aux autres…

Le film est passé en avant-première au CINEMED de Montpellier et la salle était pleine (moitié pleine du fait de la règle d’un siège sur deux) mais trente personnes n’ont pu y assister faute de place !

A la boulangerie les séances ont été de plus en plus suivies, il y a eu des femmes voilées, des membres d’une association juive, des jeunes, des moins jeunes, des intellectuels et des gens plus modestes et l’expérience a réussi au-delà de toute espérance !

Avec SOS Méditerranée pour changer la vision des exilés nous intervenons dans les collèges et lycées avec beaucoup de succès

Par beau temps et hors couvre feu, le même Nourdine organisait des lectures dans des lieux publics ou des promenades dans divers quartiers de la ville pour que les gens se rencontrent; il interviewait des commerçants, des associatifs etc et là aussi les participants étaient nombreux et intéressés.

 

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Berbères juifs Julien Cohen: une mémoire maghrébine précieuse

Berbères juifs Julien Cohen Lacassagne, La fabrique éditions, 2020, 199 pages

« Les Maghrébins juifs ont marqué durablement les sociétés nord-africaines et contribué à une authentique civilisation judéo-musulmane partageant une langue, une culture et un même substrat religieux. La colonisation a bouleversé cet héritage, que Cohen-Lacassagne restitue brillamment contre « la tentation d’écrire une histoire juive isolée de celle du reste du monde ».

Tant en France qu’en Israël cette vision ouverte de l’histoire juive est importante, elle permet de lutter contre les interprétations « exceptionnalistes » du judaïsme qui nient une histoire commune trimillénaire de populations qui ont adopté des monothéismes, dont judaïsme christianismes et islam sont des formes qu’aucune rigidité ne séparait pendant de longues périodes. « En considérant le judaïsme comme un système de rites et de croyances, et non une donnée ethnique ou tribale [on peut] se représenter les colons phéniciens comme étant eux-mêmes les propagateurs de rituels et de dogmes judaïsants » (p.74). Le monothéisme rigide de chacune des trois religions « du livre » a connu bien des accommodements : «  On peut aisément interpréter le principe de la trinité, tout comme le culte marial ou celui des saints, comme un compromis entre le monothéisme et le polythéisme, facilitant son assimilation et sa diffusion. Par comparaison, les exigences et la radicalité du monothéisme juif constituèrent certainement un frein à son expansion » (p 111). Si au sein de l’Empire turc comme au Maroc une part des juifs « sépharades » parlait espagnol, bien plus nombreux étaient ceux de langue arabe, mais avec une forte minorité en Algérie et plus encore au Maroc, qui parlaient des langues berbères, en particulier en régions montagneuses rurales. Marginaux de l’islam (ibadites) et juifs ont coexisté dans des zones difficiles, les uns parlant arabe, les autres berbère, à Djerba (Tunisie), au Mzab (Algérie), au Djebel Nefusa (Libye) (p. 147).

Certes ce souvenir s’efface chez leurs descendants, aussi bien en Israël, où les Marocains sont souvent en bas de l’échelle sociale, qu’en pays francophones (France, Belgique, Québec, etc). Mais des fonds d’archives gardent trace des contrats où se côtoyaient les trois langues, arabe, berbère et hébreux, usant des deux alphabets arabe et hébreux… Nous avions déjà rencontré ce problème de la « judéïté » , maghrébine entre autres http://alger-mexico-tunis.fr/?p=1551

 

 

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Décolonisation, du sang et des larmes: un grand documentaire

Décolonisation, du sang et des larmes(avec l’historien Pascal Blanchard), 6 octobre 2020, sur France 2, Deux épisodes (1h20 x 2) plus 45 ‘ de débat

Le livre vient de paraître aux éditions La Marinière, 2020

Claude: Cette fresque a l’immense avantage de raconter la décolonisation française sur le temps long : depuis la mort annoncée des empires avec la fin de la première guerre mondiale jusqu’aux séquelles actuelles et pour la totalité de cet Empire consubstantiel à la nation française. Le ton est parfois moralisateur, l’ensemble de la France étant co-responsable de ce sang et de ces larmes. Mais on évite les « repentances » : que signifierait de se repentir au nom de son grand-père ?

