200 mètres… ou la vie quotidienne dans un non-Etat

200 mètres…

Dans ces collines, c’est la distance, coupée par un mur dans le vallon, entre les deux domiciles d’un couple palestinien dont la femme est de nationalité israélienne.

Le film nous raconte la vie quotidienne dans un double non-Etat. La ligne de démarcation interne à la France était linéaire, stable, et n’a duré que de l’automne 1940 à l’automne 1942. Elle a cependant été contournée, franchie, par tous ceux pour qui cela était nécessaire à leur survie. Les lignes et murs qui « unissent » Israël à ses voisins (principalement « Palestiniens », mais aussi quatre voisins « extérieurs »), sont perméables, changeantes au gré des investissements israéliens en terres à coloniser, en barbelés, en béton pour les murs et les routes. C’est maintenant la quatrième génération qui vit ce monde de lignes.

Pour un Palestinien, c’est au quotidien qu’il faut franchir les lignes pour sa vie familiale, sa survie dans le travail. Chaque passage donne la peur au ventre, même quand on est « en règle ». Prétendre que « Musulmans » et « Juifs » sont sur cette terre (qui fut la « Palestine ») deux peuples séparés est hors de propos : inextricablement, les uns et les autres sont condamnés à une vie commune. Le film en montre la modernité, la drôlerie en même temps que la colère de tous, la rouerie des passeurs maffieux, la bêtise (mais parfois même la gentillesse) des petits chefs si contents de leur petit s pouvoirs.

Pas un film bon enfant, mais c’est souvent chaleureux et drôle plus que dramatique : des tensions douloureuses qui frisent l’insupportable, et finalement quelques fractures soignées dans un hôpital qui semble compétent…

Film réalisé par Ameen Nayfeh avec Ali Suliman, Anna Unterberger.

 

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