Si le récit passe en revue toutes les situations coloniales françaises d’Afrique  d’Asie et d’Amérique, il laisse voir plus qu’il ne dit que par rapport aux autres empires (sauf l’Empire russe sans doute…), la construction impériale française « pense » une colonie de peuplement dans un pays déjà « plein » (l’Algérie et plus largement le Maghreb) et phantasme son incorporationdans une nation- république. D’où une décolonisation beaucoup plus dure et traumatique, pour les colonisés comme pour les « maîtres ». La décolonisation de « l’Union des républiques socialistes soviétiques » est à ce même niveau de traumatisme, parce que le phantasme d’une incorporation y a été de même nature. La propagande impériale française gaullienne a parlé d’une « France de Dunkerque à Tamanrasset »,  mais jamais jusqu’à Pointe Noire ou Saïgon. D’une certaine façon le racisme vis-à-vis des « indigènes » lointains est absoludans ces colonies où les Français sont des cadres « de passage », relatifau Maghreb dont les populations « indigènes » étaient considérées comme de futurs et vagues citoyens potentiels qui rejoindraient les citoyens français installés là pour l’éternité.

Le débat après le film est très riche, parce qu’il insiste sur un présent où il ne s’agit en rien de « tourner la page » : au contraire, toutes mémoires retrouvées, toutes confrontations,  permettent de mettre en perspective ce « sang et ces larmes », mais aussi tout ce que furent les bonheurs communs, les amitiés et les amours, consubstantiels aussi de ces mondes coloniaux. (Claude)

Marc commente lui aussi : C’était suivi d’un débat. Ronron habituel sur ce type de débats où discutent des spécialistes mais où ce qui est sous-jacent c’est comment sortir d’une vision victimaire d’un côté et compatissante de l’autre. Et puis d’un coup une vraie parole! Un vrai souffle de vie. C’est Leila Slimani qui s’exprime: « Au risque de passer pour sentimentale, vous demandez depuis tout à l’heure des solutions, mais une des solutions, et qui s’est fait, malgré tout, même pendant les guerres et les moments les plus noirs, c’est l’amour. Vivre dans le pays de l’autre, c’est vrai, c’est dur, mais, en même temps, quand vous tombez amoureux c’est cela qui se passe. Vous allez vivre dans le pays de l’autre et d’un coup vous vivez un exil. 

Moi je crois que l’Amour, les rencontres, les amitiés… Il y a un passage qui m’a bouleversée dans ce documentaire, c’est ce soldat sénégalais qui raconte que pendant la guerre d’Indochine il a perdu son meilleur ami. On voit la photo. Et son meilleur ami c’est un blanc. Et ils sont amis tous les deux. Ce n’est peut-être pas politiquement correct de dire ça mais c’est aussi cela la colonisation. Des gens qui n’ont pas la même couleur de peau et qui sont amis. Des gens qui font des enfants ensemble, qui traversent l’existence ensemble, ce sont ces gens-là, ces histoires individuelles, ces destins qui se sont connus, se sont croisés.
Qui ont vu que derrière ces images de fresques il y avait des êtres humains et que tout cela c’était de la poudre aux yeux, c’est eux qui vont peut-être pouvoir demain raconter une histoire charnelle, sensible, réelle de la colonisation avec tout ce qu’elle comporte d’horreurs mais aussi d’enfants qui sont nés, de gens qui ont construits, de choses belles qui ont parfois été faites. A titre individuel et pas par l’État ou le système. 

 Souvent ce qui me chagrine c’est que certains hommes politiques français nous décrivent comme des gens forcément haineux, qui allons dire forcément des choses affreuses, allons casser la France. Mais on est là. La France est autant à nous qu’à eux. On en aime certains aspects, on en critique d’autres, exactement de la même manière qu’eux. Et ce que je déteste c’est qu’on nous enferme dans ces images de harpies et de gens haineux alors qu’il y a aussi derrière, que nous sommes plus qu’eux la preuve qu’il y a eu de l’Amour et qu’on est capable de comprendre cet amour, ces rencontres et ces relations.

J’ai été stupéfait. Merci Leila Slimani. Moi aussi je déteste ceux qui veulent nous enfermer dans des stéréotypesCe que raconte Georges Morin lorsqu’il était stupéfait d’être catalogué, à son arrivée en France, d’un coté comme « un colon qui faisait suer le burnous » et de l’autre comme « une victime de la sauvagerie des bicots« . Coup de Soleil est né de ce refus.

Laura MouzaiaL’excellent documentaire  plante bien les décors avec une lecture médicale. Une douleur à rallonge, qui n’en finit pas de gangréner les cœurs et les esprits. […] L’Histoire doit être Dite et surtout Ecrite sans filtre, sans gomme, pour les générations des deux camps. Si pendant longtemps et aujourd’hui encore la colonisation ne peut être évoquée sans cri, sans heurt, c’est qu’elle évoque l’Histoire des Vaincus, la défaite du Dominant avec son système arbitraire et brutal. Ce sont les anciens colonisateurs qui sont le plus abîmés. Cette page coloniale  dérange car elle traîne un double diagnostic: celui d’un système inique,  sourd ; et aussi celui d’une religion l’Islam qui peine à trouver sa place dans la société française. […] Trois générations plus tard, la République tant galvanisée  car concept d’égalité à la base, continue à discriminer, et les violences dénoncées nous renvoie à une histoire tronquée, niée, d’où l’urgence de rompre avec ce système hypocrite qui entretient toutes les douleurs, et  gomme des vies. D’où l’importance de transmettre L’Histoire, de ne pas sous –estimer le récit des anciens, de la mémoire collective. Il est impératif de décortiquer ce tabou, pour ne pas nier l’Histoire de l’Humanité, ce qui me permet  d’affirmer avec insistance, l’enjeu   de l’école,de l’éducation moyen de transmission, car les « oublis volontaires »sont de grands dommages pour  la construction d’un Avenir commun.

Charles Aleixandre Excellent documentaire , en effet , qui laisse pantois devant tant de cécité des autorités françaises qui ont si mal géré la décolonisation […] Le problème n’est pas la repentance mais plutôt de réécrire le  » roman national  » avec plus d’honnêteté et de vérité pour les jeunes d’aujourd’hui: cela n’affaiblira pas l’identité nationale , à mon sens , mais permettrait à ceux issues de l’immigration de ces pays de se sentir à présent partie de la communauté nationale […] Je ne pense pas globalement qu’il y ai eu dans les colonies des bonheurs communs , chacun était assigné à sa place , l’ arabe , le juif , l’ européen pas toujours français , surtout dans les villes . Certes individuellement des progrès et des transgressions étaient possible, voir Farath Abbas, Ho Chi Min, Bourguiba qui ont fini par être les voix pour l’ indépendance de leur pays respectifs.

Habib Samrakandi: la remarque de Claude Levi-Strauss : Il y a des objets chauds et des objets froids […] Parler de l’Algérie coloniale et des indépendances est un objet chaud… Comme la religion musulmane en France aujourd’hui. Et tous les Objets chauds mobilisent toutes les classes de la société : Le spécialiste de l’histoire de l’Algérie, les familles algériennes et les pieds noirs d’Algérie, etc…. ont des choses à dire sur l’Algérie…

Dominique Thura: Mes parents, vifs catholiques;  militants (J.O.C. entre autres) nous ont appris l’égalité et le partage. Je crois que c’est une bonne base pour la vie.[…]. La scène se déroule donc en grande banlieue parisienne., vers 1967. Un samedi à presque midi. Mes parents arrivent en 4 CV au  centre commercial du coin. A l’entrée du supermarché d’alors, un Maghrébin demande où se trouve une adresse. Celle d’un employeur offrant des emplois dans la commune limitrophe. Mes parents essaient de lui expliquer, voient l’heure qu’il est, midi, donc la boîte en question vient de fermer. Ni une, ni deux, les voilà qui invitent l’homme à manger à la maison et mon père le conduira à l’usine en question. La seule chose qu’ils connaissent du monde musulman c’est « On ne mange pas de porc ». Pas de bol, ils n’ont pour manger que des côtes de porc ! Voilà mon père qui redescend  chez « Rémy » le boucher du coin, et il achète un beau steack, vraiment superbe.  Hallal connaît pas ? Les cinq prières quotidiennes, pas au courant ? Le pélerinage (qui vous rend « sage ») non plus. Nous avons tous/toutes (ma mère, ma soeur) mangé de bon appétit. Nous avons bavardé puis l’homme nommé Idrissi est monté en voiture avec mon père pour aller chercher du boulot. Pas d’autres détails…. Mais quelque temps plus tard il est venu à la maison, nous offrant un plateau en cuivre gravé par ses soins (les ruines de Kenitra), toujours dans la famille. Plus tard, il venu nous présenter sa jeune épouse.

Cet article est l’occasion de rappeler aux amis que mon blog remplace temporairement le site de Coup de soleil Toulouse… et que contribuer à la création du nouveau site de Coup de soleil est une urgence…

https://www.helloasso.com/associations/coup-de-soleil/collectes/un-nouveau-site-web-pour-coup-de-soleil

 

 

 

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Arezki Metref, Une journée au soleil, Mai 2019 à Toulouse

Une journée au soleil (documentaire), Arezki Metrefet Marie-Joëlle Rupp, SaNoSi Productions, BIP TV (Berry Issoudun Première Télévision), deux versions (56 et 78 minutes)

Nos amis du Gers avaient déjà vu le film que nous donne ce centre culturel qu’est la Pizzeria Belfort à Toulouse, le 10 mai 2019, en présence de Metref.

Tourné dans un café parisien, le documentaire retrace l’histoire de l’immigration algérienne en France, à travers les témoignages d’enfants d’immigrés nés ou arrivés en France dans les années 1930, d’immigrés ayant vécu et participé à la guerre de libération et de ceux qui ont quitté le pays dans les années 1990, sous la menace terroriste, selon son réalisateur et co-scénariste.

L’histoire de l’immigration est également analysée sur plus d’un siècle, grâce à l’apport des historiens Benjamin Stora, Mohamed Harbi et Omar Carlier qui recadrent sur la durée ce que fut la sociabilité des cafés de Barbès..

Le film aborde le « café » comme un « substitue au village » algérien, un « haut lieu de rassemblement » de militants nationalistes, de syndicalistes et de politiques, ou encore comme un espace et point de chute pour intellectuels et artistes, explique le réalisateur.

Le réalisateur dit s’être pencher sur les conditions des immigrés à différentes époques, sur la solidarité communautaire et l’organisation du mouvement national ainsi que sur le rayonnement des artistes algériens dans ce lieu de rencontre « hautement social », qu’est le café.

Peu de films disent aussi nettement ce que fut la politisation nationaliste des algériens immigrés en France. Ils ont puisé dans le syndicalisme français leurs solidarités. Ils ont assuré l’essentiel du financement des mouvements nationalistes. Restés durablement fidèles à Messali Hadj, leader historique de l’Etoile Nord-africaine, ils militent au sein du MNA qui s’affronte de manière sanglante  au FLN, au départ branche dissidente qui peu à peu quadrille les bastions ouvriers des immigrés. Ceux-ci ne peuvent que s’engager, quand ils ne sont pas contraints pour survivre de faire allégeance à la fois au MNA et au FLN… tout en donnant des gages aux autorités françaises.

« Une journée au Soleil » a été coécrit avec la journaliste française Marie-Joëlle Rupp, fille du militant anticolonialiste Serge Michel et auteure, entre-autres, de « Henri Alleg, Serge Michel, regards croisés sur la presse de combat ».

Journaliste, écrivain et documentariste, Arezki Metref avait réalisé le documentaire « At Yani, paroles d’argent » en 2013 et le reportage « Le plateau de la pluie ».

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Sfax- Grenoble: « Prises aux mots », coopération internationale


Prises aux mots
, Grenoble et Sfax, Les éditions de l’atelier de tissage urbain, Grenoble 2019, 60 pages, Jean-Michel Roux, Afaf Abdin, Naceur Baklouti.

Sfax est la seconde ville de Tunisie, à peu près de même taille que Grenoble (600 000 habitants pour chacune des deux agglomérations). Un collectif d’urbanistes- poètes a composé une double promenade pour des groupes de jeunes dans ces deux villes, avec tous les jeux de mots que ces jeunes peuvent échanger dans la visite croisée de ces espaces qu’ils découvrent chez les nouveaux amis. Les images qui sont au coeur du livre ont un dessin minutieux, ornées de couleurs discrètes. Sur une soixantaine de pages, le livre est bilingue, avec un double glossaire de l’urbanisme soigné et précis. Un projet de coopération réussi, qui a produit un livre d’art et un petit chef d’œuvre d’humour.

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 Confinement et déconfinement : Coup de soleil autrement

C’est sans doute vers le 17 mars que j’ai commencé à noter, jour après jour, ce qui se passait tout près de moi, ce que m’apprenaient la radio, la télé, mes journaux, les infos transmises sur internet, les travaux des chroniqueurs, humoristes. Au bout de huit semaines de confinement, j’ai classé cela : Une des rubriques est« la vie de Coup de soleil »(puisque j’ai par privilège tout mon temps pour m’occuper de cela et pas mal d’informations). J’ai ensuite interrompu ce « journal », mais je peux reconstituer en supplément tout un trimestre (juin-aout) de « déconfinement » dans notre vie associative. Pour justifier cet article, une citation d’un élève français, qui participe au projet Ruptures : « Comment mieux rendre hommage à nos compatriotes, victimes de cette crise, autrement qu’en faisant de cette période un événement historique ?  » 

 

6 mars Paris, Librairie Arbre à lettre : présentation du livre de Lalaoui, Baskets et costume : Plusieurs personnes dans le public préfèrent rester debout au lieu de s’asseoir contre quelqu’un : le « danger » est palpable.

11 mars, Paris, séance à l’IMA : film Fragments de rêves, le public est là, sans s’écarter les uns des autres, mais quand même on regarde qui est à proximité.

12 mars, au cinéma Visages de la victoire : le public squelettique et dispersé dans la salle rassure (8 personnes dans cette salle proche de l’Hôtel de ville).

13 mars… le site web de Coup de soleil tombe en panne : on comprend progressivement les dégâts, la perte d’informations (articles) sur le site « Toulouse » et l’impossibilité d’alimenter normalement les différents sites. L’assemblée générale de Coup de soleil du 28 mars est convoquée « sous condition » ; la réunion mensuelle CdS Toulouse a lieu chez Anne-Lise et non chez Zoubir, restreinte.

15 mars Les amis d’Averroès annoncent l’annulation de leur « printemps » toulousain.

20 mars Aux interrogations de Martine Delattre dans le Coup de soleil toulousain : réponses « publiques » de Marc, Dominique, Habib, Micheline, Georges, Danielle, Anne-Lise, en une vaste révision de nos buts communs.

22 mars Au Maghreb la Tunisie est le premier pays à déclarer le confinement, aveu démocratique de ce que son système de santé est fragile. Cette fragilité est vécue aussi  en Algérie où le petit commerce au quotidien est incontrôlable, par exemple les « mzabites » chez qui on achète sa nourriture. Depuis ce jour mon blog « accueille » les informations sur la section Toulouse de Coup de soleil, puis celles sur les activités nationales, en particulier les documents audio du MODEL 2020 que Tarek met en ligne.

27 mars La caricature de Hicham Baba Ahmed a une valeur universelle, elle nous est transmise par Isabelle Lebrun, elle-même malade (elle entre en convalescence le 31 mars). 87% des scolaires du monde sont hors établissement et 3MM de confinés sur 7,5 MM d’humains.

28 mars Des propos complotistes circulent, y compris parmi nous. Bill Gate est ainsi fustigé, alors qu’il a été « un agent important » de l’éradication du paludisme… parce qu’il a publié voici quelques mois un article sur ce que serait une pandémie mondiale, « preuve » qu’il est suspect.

30 mars Un de nos amis parisiens préconise pour Coup de soleil une mise en réseau et il pense que toucher les jeunes, c’est chanter et manger maghrébin plus que lire. On commence à savoir (comptage des urnes funéraires enfin rendues aux familles) que les chiffres de morts de Chine sont minorés.

1 avril Manifestation de rues à Tunis contre confinement : on doit sortir pour donner du pain à la famille chaque jour.

6 avril : Je mets en ligne la conférence du GREP « en confinement ». La première Lettre hebdomadaire « nationale » du confinement de Coup de soleil est publiée.

10 avril : La matinale de France Inter est un rite que je suis ponctuellement : pour l’agriculture, les travailleurs saisonniers marocains et tunisiens entreront-ils en France ? Pour les violences conjugales du confinement, c’est l’association tunisienne qui se fait entendre la première. Pour la lettre du confinement de Coup de Soleil, Tahar Benjelloun est le 3emaghrébin du palmarès. EtLe Pointdonne deux écrivains du confinement : Kamel Daoud, qui décrit Oran en retour à La Peste, et Mario Vargas Llosa.

15 avril Je mets en ligne la synthèse des matériaux récoltés après la 3elettre du confinement toulousaine.

16 avril : « continuité du service public » nous dit France Inter : Coup de soleil est un service public civico-culturel, à nous d’en assurer la continuité, gratuite bien entendu : que représentons-nous dans le PIB de la France ? dans les PIB des 3 pays du Maghreb ? Rien, mais cela n’empêche pas que nous soyons utiles ? Que notre future AG nationale réunisse 15 ou 30 personnes a peu d’importance : c’es les 50 ou 70 procurations qui compteront. Que la prochaine ( ?) réunion mensuelle de Toulouse soit à 7 ou à 17 personne itou : notre vrai travail au quotidien est du télétravail, nous savons le faire depuis des années.

20 avril : 3elettre hebdomadaire nationale [la 4esuivra normalement, puis les suivantes : un succès !]

24 avril : la réunion « à la Pizzeria Belfort » prévue n’a pas été décommandée, il allait de soi qu’elle n’ait pas lieu…

27 avril : Marc utilise son blog pour diffuser les infos de Coup de soleil.

29 avril : Deux données pour le déconfinement : la lettre hebdomadaire nationale peut accepter des infos « locales », mais les procédures restent à clarifier. Où la réunion toulousaine de mai aura-t-elle lieu ? incertitude. En contraste, Lyon diffuse fidèlement sa lettre mensuelle, améliorée, confortée, élargie.

31 avril : Le protocole des infos locales dans la lettre hebdomadaire proposé par Georges Morin est sans doute accepté par les sections, si bien que la lettre toulousaine pourra disparaître…

1ermai : La video réunion toulousaine du 15 mai a pu se tenir : nous apprenons collectivement des techniques que certains utilisent depuis longtemps. Marc et Maryse font des duos littéraires sur le blog de Marc, sur des thèmes très locaux, avant de déboucher sur le Yatagang ou sur la Zone.

3 mai : Mort du chanteur Idir, oncle de Soraya. Pour beaucoup, nationalement, le choc est très fort.

4 mai : La nouvelle formule de la lettre nationale contient la page locale lyonnaise qui est très bonne.

5 mai : un rendez-vous « vidéo » pour le 7 mai est établi entre quelques soleilleux parisiens et toulousains. Marc et Maryse continuent leur sport de textes courts sous contrainte quotidiens (thème du 6 mai : « le 11 mai »… c’est à dire le déconfinement).

7 mai : saurons-nous faire une Lettre du déconfinement, avec les projets immédiats ? Même désir de renouvellement du côté de quelques amis parisiens.

9 mai : préparation par Marc de la vidéo conférence toulousaine du 15 mai

15 mai : la vidéo a été un succès, avec 10 connectés, 5 « échecs » de connexion malgré une volonté positive, sur quelque 22 personnes pressenties : nous apprenons doucement.

27 mai G Morin lance une consultation, (réponse jusqu’au 29) : organiser en vidéo conférence une AG ou un CA ? Majorité pour CA, ce qui permettra un ordre du jour de discussions concrètes, donc un succès pour l’AG, elle aussi en vidéo. Les deux manifestations ont fonctionné !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Alice Zeniter: quel Empire, quelle politique?

Alice Zeniter, Comme un empire dans un empire, récit, Flammarion 2020.

Nos auteurs « maghrébins » sont de plus en plus nombreux à se servir de leur sensibilité pluri-culturelle pour traiter des sujets de la société mondiale qui est la nôtre: c’était récemment le cas pour 404, au coeur du monde de l’informatique.  http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2272 Alice Zeniter, elle, fait converger ce monde informatique (les hackers) avec celui de la politique « classique » et celui des marginaux néo-ruraux. Un grand roman  qui concerne Coup de soleil, même si seul le prénom présumé de l’héroïne (« L »), Leilah, est « maghrébin », comme ses attaches familiales, à peine évoquées.

Quelques formules, sans raconter ce roman, permettent de comprendre le regard aigu que l’auteure porte sur les mondes qu’elle décrit: « les inconnus [que l’attaché parlementaire invite au nom de son député]… s’inclinaient devant son titre et acceptaient de venir déjeuner, comme s’il avait été leur supérieur hiérarchique au lieu d’être le dépositaire d’un mandat populaire ». L’héroïne (L) et Fatou « s’étaient racontées leurs vies, qui étaient des vies de jeunes femmes pauvres, l’une noire et l’autre arabe, commencées dans des banlieues perdues loin sur des lignes de RER ». Sur la culture de l’héroïne (L), « elle l’avait forgée grâce à des posts et des PDF. Elle avait lu énormément mais toujours au-dedans [c’est-à-dire dans l’infra-monde des hackers] et un des problèmes de cette manière de faire, c’est qu’elle était incapable de se souvenir de l’auteur des lignes qu’elle avait lues. Tout se confondait comme si ce n’avait été qu’un seul grand texte, au final, qui s’autogénérait et se ramifiait en permanence ». Chez les marginaux néo-ruraux, on organise une fête: « les jours qui précèdent la fête deviennent en réalité le début de la fête […] L’amusement, le plaisir qui viennent dans ces moments-là ne sont pas abîmés par l’angoisse de ne pas s’amuser assez […] ils adviennent et c’est tout ».

https://www.youtube.com/watch?v=aNxrfxbsRqA

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Algérie, de « La 5 » à la poésie

Laura Mouzaïa nous signale un video de youtube sur l’Algérie actuelle, qui rebondit sur les émissions de mai 2020… à regarder, ça dire 5 minutes! https://www.youtube.com/watch?v=C_zCuHJwc6w

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Notre mémoire CdS Toulouse 2020

5 janvier Présentation à la bibliothèque Serveyrole des 5 livres en compétition pour le Coup de coeur de Coup de soleil 2020

17 janvier Assemblée générale Coup de soleil Midi Pyrénées à l’Espace diversité

28 février réunion mensuelle chez Zoubir

Au printemps, un bilan rétrospectif: http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2306

Mai Nouvelles de Toulouse: les » quartiers » http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2150

19 juin réunion mensuelle chez Habib

mde

Vue générale http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2251

Laura Mouzaia nous présente son premier récit http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2418

Juillet Lancement de la nouvelle sélection du Coup de coeur de Coup de soleil 2021 http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2279

Aout Réouverture des cinémas à Toulouse, American Cosmograph http://alger-mexico-tunis.fr/?p=2424

6 septembre réunion vide grenier Avenue Jean Rieux, à Toulouse: nous sommes une bonne quinzaine à tenir notre stand commun sur une longue journée, à informer sur Coup de Soleil, à gagner de l’argent pour notre association, à échanger nos expériences et bilans en cette fin d’été

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